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André Kertész, Nageur sous l’eau, 1917 (tirage de Igor Bakht, 1977)
Épreuve gélatino-argentique • 16,90 x 24,70 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat © RMN-Grand Palais - Gestion droit d'auteur
Georges Braque, Le grand bassin en mosaïque de la fondation Maeght, Les Poissons, 1963
La plus nature
Au cœur de la fondation Maeght, dans le patio, Georges Braque (1882–1963) a réalisé en 1963 un bassin en mosaïque sobrement intitulé Les Poissons. Cette ultime œuvre de l’artiste fait écho à l’ambition de Marguerite et Aimé Maeght et de l’architecte Josep Lluís Sert : faire dialoguer art, architecture et nature. Matériau traditionnel, formes élémentaires… Braque a ici fait le choix de la simplicité. Il décèdera à l’été 1963, quelques mois seulement avant l’inauguration de la fondation.
Mosaïque • 460 x 1214 cm • Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence • Photo Olivier Ansellem / Archives Fondation Maeght © Adagp, Paris, 2021
David Hockney, A Bigger Splash, 1967
La plus solaire
C’est sans doute la peinture la plus connue de David Hockney (1937–). Avec sa grande villa contemporaine de plain-pied, son ciel azur, et sa grande piscine, elle capture aussi l’essence de l’hédonisme californien. A Bigger Splash reprend les motifs de sa grande sœur The Splash, peinte l’année précédente : au milieu d’un décor paisible et solaire, de grandes éclaboussures nous laissent deviner qu’une personne vient de sauter du plongeoir.
Acrylique sur toile • 242,5 × 243,9 × 3 cm • Coll. Tate, London • © David Hockney
Piscine de la villa de Dalí à Cadaquès, Espagne
La plus érotique
D’une petite cabane de pêche située au nord de Cadaquès, Salvador Dalí (1904–1989) et sa femme Gala en ont fait un temple surréaliste, aujourd’hui transformé en maison-musée. S’inspirant du travail de l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, l’artiste a installé dans le patio dallé en ardoise une grande piscine en forme… de phallus ! Long de douze mètres, et large de 2, le bassin est tapissé d’oursins par le sculpteur César (1921–1998), à la demande de Dalí. Son idée ? Imaginer une piscine qui impose au baigneur de nager, en lui interdisant de toucher le fond. Pas facile… surtout avec une profondeur d’1 mètre 50 !
© Christophe Rouffio / hemis.fr
Maison Salvador Dalí
Attention : visite à réserver à l’avance
Port Lligat • 17488 Cadaqués
www.salvador-dali.org
Léon Kossoff, Children’s Swimming Pool, Autumn, 1972
La plus expressionniste
Cette toile expressionniste présente un grand bassin couvert où s’agglutinent les nageurs (des enfants, nous dit le titre !). Scène récurrente dans la peinture de Léon Kossoff (1926–2019), peintre britannique de l’après-guerre, les piscines bondées sont dans son travail souvent représentées dans des tons maussades. Ici, les nuances de jaunes, vert et bleu se mêlent à quelques coups de pinceau d’un rouge sombre. Difficile ici de distinguer les personnages, réduits à de simples silhouettes.
Huile sur carton • 182,9 x 213,4 cm • © Arts Council Collection / Bridgeman Images
Leandro Erlich, The Swimming Pool, 2004
La plus déconcertante
À première vue, il s’agit d’une piscine tout à fait banale. Mais ne vous laissez pas berner par Leandro Erlich (1973–) ! L’artiste, qui aime à titiller notre perception du réel, a conçu ce trompe-l’œil aquatique en deux parties. À la surface, de l’eau et une vitre transparente créent l’illusion d’un bassin qui surplombe un espace inférieur, dans lequel le visiteur peut entrer. À l’intérieur, celui-ci a alors l’impression d’être à la fois dans une piscine vide, et sous l’eau ! Présentée pour la première fois à la Biennale de Venise en 2001, l’œuvre est aujourd’hui la star du musée de Kanazawa au Japon… et d’Instagram !
Béton, verre et eau • 80 × 402 × 697 cm • Coll. 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa • Photo Keizo Kioku / Courtesy 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa
Elmgreen & Dragset, Van Gogh’s Ear, installation au Rockeffeler Center, New York, 2016
La plus verticale
Intitulée L’Oreille de Van Gogh, cette piscine renversée est l’œuvre du duo scandinave Elmgreen & Dragset (1961– et 1969–). Montré pour la première fois devant le Rockefeller Center à New York en 2016, cet imposant bassin vertical s’inscrit dans la tradition du ready-made duchampien. Symbole d’une certaine réussite sociale et du rêve américain, la piscine n’est ici plus fonctionnelle. Décontextualisée et placée comme un trophée devant l’empire d’un célèbre homme d’affaires américain, annoncerait-elle le naufrage de l’american dream ?
© Elmgreen & Dragset
Stephan Zirwes, Pools, 2018
La plus aérienne
Spécialisé dans les photographies de vues aériennes, Stephan Zirwes (1967–) s’est lancé en 2016 dans une série consacrée aux piscines municipales. Son idée : changer de perspective pour souligner le graphisme des bassins urbains, tout en s’engageant en faveur de l’accessibilité de l’eau. Prise par hélicoptère ou par drone, les images sont ludiques et minimalistes. Ici, c’est une piscine pour enfants qu’il réinvente : au milieu d’un fond carrelé vert dont les joints dessinent un subtil motif quadrillé, on distingue deux bassins, l’un rond et l’autre rappelant la forme d’une vague.
© Stephan Zirwes
Joana Vasconcelos, Gateway, 2019
La plus colorée
Constituée de 11 366 carreaux peints à la main et émaillés, suivant les processus traditionnels d’une usine séculaire au Portugal, cette piscine est l’œuvre de Joana Vasconcelos (1971–). Réalisé en collaboration avec le parc de sculptures écossais Jupiter Artland, situé non loin d’Édimbourg, ce bassin – totalement fonctionnel – a la forme d’un « splash » et semble recouvert de jets de peinture colorée. Une invitation à plonger, la tête la première, dans la joie !
Jupiter Artland, Kirknewton, Edinburgh • © PA Images / Alamy /Hémis.fr © Joana Vasconcelos / Adagp, Paris, 202
Zevs, Evolution Shell Painting (Tuesday), 2021
La plus engagée
Quand, sous le pinceau de ZeVs (1977-), David Hockney rencontre Claude Monet, ça fait des étincelles (et des paillettes) ! Dans cet improbable mélange, l’artiste français (actuellement à l’honneur au MaMo) a misé sur des couleurs acidulées, voire carrément criardes. Au mur de la villa, un coquillage bleu dégoulinant de glitters rappelle le logo de la compagnie pétrolière Shell. Comme une marée noire de paillettes, les coulures scintillantes se déversent dans la piscine transformée en bassin des Nymphéas. Une façon pour Zevs de dénoncer la surexploitation des ressources naturelles qui détruisent la planète.
Acrylique, huile et nacre sur toile • 97 x 152,5 cm • © Zevs 2021, Courtesy Of The Artist, Photo Benoit Pailley
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La plus élégante
Figure de l’avant-garde, le photographe d’origine hongroise André Kertész (1894–1985) est reconnu notamment pour son travail sur la distorsion des corps. Il immortalise ici un nageur dans un élégant noir et blanc, emblématique de son travail. La surface de l’eau, parée de mille et un reflets, semble glisser sur la peau de cet homme, dont on ne sait vraiment s’il nage ou s’il se laisse flotter. Cette image a-t-elle inspiré David Hockney ? Quoi qu’il en soit, impossible ici de ne pas penser à sa célèbre toile de 1972, Portrait of an Artist (Pool with Two Figures).