« Ma recherche s’est toujours dirigée vers un dessin ouvert, un dessin qui bouge. » Travaillant entre Toulouse et Bayonne, Raphaël Larre (né en 1978) s’emploie depuis ses études aux Beaux-Arts de Paris à faire du dessin le vecteur d’explorations plurielles : plastiques, performées, animées. À Biarritz, il déploie des lignes souples de fusain sur les murs de la galerie a mano studio, qu’il accompagne d’un paravent et d’œuvres à l’encre sur papier. Le thème ? L’eau, vertueuse et féconde, l’artiste s’inspirant de la légende basque des trois fontaines de San Juan Xar, qui soignent les maladies de peau. La galerie étant friande de dialogues entre les arts, deux invitées ont collaboré avec l’artiste : Nadia Khemissi pour les pans en lin brodé qui traversent et divisent l’espace, et Nathalie Barbet pour les sculptures en argile. D’une grâce absolue.
Vue de l’exposition « Raphaël Larre. Le Grand bain » à la galerie a mano studio
© Emmy Martens
Raphaël Larre. Le Grand bain
Du 19 décembre 2020 au 20 février 2021
A Mano Studio • 13 Rue du Helder • 64200 Biarritz
www.amanostudio.fr
Non seulement la peinture n’est pas morte, mais Instagram la porte aux nues. Preuve en est avec les destins extraordinaires de Genieve Figgis ou Chloe Wise, collectionneuses d’abonnés sur le réseau social, qui atteignent désormais des sommets en galerie. Attentive à cette peinture nouvelle, figurative, sensuelle, ironique et délirante, la galerie Almine Rech les expose aux côtés de jeunes stars de la peinture comme Ida Tursic & Wilfried Mille, Kenny Scharf ou Aaron Johnson, et compose une fresque en vingt-et-un noms pour un XXIe siècle rimant avec huile, acrylique et gouache. Une sélection spectaculaire, qui questionne le monde d’aujourd’hui.
« Un hiver à Paris » à la galerie Almine Rech
© Almine Rech
Un Hiver à Paris
Du 6 février 2021 au 27 février 2021
Galerie Almine Rech • 64, rue de Turenne • 75003 Paris
www.alminerech.com
C’est inédit : Nantes accueille depuis le 28 janvier une toute nouvelle galerie, dédiée aux artistes oubliés – « talents méconnus ou à la visibilité trop passagère ». Grande idée ! Le premier accrochage est consacré à Menachem Gueffen (1930–2016), un peintre israélien ayant passé une bonne partie de sa vie en Angleterre et en France. Une vingtaine de toiles datant des années 1960 et 1970 est ici réunie, illustrant sa période la plus productive. Soit de grands portraits de femmes, toujours de face façon icônes byzantines et colorées de camaïeux généreux, dont les corps dessinent des assemblages de formes courbes et géométriques. Ces toiles n’avaient pas été exposées depuis près de cinquante ans – plutôt sages, elles émeuvent par leur douceur candide, à rebours de leur époque.
Menachem Gueffen, Sans titre, 1971 / 1968
Huile sur toile • 129 × 104 cm / 128 × 103 cm • © Galerie des oubliés
Menachem Gueffen
Du 28 janvier 2021 au 30 mars 2021
Galerie des Oubliés • 2 Rue de Bréa • 44000 Nantes
galeriedesoublies.com
Après avoir accompagné l’entrée de l’écrivain Maurice Genevoix au Panthéon en novembre 2020, l’Allemand Anselm Kiefer (né en 1945) dévoile quatre œuvres inédites dans l’espace immense de la galerie Gagosian au Bourget. Ces toiles mesurent près de cinq mètres sur neuf et sont couvertes de peinture à l’huile, d’acrylique, de feuilles d’or et de paille ; absorbant le regard, elles évoquent des paysages monumentaux, infinis champs dorés sous un ciel lourd, noir, bleuté ou doré. Le titre de l’exposition, Field of the Cloth of Gold, tisse un lien avec l’événement historique dit « le Camp du Drap d’Or », qui vit se rencontrer Henry VIII et François 1er en 1520. Au beau milieu d’un champ, 6000 invités prestigieux assistèrent à de fastueux divertissements ; l’ensemble devait donner lieu à une série d’accords de paix, qui n’aboutirent pas. L’Histoire est, comme toujours chez Kiefer, un matériau de choix.
Anselm Kiefer, Die sieben Schalen des Zorns (The Seven Bowls Of Wrath), 2019-2020
Emulsion, laque, huile sur toile, acrylique, paille • 470 x 840 cm • © Gagosian, Le Bourget
Anselm Kiefer. Field of the Cloth of Gold
Du 7 février 2021 au 28 mars 2021
Galerie Gagosian — Le Bourget • 26 Avenue de l'Europe • 93350 Le Bourget
www.gagosian.com
De Lionel Sabatté (né en 1975), on connaît les sculptures de poussières, dont les silhouettes émaciées donnent chair à un bestiaire de poils et de plumes. Projet inédit, l’artiste a récupéré des feuilles stockées dans l’ancien atelier de Pierrette Bloch (1928–2017), légèrement tâchées et abîmées, réemployées durant l’année 2020. Douze œuvres inédites en résultent, dont neuf sont ici présentées : en leur centre, une coulure de peinture, de curcuma et de poussière, dont la forme évoque tantôt un poussin, tantôt une fiente – l’artiste ayant vécu récemment avec un pigeon et, pour ainsi dire, travaillé avec lui et ses déjections. Une série jamais montrée à laquelle ces dessins font écho. Au début donc, un peu de dégoût se fait sentir face à ses formes organiques, et puis un éblouissement se profile, à mesure que l’on devine derrière ces évocations de fiente de petits bouts de cosmos, galaxies en mouvement sur fond de ciel noir.
Lionel Sabatté, Quelque part entre poussin et œuf au plat du 09.09.20, 2020
Poussière, acrylique et curcuma sur papier de Pierrette Bloch • 45 × 60,8 cm • Galerie C Contemporary Art, Paris • © Lionel Sabatté
Papiers noirs : Lionel Sabatté & Pierrette Bloch
Du 2 février 2021 au 6 mars 2021
Galerie C • 6 Rue Chapon • 75003 Paris
www.galeriec.ch
La Slow Galerie joue de contrastes et propose, en plein hiver et alors que la crise fait rage, de nous plonger dans des visions délicieuses et ensoleillées réunies sous le titre « Bloom » (« Floraison »). Au menu : dix-neuf illustrateurs de l’agence La Slow aux techniques variées, faisant cohabiter sur des pages acidulées de jeunes filles nues, des fleurs, des paysages luxuriants, des forêts, des bords de mer pastels et une main perdue dans des chardons aux pétales bleutés… De quoi remuer nos cœurs masqués et nous faire, plus que jamais, espérer l’été. À savoir : toutes les œuvres sont abordables et s’achètent pour moins de 100 euros !
Kristelle Rodeia, BLOOM, 2020
Tirage à encre pigmentée • 60 × 42 cm • © Slow Galerie
Bloom
Du 28 janvier 2021 au 9 mars 2021
Slow Galerie • 5 Rue Jean-Pierre Timbaud • 75011 Paris
www.slowgalerie.com
Créée en 2017 par deux galeristes désireuses de consacrer plus de temps à l’accompagnement des artistes, l’association Ahah consacre une double exposition à l’un de ses membres – Jeffrey Silverthorne (né en 1946). Deux lieux, distants de cinq minutes à pied, mélangent non sans audace les époques et les genres explorés par le photographe américain : portraits de travestis, paysages de Bretagne, autoportraits ultrasensibles, danseuses nimbées de rouge, natures mortes aux objets totémiques, images composites de cadavres à la morgue… Ils semblent mille dans un même esprit, tant Silverthorne s’aventure dans des thèmes et des styles opposés – mais non sans cohérence, nous confie Marie Cantos, directrice artistique, qui appuie sur l’exploration constante des « frontières » abordée par l’artiste, quelle que soit leur apparence.
Vue de l’exposition “Jeffrey Silverthorne. Pleasures, Sadness, Sometimes”
© Marc Domage / L’ahah, Paris
Jeffrey Silverthorne. Pleasures, Sadness, Sometimes
Du 23 janvier 2021 au 27 mars 2021
Association Ahah • 4 Cité Griset • 75011 Paris
www.cnap.fr
En plein centre de Paris, dans une galerie au fond d’une cour, quelle (charmante) surprise que de se retrouver dans un jardin de mousse et de branchages ! On se croirait, un bref instant, dans un parc à l’Anglaise, agrémenté de sculptures en rocaille représentant des têtes d’ours ou de chouettes – avec, au mur, des dessins du chat de l’artiste, entouré d’intestins ou d’étranges amulettes. Laurent Le Deunff (né en 1977) taille ours et dauphin dans du bois brut, dessine avec précision, agence de petits formats en crottes de dinosaures fossilisées comme autant d’objets magiques… Un imaginaire insaisissable, fécond, qui nous évoque aussi bien des contes merveilleux que des fouilles archéologiques, des inventions folles ou des classifications scientifiques. À voir !
Vue de l’exposition « Laurent Le Deunff. The Mystery of Sculpting Cats »
Courtesy Semiose, Paris • Photo A. Mole / Courtesy Semiose, Paris
Laurent Le Deunff. The Mystery of Sculpting Cats
Du 16 janvier 2021 au 20 février 2021
Galerie Semiose • 44 Rue Quincampoix • 75004 Paris
www.semiose.fr
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