Elles nous avaient déjà ensorcelés en 2020 avec un premier EP intitulé Toujours. Quatre ans plus tard, les sœurs Pria, Émilie et Stéphanie, sont de retour avec « White Crystal Mirror », un single annonçant la sortie de leur premier album, Who Will See Me Then, au printemps prochain.
Le duo franco-roumain y délaisse les sonorités cloud rap et R&B de ses débuts pour se tourner vers des orchestrations envoûtantes, dont le lyrisme évoque tour à tour CocoRosie, Agnes Obel ou Beach House. Visuellement, la magie opère toujours, comme en témoigne le clip qui accompagne « White Crystal Mirror », que l’on doit au chef opérateur et réalisateur Axell Katomba.
Ce petit film expérimental en noir et blanc met en scène les deux sœurs lancées dans une quête d’identité symbolisée par un miroir – une psyché – brisé. En bordure d’une rivière ou dans une maison abandonnée, elles errent, l’air hagard, pareilles à des fantômes emprisonnés dans leurs propres rêves. « Le miroir devient un symbole de clarté ainsi que de déformation et explore la tension entre l’image et le ressenti, et interroge la possibilité de voir, d’être vu et même compris », expliquent les musiciennes sur leur compte Instagram.
À l’écran s’entremêlent un imaginaire déroutant et onirique à la Lewis Carroll et la mélancolie des icônes préraphaélites. Le visage diaphane des musiciennes, qui se reflète et se démultiplie à l’infini à la surface du miroir (on pense alors aux autoportraits surréalistes de la photographe Grete Stern) ont la mystérieuse évanescence des portraits victoriens de Julia Margaret Cameron. C’est sûr, les sœurs de Pria n’ont pas fini de nous troubler.
White Crystal Mirror
Pria
Clip réalisé par Axell Katomba
2024, Wedge
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