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Dossier spécial

Fantastique Fiac !

le 15 octobre 2018 à 17h10

Entre Petit et Grand Palais, et bien au-delà, la Foire internationale d’art contemporain colore Paris du meilleur de la création en accueillant toujours plus de pays : cette année, la Grèce, le Pérou et l’Irlande. Pour une 45e édition très attractive.

Depuis 2006, c’est devenu un rituel des beaux jours d’automne : la déambulation dans les allées rousses du jardin des Tuileries, au gré d’une trentaine de sculptures souvent colossales. Mais, cette année, amélioration de taille : la place de la Concorde se prête au jeu en accueillant des architectures prêtes à dialoguer avec son harmonie classique (et son trafic infernal). Pour composer cette microcité éphémère, quelques bâtiments emblématiques des temps modernes, signés Kengo Kuma, Jean Maneval (une de ses fameuses Maisons bulles se pose délicatement sur le bitume), Claude Parent et, comme tous les ans pourrait-on dire, Jean Prouvé (avec une école temporaire montée pour Villejuif après guerre).

Jean Prouvé, Structure préfabriquée
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Jean Prouvé, Structure préfabriquée, 1958, pour l’institution Fénelon de Clermont-Ferrand

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Laffanour / Downtown, Paris • Courtesy galerie François Laffanour-Downtown, Paris

Aux Tuileries, le parcours oscille entre classiques et productions in situ. Parmi les premiers, un cercle tellurique de marbre blanc et de granit rose du land artist Richard Long s’inscrit entre les lignes orthogonales du jardin, de même qu’une sphère de métal de Vladimir Skoda. À l’honneur au Centre Pompidou, feu l’Autrichien Franz West se rappelle à notre bon souvenir avec l’une de ses assises en forme de donut, tandis que Robert Indiana, disparu en mai dernier, est représenté par l’une de ses célèbres sculptures de lettres : ce n’est pas le Love qui se détache ici sur fond de ciel, mais les trois capitales du mot Art. Pour leur tenir compagnie, Alexander Calder et Thomas Schütte, incontournables du genre « exposition en plein air ». Chez les artistes plus jeunes, notons les interventions d’Alicja Kwade, remarquée à la dernière biennale de Venise, et d’Isabelle Cornaro, qui a enfin droit cet automne à sa première exposition personnelle dans un musée français, grâce au MRAC de Sérignan (« Blue Spill » à voir jusqu’au 27 janvier).

Gilles Barbier, L’Œuvre boîte
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Gilles Barbier, L’Œuvre boîte, 2018

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Dessin préparatoire, aluminium thermolaqué, 3 éléments • 87 × 190 × 50 cm chaque • Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris • Courtesy galerie G.-P. & N. Vallois, Paris

Mais le pompon sera sans doute remporté par un projet délicieux imaginé par Gilles Barbier pour l’un des deux bassins. Il consiste en un « banc » d’ouvre-boîtes à l’ancienne, mais format géant, qui naviguent sous l’étendue d’eau en laissant émerger leur lame noire, tel un aileron de requin. Soit les Tuileries façon Dents de la mer ! La métaphore pourrait être filée jusqu’à la place Vendôme : pour leur carte blanche, les trublions Elmgreen & Dragset ont imaginé qu’un tsunami avait submergé ce chef-d’œuvre du classicisme urbain, laissant là, échouées, une tripotée d’étoiles de mer. L’anthropocène jouée sur un mode mineur.

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Hors les murs

Jardin des Tuileries

75001, Paris

Accès libre

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Place Vendôme

75001, Paris

Accès libre

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Place de la Concorde

75008, Paris

Accès libre

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