James Colomina, La Petite Fille au tournesol, 2024
Installation à Kyiv • © James Colomina
Une sculpture rouge sang a éclos à Kyiv le 24 août dernier, jour de la fête nationale en Ukraine. Accroupie, une fillette cueille un tournesol. Aucun doute : le street artiste James Colomina est passé par là… « Elle symbolise le renouveau et l’espoir pour l’Ukraine », explique le Toulousain, connu pour ses œuvres écarlates réalisées à partir de moulages corporels. Rappelez-vous : c’est aussi lui qui, en juillet dernier, avait mis en vente des bouteilles d’« eau de Seine » à Paris pour dénoncer le coût de la dépollution du fleuve en vue des Jeux olympiques.
Exactement 30 mois après l’invasion russe sur son sol, l’Ukraine célébrait ce jour-là l’anniversaire de son indépendance dans un contexte particulièrement tendu. Promettant des « représailles » à la Russie, le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky a ainsi martelé qu’« un vieil homme malade de la place Rouge, qui menace constamment tout le monde avec le bouton rouge, ne nous dictera aucune de ses lignes rouges ».
Pour le street artiste, La Petite Fille au tournesol devient aussi la figure de proue de sa série de sculptures autour du thème de l’enfance.
Pourtant avec James Colomina, le rouge est synonyme de résistance et d’espérance. Un an après le début de la guerre en Ukraine, celui-ci avait déjà représenté Vladimir Poutine sur un char d’assaut en jouet, à Bruxelles puis à Rome. En installant La Petite Fille au tournesol dans les rues de la capitale ukrainienne, l’artiste réaffirme son engagement et son soutien au peuple ukrainien.
James Colomina, À gauche, « l’Attrape-cœur » et à droite « La Petite Fille à la balançoire », 2024
Installations à Kyiv • © James Colomina
Rien n’a été laissé au hasard : elle a été placée sur un socle vide où trônait jusqu’en décembre dernier la statue d’un commandant de l’Armée rouge, retirée sur ordre des autorités locales. Associée au tournesol, symbole de l’Ukraine, la petite fille incarne la lutte contre l’envahisseur russe. Pour le street artiste, elle devient aussi la figure de proue de sa série de sculptures autour du thème de l’enfance, disséminées dans toute la ville durant la nuit et sans autorisation.
Un cœur dans la main et un ours en peluche à ses côtés, L’Attrape-Cœur est apparu sur la façade du métro Universytet. L’artiste indique que « cette sculpture évoque la liberté du jeu et le droit des enfants à vivre leur enfance en toute insouciance. » Sur la place de l’Indépendance, une petite fille, casque de combat vissé sur le crâne, a été placée sur une balançoire « sous un pont où flottent les drapeaux du monde entier » pour « rappeler (…) que la solidarité internationale est essentielle pour protéger l’innocence », selon le street artiste.
James Colomina, La Colombe, 2024
Installation à Kyiv • © James Colomina
Ailleurs sur cette même place, Le Messager et La Colombe accompagnent La Petite Fille à la balançoire. Une manière de rendre hommage au peuple ukrainien « tout en portant un message d’espoir pour un avenir sans guerre », détaille James Colomina. Enfin la sculpture intitulée La Marelle a été érigée dans le parc Taras-Shevchenko. « J’ai voulu montrer que même au milieu du conflit, il est possible de rêver de paix et d’un futur où la violence ne menace plus l’innocence de l’enfance », commente l’artiste. Une initiative qui rappelle l’immense fresque de JR déployée à Lviv en mars 2022 et dévoilant le portrait de la petite Valeriia, cinq ans.
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