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Dossier spécial

Fantastique Fiac !

le 15 octobre 2018 à 17h10

Entre Petit et Grand Palais, et bien au-delà, la Foire internationale d’art contemporain colore Paris du meilleur de la création en accueillant toujours plus de pays : cette année, la Grèce, le Pérou et l’Irlande. Pour une 45e édition très attractive.

« En dix ans, en Grande-Bretagne, la culture LGBT s’est considérablement réduite. Un quart des lieux LGBT ont fermé ou ont été fermés depuis 2007. Et dans la même proportion, nous avons observé un accroissement des addictions et des problèmes de santé mentale dans la communauté ; les infections VIH ont crû de 20 % (un homme gay sur huit est aujourd’hui séropositif à Londres), alors que le gouvernement a coupé dans les budgets de lutte contre le sida. » Cette tragique évolution, Hannah Quinlan & Rosie Hastings la considèrent comme née d’une « stratégie cruelle et violente de domination ». Aux yeux de ce duo de plasticiennes, membres du collectif Gay Bar, le mode de vie queer est un lieu de résistance, trou noir au cœur de paysages culturels toujours plus normés. C’est cette conviction qu’elles mettent en scène sur le stand de leur galerie, Arcadia Missa. Dans la lignée du duo Pauline Boudry & Renate Lorenz, qui portera haut et fort ces motifs au pavillon suisse de la prochaine biennale de Venise, elles s’efforcent de réactiver la mythologie queer, composant un havre rose paillette où elles évoquent la fermeture des lieux communautaires et la disparition des espaces de rencontres. Une sorte de fantaisie critique autour des lieux de cruising, où les corps s’entremêlent le temps d’un éclair.

Hannah Quinlan & Rosie Hastings, </em>extrait du film<em> Something for the Boys
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Hannah Quinlan & Rosie Hastings, extrait du film Something for the Boys, 2018

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16 min • Arcadia Missa, Londres • © Arcadia Missa, Londres

Cette proposition du secteur Lafayette n’est pas la seule à évoquer ce phénomène attaché à la culture gay : signe des temps, plusieurs conversations officielles de la Fiac s’y consacrent, à l’image de « Public Toilets, darkrooms, Grindr », soit une exploration de « l’architecture du sexe radical », comme le clame le sous-titre. Au-delà de l’anecdote, c’est la dimension révolutionnaire queer que ses organisateurs Charles Teyssou et Pierre-Alexandre Mateos entendent aborder. Ou « le sexe comme un laboratoire politique », soulignent-ils. Dans un pays toujours à la traîne des gender studies, et après des années de domination d’un formalisme terne, ces bourrasques de réalité dans les allées de la Fiac pourraient réveiller un brin les esprits et les corps. Le Grand Palais, dernier lieu du cruising ? Ou faut-il y voir du pink washing ?

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FIAC 2018

Du 18 octobre 2018 au 21 octobre 2018

www.fiac.com

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