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Giuseppe della Porta Salviati, Adam et Ève, vers 1526-1550
Huile sur toile • H : 223 cm • Coll. musée des Augustins, Toulouse • © STC – Mairie de Toulouse
Peintre de Briséis, Coupe à figures rouges : Eraste et Eromène, vers 489 av. J.-C.
Restons entre hommes
Dans la Grèce antique, la relation homosexuelle entre un homme mûr (l’éraste) et un adolescent (l’éromène) – telle que représentée sur ce vase peint – est monnaie courante. La femme, elle, reste avant tout une maîtresse de maison épousée par devoir. Serait-ce pour se prémunir des femmes que ces hommes préfèrent rester entre eux ? Peut-être sont-ils échaudés par le mythe d’Aristophane : l’être humain était à l’origine une sphère androgyne, parfaite, complète. Pour punir l’homme de son orgueil, Zeus la brisa en deux moitiés : une mâle et une femelle qui, depuis, brûlent de s’unir à nouveau… jusqu’à en perdre la raison et oublier de se nourrir !
Céramique • H : 34,4 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-GP (Musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Les Joueurs d’échecs, XVe siècle
Échec et mat
Au Moyen Âge, la femme se doit d’être chaste comme la Vierge… et donc difficile à conquérir. La partie d’échecs (où la reine est la pièce la plus puissante) devient une métaphore des stratégies de conquête amoureuse dans le cadre de l’amour courtois entre une dame et son chevalier. Sur ce vitrail, c’est la femme qui mène le jeu en attirant son adversaire d’une main tout en freinant ses ardeurs de l’autre. L’homme, qui avance ses pions d’un air résigné en rêvant à sa belle, devra prendre son mal en patience !
Vitrail • 54,2 x 54 cm • Coll. musée de Cluny, Paris • © RMN-GP / Jean-Gilles Berizzi
Lucas de Leyde, Les Fiancés, vers 1525
Un fil à la patte
Un homme glisse une bague au doigt de sa belle, signe d’engagement éternel. Un geste touchant… si ce n’est qu’en mettant ainsi en valeur la future épouse (de face, placée en hauteur, elle pose une main sur l’épaule de son fiancé), ce peintre de la Renaissance hollandaise dénonce le mariage comme une prise de pouvoir de la femme sur l’homme, pourtant censé devenir son maître en l’épousant. Tel est pris qui croyait prendre !
Huile sur bois • 28 x 33,5 cm • Coll. musée des beaux-arts, Strasbourg • © Musées de Strasbourg / M. Bertola
Jean-Baptiste Le Prince, L’Amour à l’espagnole, 1773
Exquise sérénade
Les yeux clos et la bouche entrouverte, cette jeune bourgeoise en robe de soie s’endort d’extase. Elle goûte au délicieux plaisir d’être courtisée… et conquise ! Posté à sa fenêtre, son soupirant lui a apporté des fleurs et lui joue quelques notes de guitare. Carte de Tendre, idylles pastorales, angelots en porcelaine : aux XVIIe et XVIIIe siècles, les nobles rêvent d’amour heureux et de sentiments délicats. Élève de Boucher, le peintre illustre ici l’art de la galanterie, nouvelle mode inspirée de l’amour courtois du Moyen Âge.
Huile sur toile • 73,5 x 60 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Angers • © RMN-GP / Benoît Touchard
Antonio Canova, L’Amour et Psyché debout, vers 1797
Pureté angélique
Sous la forme d’un frêle papillon, Psyché offre son cœur et son âme à l’Amour (Éros pour les Grecs), qui le recueille dans sa main et s’appuie tendrement sur elle. En l’épousant, sa dulcinée deviendra immortelle et se verra pousser des ailes. Tout en finesse, cette sculpture de marbre exprime l’innocence et la pureté de l’amour juvénile. Des thèmes très en vogue au XVIIIe siècle, période de réhabilitation de l’amour !
Marbre • 155 x 168 x 101 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-GP / Stéphane Maréchalle
Jean-Honoré Fragonard, Le Verrou, 1777
Boudoir torride
Est-ce un jeu ou un viol ? Un homme enlace une femme de son bras gauche tout en verrouillant la porte de sa main droite, avide de la soumettre à son désir fougueux… Au XVIIIe siècle, l’amour galant a son pendant grivois : le libertinage. Loin des idylles champêtres à l’eau de rose, ce chef-d’œuvre de Fragonard nous plonge dans l’obscurité de l’alcôve et le goût brûlant de l’époque pour les plaisirs licencieux. Le peintre ne lésine pas sur les métaphores coquines, du verrou à glissière à la pomme rouge, en passant par les rideaux fendus de plis très érotiques…
Huile sur toile • 73 × 93 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-GP / Stéphane Maréchalle
Carolus-Duran, Le Baiser, 1868
Déclaration romantique
Au XIXe siècle, les artistes sont fleur bleue. Sur ce tableau évoquant à la fois la Belle au Bois dormant, Psyché ranimée par le baiser de l’amour et les représentations d’Ophélie étendue parmi les fleurs, le peintre se représente lui-même en train d’embrasser celle qui vient tout juste de devenir sa femme : Paulette, une pastelliste qu’il a rencontrée au musée du Louvre. Un bel exemple d’une révolution importante au XIXe siècle : l’acceptation du mariage d’amour !
Huile sur toile • 92 x 91,5 cm • Coll. Palais des Beaux-Arts, Lille • © RMN-GP / Hervé Lewandowski
Eugène Delacroix, Roméo et Juliette devant le tombeau des Capulets, vers 1850
Roméo et Juliette
L’amour n’a pas toujours une fin heureuse. Mais une passion impossible et tragique n’en est-elle pas plus bouleversante? Avides de sensations fortes, les romantiques ne jurent que par ces drames du cœur. Grand amateur de Shakespeare, Delacroix représente ici la scène de Roméo et Juliette où l’amant découvre le corps sans vie de sa bien-aimée. Dans l’obscurité du caveau des Capulet, le peintre met l’accent sur le regard de Roméo, fou de désespoir face à la terrible inertie de sa belle, qu’il aimait plus que la vie…
Huile sur papier • 35,2 x 26,5 cm • Coll. musée national Eugène Delacroix, Paris • © RMN-GP / Mathieu Rabeau
Camille Claudel, La Valse, vers 1883-1901
Fusion idéale
Voilà enfin l’amour vu par une femme ! On ne présente plus La Valse de Camille Claudel, sculptrice amoureuse folle de Rodin. Mais on ne se lasse pas de ce chef-d’œuvre intemporel plein d’harmonie et de mouvement : un couple emporté par l’élan amoureux, un moment de communion intense alliant l’union des corps et des cœurs dans un élégant tourbillon de bronze…
Bronze (fonte posthume E. Blot) • H : 44 cm • Coll. musée Camille Claudel, Nogent-sur-Seine • © RMN-GP / René-Gabriel Ojéda
Niki de Saint Phalle, Vénus, 1964
Libre comme l’air
Quelle étrange représentation de Vénus, déesse de l’amour ! Façonnée par Niki de Saint Phalle, cette forte femme de laine n’obéit pas aux canons de beauté contemporains. Semée de fleurs, de poupées en plastique et d’autres vieux gris-gris (les derniers vestiges du passé ?), elle peut enfin être elle-même et indépendante. À travers elle, l’artiste exprime le triomphe de la femme libérée de la morale, des traditions et des attentes de la société… ouvrant la voie à l’amour moderne : une relation sans codes entre sujets égaux, pleinement acteurs de leur histoire !
Laine, objets sur grillage • H : 170 cm • Coll. MAMAC, Nice • © 1964 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris - Photo Muriel Anssens/Ville de Nice
Amour
Du 26 septembre 2018 au 21 janvier 2019
Musée du Louvre-Lens • 99 Rue Paul Bert • 62300 Lens
www.louvrelens.fr
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Malédiction originelle
L’histoire de l’amour commence mal. Dans la Genèse, Ève cueille le fruit défendu et incite Adam à y goûter, entraînant leur exclusion du Paradis. Leur vie de couple sans nuages n’aura pas fait long feu ! Pour les théologiens du Moyen Âge, la pomme croquée est une métaphore du péché de chair : la femme est une tentatrice responsable de la chute de l’homme… Dès lors, la littérature et la peinture grouilleront d’enlèvements et de viols. Pourquoi s’en priver puisque la femme est si mauvaise ?