Épingle de cravate “Souris sur une fourchette”, entre 1870 et 1889
Or, métal partiellement émaillé, perle • Coll. MAD, Paris • © MAD, Paris / Jean-Marie del Moral
« Une cravate bien nouée est le premier pas important dans la vie » disait Oscar Wilde, l’éternel dandy. L’art de bien paraître ? Il suffit de jeter aujourd’hui un œil au buste de Karl Lagerfeld. Comme jadis le banquier Nissim de Camondo (1830–1889), le couturier arbore à sa lavallière un bijou en désuétude : c’est une épingle de cravate ! Car au XIXe siècle, chez les messieurs, le nœud anglais, ou ascot, a la cote. Et pour arranger ces longs tissus qui s’épanouissent entre les revers des gilets, les dandys ont recours à une épingle de cravate. Elle se pique, préconisent les manuels de savoir-vivre, à l’endroit où les pans du nœud se resserrent, ou bien sur le gilet. Les élégants en font un étendard. Les amateurs de courses en pincent pour des chevaux, qui s’élancent au galop sur les tissus. Les rêveurs osent un bestiaire, ils se parent de perles baroques ou d’opales muées en personnages fantastiques par des artisans virtuoses, tel Alphonse Lechevrel.
Épingle de cravate « Dragon », entre 1870 et 1889
Or, diamants « taille rose », rubis, émeraude de Colombie • Coll. MAD, Paris • © MAD, Paris / Jean Tholance
Diamant des mines de Golconde, émeraude de Colombie, rubis… Rien n’était trop précieux pour la chemise de Nissim de Camondo qui a amassé une incroyable collection de 55 épingles. Elles ont été offertes au musée des Arts décoratifs par son fils Moïse, en 1933 (deux ans avant la création du musée Nissim de Camondo en hommage à son fils, lieutenant pilote tombé en 1917). Beaucoup sont des cadeaux de sa maîtresse, la comtesse de Lancey, riche américaine divorcée. Chaque épingle est un concentré d’innovation joaillière. Telles les sardoines, pierres de lune et cornaline, taillées en intailles ou en camées ajourés. Sur une surface miniature, d’à peine 2 centimètres ! Ces bijoux ont principalement été exécutés par la maison Boucheron. D’autres portent le poinçon des ateliers Menu, Champion, Rouvillois ou Petit, plus confidentiels. Quand on est chic, on l’est jusqu’à la pointe.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique