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La justice tranche : le tableau controversé de Miriam Cahn restera accroché au Palais de Tokyo

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Vue de l’exposition de Miriam Cahn « Ma pensée sérielle » au Palais de Tokyo
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Vue de l’exposition de Miriam Cahn « Ma pensée sérielle » au Palais de Tokyo

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© Sandrine Marty / Hans Lucas via AFP

La justice française vient de mettre fin à la controverse entourant le tableau Fuck Abstraction ! de Miriam Cahn, présenté depuis le 17 février (et jusqu’au 14 mai) au Palais de Tokyo à Paris, dans le cadre de l’exposition « Ma pensée sérielle » consacrée à cette artiste suisse, déjà visitée par près de 45 000 personnes. Cette peinture très crue, qui dénonce les atrocités (dont de nombreux viols) commis en Ukraine par les soldats de Vladimir Poutine dans le cadre de l’invasion russe, avait été au cœur d’une polémique lancée sur les réseaux sociaux.

Un mouvement amplifié par une députée Rassemblement national

Le présentateur télé Karl Zéro, le premier, avait exigé sur Twitter le décrochage du tableau. Puis, une pétition sur CitizenGO, qui a recueilli à ce jour 13 846 signatures, dénonçait une « banalisation de la pédophilie », par la représentation « d’un enfant à genoux, les mains ligotées derrière le dos, forcé de faire une fellation à un adulte ». Ce à quoi l’artiste et le Palais de Tokyo avaient répondu qu’il ne s’agissait pas d’un enfant mais d’un adulte rendu très petit et frêle, afin d’exprimer la fragilité des victimes de viol en temps de guerre. Sourd à ces explications, le mouvement avait été rejoint et amplifié par Caroline Parmentier, députée Rassemblement national.

Portrait de Miriam Cahn
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Portrait de Miriam Cahn

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© François Doury

Le 23 mars, l’association Juristes pour l’enfance avait demandé à la justice d’ordonner le retrait du tableau afin « de faire cesser » une « atteinte grave » à « « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Une requête soutenue par cinq associations : l’Enfance en partage, Pornostop, Innocence en danger, Face à l’inceste et Collectif féministe contre le viol.

« Un panneau d’avertissement » à l’entrée, doublé d’un « cartel explicatif »

« Le tableau n’a pas de caractère pédopornographique », a cependant tranché le tribunal administratif de Paris dans une ordonnance du 28 mars, précisant que qualifier ainsi cette œuvre « constituerait une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression et de création ». Et que, pour remédier au fait que ce tableau « ne saurait être compris en dehors de son contexte » de « dénonciation » des crimes de guerre, le Palais de Tokyo a justement « mis en place un dispositif » de médiation, « en exposant cette œuvre dans une salle séparée », avec « panneau d’avertissement » à l’entrée, doublé d’un « cartel explicatif » à l’intérieur et de « médiateurs (…) à disposition pour échanger ».

Ce dernier « se félicite de la décision du tribunal », qui a ainsi reconnu son « action en matière de médiation ».

« Ce tableau a été sorti de son contexte » et « interprété de manière erronée et orientée », lit-on dans un communiqué de presse publié le 28 mars par le Palais de Tokyo. Ce dernier « se félicite de la décision du tribunal », qui a ainsi reconnu son « action en matière de médiation ». L’établissement, connu pour ses expositions d’art contemporain à la fois audacieuses et engagées, dit enfin « regretter l’instrumentalisation de cette œuvre d’art et le mépris [par les plaignants, ndlr] du rôle fondamental que jouent les musées partout dans le monde pour défendre les libertés dans le respect des droits de l’homme ».

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Ma pensée sérielle. Miriam Cahn

Du 17 février 2023 au 14 mai 2023

palaisdetokyo.com

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