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Franz Xaver Messerschmidt, L’Homme qui bâille, vers 1770
Étain • 41 cm • Coll. Szepmüveszeti Muzeum, Budapest • © akg-images
Duane Hanson, Flea market lady, 1990
La plus sociale
Impossible de ne pas mentionner ici Duane Hanson, grande figure de l’hyperréalisme ! Son sujet de prédilection : la société américaine sans artifice, celle des ranches et des banlieues populaires, dont la vie est loin des clichés de l’american dream. Pour arriver à un tel degré de réalisme, l’artiste réalise d’abord des plâtres moulés sur des modèles vivants puis travaille avec de la résine et de la fibre de verre, qui lui permettent par exemple de reproduire fidèlement les moindres aspérités de l’épiderme.
Bronze peint, accessoires et tissus • dimensions variables • Coll. Hanson • © akg-images
Maurizio Cattelan, Him, 2001
La plus controversée
Figure incontournable de la scène contemporaine, Maurizio Cattelan est habitué aux coups d’éclat (et de maître). Cette sculpture en cire, résine de polyester et cheveux humains, représentant un homme brun agenouillé, n’a a priori rien de remarquable. Il faut l’observer de face pour être saisi par l’effroi : l’homme n’est autre qu’Adolf Hitler, installé comme s’il priait ! Controversée, l’œuvre a fait couler beaucoup d’encre et a choqué, notamment lorsqu’elle fut installée, en 2013, dans l’ancien ghetto de Varsovie, où furent enfermés pendant la Seconde Guerre mondiale 500 000 juifs dans de terribles conditions.
techniques mixtes • 101 x 43,1 x 63,5 cm • Coll. part. • © ADAGP, Paris / © Photo Christie's Images / Bridgeman Images
Ron Mueck, A Girl, 2006
La plus monumentale
Star de l’hyperréalisme, Ron Mueck travaille les jeux d’échelles afin de surprendre le spectateur et de le questionner sur sa perception du monde qui l’entoure… Jusqu’à faire naître chez lui un curieux sentiment d’inquiétante étrangeté. Comme c’est le cas face à ce (tout) nouveau-né de 5 mètres ! Imperfections de l’épiderme, cheveux et même traces de sang… Aucun détail n’est laissé au hasard. Les sculptures de Mueck lui demandent, ainsi qu’à ses nombreux assistants, plusieurs mois de travail. C’est pourquoi l’artiste n’a produit seulement qu’une quarantaine d’œuvres !
techniques mixtes • 110,5 x 501 x 134,5 cm • © TEMPORA
Sun Yuan et Peng Yu, Old people’s Home, 2007
La plus grinçante
C’est un curieux ballet de chaises roulantes orchestré par Sun Yuan et Peng Yu, duo d’artistes chinois qui, à l’aide d’une bonne dose de provoc’ (ils n’hésitent pas à employer dans leurs œuvres de la graisse humaine, des animaux morts…) font voler en éclat les tabous comme la vieillesse, la mort ou encore la religion. Parmi les 13 vieillards qui participent à cette réunion du 3e âge, on compte des évêques, des dignitaires de l’armée, des dictateurs… Tous paraissent endormis – voire complètement shootés – tandis que les fauteuils avancent seuls… Une satire des grands sommets politiques internationaux.
techniques mixtes • dimensions variables • Courtesy Galleria Continua, San Gimignano
John De Andrea, Dying Paul, 2010
La plus classique
C’est l’un des pères fondateurs de l’hyperréalisme. John De Andrea réinterprète les nus classiques, multipliant les références à la statuaire antique. Comme ici, où il transpose avec un réalisme parfait le Gladiateur mourant (230–220 av.J.-C.), marbre qui représente un gaulois blessé, résistant à la douleur. À propos de ses sculptures, De Andrea disait « je veux qu’elles respirent. »
Bronze polychrome • 66 x 161,5 x 64 cm • Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris / Photo Clérin-Morin
Sam Jinks, Woman and child, 2010
La plus transgénérationnelle
Une grand-mère tient dans ses bras nus un nouveau-né. Cette scène, d’une grande intensité, est l’œuvre de Sam Jinks, artiste australien. Si les deux personnages nous semblent si « vrais », c’est parce que le sculpteur travaille minutieusement le silicone, la résine, le carbonate de calcium, la fibre de verre et bien sûr des cheveux. En représentant de façon si proche les deux grands âges de la vie, il questionne la fragilité de l’existence.
techniques mixtes • © TEMPORA
Carole Feuerman, Survival of Serena, 2017
La plus rafraîchissante
On pourrait presque entendre le clapotis de l’eau ! Sauf que cette nageuse de Carole Feuerman se prélasse… sur un socle. Pionnière de l’hyperréalisme dans les années 1970 aux côtés de Hanson et de De Andrea, Carole Feuerman sculpte quant à elle le bronze, qui est ensuite minutieusement peint. L’Américaine se défend de représenter la réalité, ses sculptures sont des fictions, des rêves comme surgis des eaux tranquilles de la Méditerranée.
Bronze peint • © Terence Waeland / Alamy / Hemis
Valter Adam Casotto, In The Box extended, 2018
La plus macro
Un bout de menton, une paume de main, un téton… Et à la surface même de l’épiderme, comme des tatouages : des fusées, des ballons, de jolies maisons… Bref, des dessins d’enfants ! Lorsqu’il n’est pas maquilleur professionnel sur les tournages de blockbusters, Valter Casotto crée des œuvres hyperréalistes où il questionne les conséquences du passage du temps sur l’identité des individus. Avec cette série intitulée « In the Box extended », il croise les générations, créant une forme de symbiose entre l’enfance et la vie d’adulte.
techniques mixtes • ©TEMPORA
Peybak, Abrakan 2, 2021
La plus fantasmagorique
Derrière Peybak se cache Peyman Barabadi et Babak Alebrahim Dehkordi, amis et artistes iraniens. À quatre mains, ils inventent un univers fantasmagorique peuplé de curieuses créatures nommées Abrakan (terme qui évoque les nuages, « Abr » signifiant « nuage » en persan). Dans leur exposition à la galerie Georges-Philippe & Natalie Vallois, certaines semblent s’être échappées du cadre de la toile pour venir se lover dans un coin, ou carrément s’échouer en plein passage. Provoquant, en quelque sorte, une rencontre du troisième type plus vraie que nature.
mousse, silicone, cheveux, système mécanique alimenté par un moteur électrique et une batterie rechargeable • 95 x 160 x 35 cm • Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris / Photo Aurélien Mole
Hyperréalisme. Ceci n'est pas un corps
Du 11 février 2022 au 6 juin 2022
La Sucrière • 49-50 Quai Rambaud • 69002 Lyon
www.lasucriere-lyon.com
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La plus caractérielle
La grimace, tout un art ! Et ce n’est pas Franz Xaver Messerschmidt (1736–1783) qui dira le contraire. Promis à une belle carrière de professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, il est contraint de tout abandonner suite à des problèmes de santé probablement mentale. Il entame alors une série de drôles de sculptures au naturalisme stupéfiant, nommée plus tard « Têtes de caractères ». Visages crispés, traits contrariés… Chaque sculpture représente une émotion. Son modèle de prédilection ? Lui-même ! Mais aujourd’hui encore, le cas Messerschmidt interroge… Ces têtes sont-elles l’œuvre d’un fou ou d’un génie incompris ?