40 ans, 40 trésors des musées de France à voir (au moins) une fois dans sa vie
40 ans, 40 trésors des musées de France à voir (au moins) une fois dans sa vie
À l’occasion de ses 40 ans, Beaux Arts Magazine met en lumière 40 œuvres des plus grands musées de France. 40 pépites de l’histoire de l’art allant de Georges de La Tour à Zanele Muholi, à découvrir sur les cimaises de Caen, Bordeaux, Avignon ou Clermont-Ferrand. Bon voyage !
40 ANS, 40 PÉPITES
Nos coups de cœur dans le Sud-Ouest
Une artiste engagée à Toulouse, une œuvre sanglante de Delacroix à Bordeaux, un autoportrait de Goya à Castres : lumière sur les pépites de la région Sud-Ouest en trois coups de cœur.
Aux Abattoirs de Toulouse : Zanele Muholi ou le portrait universel et militant
Zanele Muholi, Bakhambile Skhosana, Natalspruit, 2010
tirage argentique encadré • 92,5 × 66 cm • Coll. les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie Toulouse • © & Courtesy Zanele Muholi
Né·e en 1972, à Durban (Afrique du Sud), Zanele Muholi vit et travaille entre Le Cap et sa ville natale, et appartient à une jeune génération de photographes sud-africains, ayant évolué dans une société post-apartheid. C’est avant tout dans une démarche engagée que l’artiste inscrit son travail photographique.
Zanele Muholi se définit comme « activiste visuel·le », donnant une visibilité à une population minorée dans ses droits. « Mon travail est une exploration qui vise à créer/tracer les contours/protéger l’histoire visuelle des lesbiennes et queers noirs africains après l’apartheid en Afrique du Sud. J’étudie la façon dont les activistes – socialement, culturellement, politiquement et économiquement marginalisés – peuvent utiliser les images pour créer des espaces de résistance et développer leur regard critique », explique-t-iel. Cette photographie appartient à la série de portraits « Faces and Phases », où s’expriment à la fois une reconnaissance communautaire et un sentiment d’universalité.
Texte : les Abattoirs de Toulouse
Au musée des Beaux-Arts de Bordeaux : Delacroix au cœur de la mêlée
Eugène Delacroix, La Chasse aux lions, 1854–1855
Huile sur toile • 175 × 360 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Bordeaux • © Bridgeman Images
L’œuvre reprend l’un des sujets de prédilection de l’artiste : un combat entre hommes, chevaux et fauves. La monumentale Chasse aux lions d’Eugène Delacroix (1798–1863), avec sa touche nerveuse et sa profusion de couleurs, est un remarquable manifeste du romantisme. Commandé par l’empereur Napoléon III qui avait laissé carte blanche à l’artiste pour le choix du sujet, ce grand format a été présenté à la première Exposition universelle des produits de l’industrie de Paris de 1855.
Quelques mois plus tard, il a été déposé par l’État au musée de Bordeaux, au côté de La Chasse de Rubens, l’une de ses références absolues. Sans doute Delacroix a-t-il aussi été marqué par ses visites au Jardin des plantes, en compagnie du sculpteur Antoine-Louis Barye, et par ses voyages en Afrique du Nord. En 1870, l’incendie de l’Hôtel de Ville de Bordeaux, où se trouvait le musée, détruisit une vingtaine d’œuvres, dont La Chasse de Rubens, ainsi que le tiers supérieur de celle de Delacroix ; restaurée, elle a depuis retrouvé les cimaises du musée.
Texte : musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Au musée Goya de Castres : l’autoportrait d’un peintre au sommet
Francisco de Goya, Autoportrait aux lunettes, vers 1800
huile sur toile • 61,5 × 47,8 cm • Coll. Hôtel de Ville, Castres
Le peintre castrais Marcel Briguiboul (1837–1892) ne s’est guère trompé dans son goût pour l’art espagnol, pourtant alors encore ignoré des amateurs de son temps. En 1881, il acquit trois œuvres majeures de Francisco de Goya (1746–1828) : l’Assemblée de la compagnie royale des Philippines, le Portrait de Francisco del Mazo et l’Autoportrait aux lunettes.
Ces trois remarquables peintures constituent au travers de leur donation (1893–94), l’ossature de ce que deviendra, à partir de 1947, le musée Goya de Castres. L’Autoportrait aux lunettes s’inscrit, dans ce contexte, comme un point nodal, à la fois dans l’œuvre peinte de l’artiste et, par-delà, dans les collections du musée qui défend l’art espagnol en France. Si les autoportraits de Goya jalonnent sa vie, cette œuvre se place à la charnière du XVIIIe siècle finissant, porteur d’idées nouvelles dans une mouvance européenne auxquelles le peintre prête toute son attention, et le début du XIXe siècle.
L’artiste a cinquante-trois ans. Il est au faîte de sa gloire. À un siècle et demi de distance et à l’instar de son célèbre devancier, Diego Vélasquez dans Les Ménines (1656), Goya connaît le privilège suprême d’être autorisé à se représenter auprès de la famille royale dans La Famille de Charles IV (musée du Prado, 1800). Il faut noter ici la similitude de la pose de l’artiste dans cette dernière œuvre avec celle de l’Autoportrait de Castres, laquelle devient par là l’affirmation de cet événement majeur.
Texte : musée Goya
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