S’offrir de l’art sans bouger de chez soi : c’est la promesse des marketplaces en ligne, qui attirent désormais des collectionneurs de toutes les générations confondues, comme le soulève le dernier rapport du marché de l’art publié par la foire Art Basel et la banque UBS. Signe de cet engouement, les ventes numérisées représentaient 23 % des transactions opérées par les galeristes en 2023 – soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente !
Les canaux privilégiés diffèrent toutefois en fonction des profils des collectionneurs, qui sont confrontés à un choix aussi vaste que varié : enchères dématérialisées, marketplaces dédiées au premier et au second marché, applications fournissant des services d’art advisor… Petite sélection (non exhaustive) des différents modèles existants.
YourArt, une plateforme visant à démocratiser le secteur et encourager les artistes indépendants
© YourArt
La création de YourArt, en 2023, par l’homme d’affaire, ancien président de Publicis, Maurice Lévy, a eu l’effet d’un mini-séisme dans le marché de l’art. Et pour cause : le site revendique une approche « disruptive » visant à démocratiser le secteur. Son mode opératoire ? Permettre aux artistes indépendants de s’inscrire directement sur la plateforme, en contrepartie d’un coût d’inscription volontairement faible. Grâce à l’intelligence artificielle, le site déploie une large gamme de services complémentaires visant à simplifier l’expérience des acquéreurs : création d’un musée imaginaire, projection des œuvres dans l’environnement domestique, assistance par un conseiller d’art virtuel… En constante expansion depuis son lancement, la société a récemment fait l’acquisition de la plateforme de ventes en ligne ArtMajeur afin d’accroître son influence et son offre, désormais estimée à pas moins de 3,6 millions d’œuvres.
En faisant le pari de l’ouverture, la plateforme fédère un large choix d’œuvres et des gammes de prix très variées (à partir de 15 euros !), rivalisant ainsi avec la marketplace américaine Saatchi, également accessible aux artistes indépendants (94 000 y sont inscrits).
La surabondance d’œuvres et leur qualité, très variable, a de quoi donner le tournis. N’hésitez pas à faire appel à l’assistant IA Iris, qui saura vous aiguiller vers une pièce en prenant en compte votre budget, vos goûts et le contexte de l’achat.
Yourart
Plus d’informations sur yourart.fr
La marketplace Artsper rassemble 200 000 œuvres d’artistes présentés par des galeries
© Artsper / © Mr. Brainwash
De la sculpture à la peinture, en passant par la photographie et les œuvres numériques, la plateforme française mobilise un catalogue de 200 000 œuvres adapté à tous les goûts. Afin de garantir la qualité globale des pièces, les galeries et les artistes indépendants sont choisis à l’issue d’un rigoureux processus de sélection. Exigeante, la sélection d’Artsper n’en demeure pas moins adaptée à une diversité de portefeuilles : les pièces débutent aux alentours de 100 euros et peuvent atteindre les centaines de milliers d’euros. Afin de dénicher des pépites à des tarifs abordables, tournez-vous vers la section « petits prix », spécialement créée à cet effet. Autre atout du site : sa dimension éditoriale, renforcée grâce à l’acquisition, en février 2025, de la plateforme Widewalls, dont les quelque 50 000 articles ont été intégrés.
La versatilité du site, adapté à la fois aux collectionneurs débutants et à ceux plus avisés, son interface intuitive – la plateforme a mis en place depuis peu une fonctionnalité de recherche par l’image – et son offre très curatée.
Si vous recherchez uniquement des artistes représentés par des galeries, tournez-vous plutôt vers le géant américain Artsy, dont l’activité se déploie sur le premier et le second marché.
Artsper
Plus d’informations sur artsper.com
La marketplace Catawiki offre un très large choix d’objets d’art soumis à une fine expertise
© Catawiki / Œuvre © Dario Moschetta
Peintures, bijoux, mobilier, instruments… Catawiki en a pour tous les goûts ! Les chineurs seront séduits par cette plateforme de ventes aux enchères dont la très large gamme d’objets d’art et de collection a été soumise à une fine expertise afin d’en garantir l’authenticité. Proposées de manière hebdomadaire, les ventes peuvent aussi bien mobiliser de l’art ancien comme des pièces contemporaines – parfois cédées directement par les artistes – grâce aux contributions régulières de particuliers et de professionnels issus du monde entier. Pas moins de 75 000 objets y sont mis en vente chaque semaine : l’embarras du choix !
La riche sélection d’objets proposés à des prix variés, mariée à l’exigence du service après-vente : les acquéreurs sont appelés à noter les vendeurs et le montant de la transaction est prélevé uniquement trois jours après la réception de l’œuvre, afin de permettre aux destinataires d’en contrôler la qualité.
De plus en plus pratiquée dans le secteur des enchères, l’expertise sur photo est perçue par certains d’un mauvais œil. Si vous vous trouvez dans ce cas de figure, tournez-vous plutôt vers des maisons telles que Drouot, dont les ventes, déclinées en ligne, mobilisent le plus souvent des objets ayant été soumis à une évaluation en personne.
Catawiki
Plus d’informations sur catawiki.com
L’application Atfu place tous les artistes sur un pied d’égalité
© ATFU / œuvres © Amélie Testenoire Lafayette / © Clémentine Chambon
Soutenir les artistes émergents sans se ruiner ? C’est ce que propose Atfu, application de troc lancée en 2022 et destinée principalement aux artistes. L’idée est simple : chaque plasticien met en ligne ses propres créations dans l’objectif de les échanger avec celles de ses pairs. La seule condition pour conclure un troc ? Obtenir un match (façon Tinder) entre les deux partis. Afin d’éviter tout biais, les œuvres sont montrées de manière anonyme. L’application, dépourvue d’algorithme, ne fournit pas de recommandation en fonction des goûts ou des likes de l’utilisateur, afin de placer tous les artistes sur un pied d’égalité et de leur laisser la même opportunité de se faire découvrir.
En s’extrayant des modèles de concurrence habituellement prônés par le circuit artistique, la plateforme se recentre sur ses véritables protagonistes : les artistes. Une manière de renverser les dynamiques de pouvoir et de s’affranchir des diktats du marché de l’art.
Les conditions sont moins avantageuses pour les non-artistes, qui doivent s’acquitter de la modique somme de cinq euros de frais de service afin de conclure des trocs. Une fois inscrits, ceux-ci peuvent effectuer des offres auprès des artistes (service, objet…) ou formuler des propositions d’achat auprès des plasticiens. Si vous êtes à la recherche d’autres initiatives proposant des modèles alternatifs à l’achat d’œuvres, n’hésitez pas à explorer les services de location d’œuvres tels que The Art Cycle.
Atfu
Plus d’informations sur atfu.io
La plateforme Docent encourage les collectionneurs à sortir de leur zone de confort
© Docent
« Découvrir l’art au-delà de sa zone de confort » : telle est la devise de la plateforme Docent, fondée par l’ancienne galeriste et collectionneuse Hélène Nguyen-Ban. Cette dernière a voulu s’emparer de l’IA afin d’encourager les collectionneurs néophytes et confirmés à partir à la conquête de nouveaux horizons artistiques. Comment ? En constituant un algorithme spécifiquement créé à cette fin, à partir de données humaines : des historiens de l’art ont pour cela étiqueté une dizaine de milliers d’œuvres d’après 40 critères. Plutôt que de renforcer les biais déjà existants, Docent suggère à ses utilisateurs six œuvres : deux à 100 % dans son périmètre de goût, deux autres à 50 %, et deux dernières choisies au hasard. L’application présente aussi des sélections thématiques d’œuvres, liées aux actualités artistiques ou à d’autres temps forts du calendrier. L’occasion de bousculer ses habitudes !
Le système de recommandations particulièrement sophistiqué de l’application se rapproche davantage des conseils prodigués par des art advisors, permettant ainsi de démocratiser ce service habituellement réservé à une clientèle plus fortunée.
Contrairement à l’application Limna, pensée comme un « art advisor numérique » et dont le positionnement est distinct à plus d’un titre, la plateforme n’offre pas l’estimation instantanée du prix d’une œuvre à partir d’une photo ni des indicateurs relatifs à la « rentabilité » des artistes sur le marché.
Docent
Plus d’informations sur docent.com
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique