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Elle est née en 1979 en Grèce, s’est formée aux meilleures écoles en France (les Arts déco, le Fresnoy…) mais n’aime rien tant que prendre le large sur un tanker pour des semaines de traversée. Photographe, plasticienne et documentariste surdouée (Exotica, Erotica, etc.), Evangelia Kranioti traque les solitudes à fond de cale. Recueillant les récits baroques de marins et de prostituées, elle navigue toujours aux côtés des exclus de la société d’abondance. Auprès de travestis philosophes à Rio de Janeiro ou de semi-esclaves philippines à Beyrouth, cette enquêtrice au long cours conjure le sort le temps d’une prise de vue, à la lumière surréelle d’un porte-conteneurs ou d’un carnaval. Des images si belles, si miraculeuses, que la sensualité des corps semble à chaque fois l’emporter sur la mélancolie et l’amer. N. N.
Evangelia Kranioti, Apenas sonhei com o mundo mas jamais o vi [J’ai seulement rêvé du monde, je ne l’ai jamais vu], série Obscuro Barroco, 2016
© Evangelia Kranioti / Courtesy galerie Sator, Paris.
Evangelia Kranioti – Les vivants, les morts et ceux qui vont en mer
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Chapelle Saint-Martin du Méjan • Place Nina Berberova • 13200 Arles
www.rencontres-arles.com
Quels trésors se cachent parfois dans les archives les mieux fermées ! Entre 1916 et 1939, des milliers d’images ont été produites en France dans le cadre d’une politique nationale d’encouragement à la recherche scientifique et industrielle. Tous les Géo Trouvetou de l’entre-deux-guerres passent devant l’appareil photo et se retrouvent classifiés dans les tiroirs du CNRS. Un siècle plus tard, la poésie de ces clichés purement administratifs réapparaît ! E. L.
Office national des recherches scientifiques et industrielles et des inventions, Cornets acoustiques pour le repérage des avions de Georges Mabboux, 31 mai 1935
Collection CNRS.
« La saga des inventions. Du masque à gaz à la machine à laver. Les archives du CNRS »
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Croisière • 59 boulevard Emile Combes • 13200 Arles
www.rencontres-arles.com
Ce fut l’une des grandes odyssées de l’art moderne. En 1941, un paquebot quitte Marseille pour Rio. À son bord, André Breton et sa compagne Jacqueline Lamba, le futur ethnologue Claude Lévi-Strauss, l’écrivain aventurier Victor Serge, mais aussi le peintre cubain Wifredo Lam et la poétesse Anna Seghers. Cette épopée fut fondatrice pour chacun d’entre eux, leur ouvrant les yeux sur un au-delà tropical. Elle les mena pour la plupart à New York, où ils passèrent la guerre. Mais aucune image ou presque n’en subsistait. Jusqu’à ce que le cinéaste Olivier Assayas ouvre à l’écrivain Adrien Bosc, en train d’écrire le roman de cette traversée, un album de photographies : son père, Jacques Rémy, scénariste en devenir, est l’un des passagers du bateau. Celle qui le photographie, c’est Germaine Krull, pionnière de la Nouvelle Objectivité à la française ! On retrouve cette grande dame de la photo dans un autre accrochage, aux côtés de Berenice Abbott et Florence Henri. Toutes trois ont collaboré à partir de 1928 à Variétés, « revue mensuelle illustrée de l’esprit contemporain ». Transférées dans un fonds belge dédié à l’histoire des mouvements sociaux, ces images ont elles aussi été retrouvées par miracle. Même chez les modernes, Arles déniche du nouveau ! E. L.
Germaine Krull, Marseille, quai du port, mars 1941
© Germaine Krull.
Germaine Krull & Jacques Rémy. Un voyage – Marseille-Rio, 1941
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Cloître Saint-Trophime • 20 Rue du Cloître • 13200 Arles
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Variétés, revue d’avant-garde. Berenice Abbott, Florence Henri, Germaine Krull...
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Chapelle Saint-Martin du Méjan • Place Nina Berberova • 13200 Arles
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Pionnière de la couleur et de la street photography, Helen Levitt (1913–2009) est un monument unique au monde. Venue à la photographie dans les années 1930 pour immortaliser les graffitis à la craie de ses jeunes élèves, l’ex-enseignante d’arts plastiques ne quittera plus son Leica. Née à Brooklyn, elle prendra toute sa vie le pouls des rues du Bronx, de Harlem ou du Lower East Side, sans jamais se lasser du théâtre quotidien des mômes, de l’énigme de leurs jeux, de leurs joies sauvages, de leur suprême indifférence aux distinctions sociales. Si elles ne sont pas journalistiques, ses images à hauteur d’enfant en disent long sur les quartiers populaires new-yorkais. Mais n’allez pas croire que cette poésie noir de bitume déteigne en couleurs. Au contraire. Moins connu car objet d’un cambriolage au début des années 1970, le travail en couleurs d’Helen Levitt a pu débuter en 1959 grâce à une bourse du Guggenheim. Il se poursuivra jusqu’à la fin de sa longue carrière et sera même consacré au MoMA en 1974. Plus de trente ans après sa première exposition personnelle, Levitt, passée entre-temps par la réalisation et le montage de films, y projettera un slide-show en couleurs : du jamais-vu. Ce n’est pas tout : les premières éditions de ses livres A Way of Seeing (1965) et In the Street: Chalk Drawings and Messages (1987) sont aujourd’hui des graal de collectionneurs… à la recherche de ces vies minuscules, qui firent de la rue le royaume de leur souveraine liberté. Hommage en 130 clichés. N. N.
Helen Levitt, New York, 1940
Coll. Albertina, Vienne / prêt permanent de l’Austrian Ludwig Foundation for Art & Science.
Helen Levitt – Observatrice des rues new-yorkaises
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Espace Van Gogh • Place Félix Rey • 13200 Arles
www.patrimoine.ville-arles.fr
Partir ou rester ? À Berlin-Est, toute une génération s’est construite autour de cette seule question, alors que la RDA connaissait ses derniers soubresauts. Punks sous l’œil de la Stasi, maigre shopping aux coopératives Konsum, « fêtes Tropiques » sur Unter den Linden… Des bords de la Baltique à Prenzlauer Berg, hallucinants portraits de ces « Ossies » pas si coupés du monde, et dont la chute du mur fera des enfants égarés, plutôt que des miraculés. E. L.
Christiane Eisler, Mita et Jana, punkettes berlinoises à Leipzig, 1983
Courtesy Christiane Eisler.
Corps impatients – Photographie est-allemande (1980-1989)
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Les Forges - Arles • 24 Avenue Victor Hugo • 13200 Arles
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Si un vent d’Est vintage rafraîchit délicieusement l’air cet été à Arles, c’est l’Espagne qui nous désaltère avec une rétro acide à souhait des années Movida. Né de l’expression argotique hacer una movida, qui signife faire un tour – hors du centre de Madrid – pour chercher des stupéfiants, le mouvement s’est vite propagé à Barcelone, Valencia, Bilbao et Séville lors de la transition démocratique. Alliage explosif de punk et de pop, la lame de fond underground revient avec une exubérance et un penchant pour le n’importe quoi parfaitement intacts. Escortée de ses complices Alberto García-Alix, Pablo Pérez Minguez et Miguel Trillo, la star madrilène Ouka Leele est à elle seule un puissant euphorisant. Toiletpaper en aurait-il abusé ? N. N.
Ouka Leele, El Beso, 1980
© Ouka Leele / Agence Vu.
La Movida – Chronique d’une agitation (1978-1988)
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Palais de l’archevêché - Arles • 35 Place de la République • 13200 Arles
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Aurait-il pu réaliser les mêmes images aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr. Fesses en l’air, bouche vampire, Guy Bourdin n’y allait pas de main morte pour vendre des chaussures. Mais on pardonnerait beaucoup à ce génie de la pub des eighties. Alors que Campredon dissèque son parcours – explosant de couleurs vives –, Arles joue d’un violent contraste, en dévoilant des inédits des années 1950, tous noir et blanc. Le Bourdin d’avant Vogue, d’avant Jourdan, amoureux d’Alfred Stieglitz, Man Ray et Berenice Abbott. E. L.
Guy Bourdin, Campagne Charles Jourdan, Miami, 1978
Courtesy Guy Bourdin Estate, 2019 et Louise Alexander Gallery, Porto Cervo.
Guy Bourdin – Untouched
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Espace Van Gogh • Place Félix Rey • 13200 Arles
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Guy Bourdin – L’image dans l’image
Du 6 juillet 2019 au 6 octobre 2019
Campredon Centre d’art • 20 Rue du Docteur Tallet • 84800 L'Isle-sur-la-Sorgue
www.campredoncentredart.com
D’une autoroute déserte de Corée du Nord à un aéroport hors sol des Émirats arabes unis, d’un chameau entre deux gratte-ciel à des cités rasées par le tsunami de Fukushima, Philippe Chancel dresse un alarmant portrait du monde. Glacées et glaçantes, ses images témoignent d’une redoutable intelligence du (sale) état de la planète. En passant aussi par Kaboul et Port-au-Prince, l’étonnant photographe documentariste s’est éloigné du strict reportage pour créer sa « Datazone », comme l’indique le titre de son exposition, en sept étapes de voyages. Un fleuve nigérian iridescent de pétrole, un bateau échoué sur une terre radioactive… En mixant quinze ans de travail, Chancel compose une zone de données ultrasensibles. E. L.
Philippe Chancel, Datazone #01, Corée du Nord, Pyongyang, 2005–2013
2013 Courtesy Philippe Chancel et Melanie Rio Fluency, Nantes.
Philippe Chancel - Datazone
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Église des Frères Prêcheurs • Impasse Abbé Grégoire • 13200 Arles
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C’est « l’autre photo ». Ainsi Sam Stourdzé définit-il les clichés dévoilés dans la vaste exposition « Photo / Brut » : 1 200 m2 hantés par les histoires de 45 autodidactes. D’eux, l’on ne connaît à peu près rien ; seules leurs images témoignent de leur univers. La photo, un art brut ? En prêtant nombre d’œuvres, la collection abcd Bruno Decharme a permis l’audacieux rapprochement. Qu’ont donc en commun ces créateurs ? « Tous sont dénués d’intention artistique, mais ont trouvé dans la photographie un moyen de mettre en scène leurs obsessions, voire une thérapie », résume-t-il. Certains appartiennent déjà à l’histoire, à commencer par Miroslav Tichý, qui hantait les parcs et piscines de Tchécoslovaquie pour y saisir le souvenir d’une poitrine, d’un geste, à l’aide d’appareils bricolés. On repère aussi d’autres vedettes, éclairées d’un jour nouveau : « Aloïse Corbaz utilisait beaucoup les images de presse, dont elle se servait notamment pour finir ses dessins, un détail passionnant mais qui a longtemps été occulté sous les marouflages. Quant à Henry Darger, il utilisait beaucoup le tirage photo pour changer l’échelle des petites filles dont il racontait la saga. » À côté de ces photographes par la marge, l’exposition met surtout en avant les trajectoires de fous d’images. Günther K, petit chef d’entreprise qui a immortalisé sous toutes les coutures la rousse Margret, tenant un registre des plus crus de leurs ébats ; Lee Godie, clocharde céleste de Chicago qui s’est inventé mille avatars ; ou encore Zorro et ses cinq décennies de travestissements. Trente ans avant Cindy Sherman et Sophie Calle, des inconnus qui se faisaient héros de leur propre vie. E. L.
Alexandre Lobanov, Sans titre, vers 1960
Coll. Bruno Decharme.
Photo / Brut – Collection. Bruno Decharme & compagnie
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Mécanique générale - Arles • 33 Avenue Victor Hugo • 13200 Arles
www.rencontres-arles.com
Les Rencontres de la photographie - 50 ans, 50 expos, Arles 2019
Du 1 juillet 2019 au 22 septembre 2019
Appli « Arles 2019 » gratuite sur Android et iOS
Arles • 34 Rue du Docteur Fanton • 13200 Arles
www.rencontres-arles.com
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