RENCONTRES D’ARLES

À Arles, Nan Goldin intime et bouleversante de beauté

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Nan Goldin, Jeune amour
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Nan Goldin, Jeune amour, 2024

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© Courtesy Nan Goldin / Gagosian

Peut-on s’éprendre d’une œuvre d’art ? Pour en avoir fait l’expérience au musée du Louvre, Nan Goldin répondrait à cette question par l’affirmative. « Je suis tombée amoureuse d’une femme dans l’une des peintures, je suis allée la voir chaque semaine. Et dans le silence du musée, j’ai trouvé les visages de mes amis », raconte-elle en préambule de son Syndrome de Stendhal, projeté dans l’église Saint-Blaise jusqu’au 5 octobre à l’occasion des Rencontres d’Arles.

L’Américaine, qui a reçu cette année le prix Women in Motion de Kering, a longuement arpenté les grands musées du monde – le Louvre donc, mais aussi la galerie Borghèse à Rome, la Gemäldegalerie à Berlin, et bien sûr le Met à New York – et photographié leurs innombrables chefs-d’œuvre.

Des mythologies aussi intimes qu’universelles

Sur une musique planante de Soundwalk Collective, ces tableaux et sculptures à la beauté classique dialoguent avec les clichés de la photographe. L’artiste renoue ainsi avec la forme du diaporama, qu’elle explore depuis ses premiers pas dans le New York underground des années 1980.

Nan Goldin, La Mort d’Orphée
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Nan Goldin, La Mort d’Orphée, 2024

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© Courtesy Nan Goldin / Gagosian

Amour et Psyché, Diane chasseresse et hermaphrodites alanguis rendent la pareille à Cookie, Suzanne, Brian et les autres – autant de visages qui traversent l’œuvre de la photographe depuis la publication de son premier livre en 1986, le mythique The Ballad of Sexual Dependency. Parmi eux, beaucoup ont disparu, fauchés par une vie d’excès. Nan Goldin leur dédie cet émouvant hommage, à la fois intime et universel.

Submergé par la beauté

Comme habitée d’une force mystique, la voix profonde de la photographe s’élève, récitant des passages des Métamorphoses d’Ovide comme une longue litanie. Le nom du diaporama, quant à lui, est tiré de cette fameuse réaction psychosomatique décrite pour la première fois par Stendhal à Florence, après avoir été submergé par l’impérieuse beauté de l’église Santa Croce. C’est peu ou prou ce que ressentent les spectateurs à la fin de la projection du Syndrome de Stendhal, dans cette église Saint-Blaise tout à coup plongée dans un silence enveloppant où continue de s’écrire la mythologie personnelle d’une immense artiste, éternelle révoltée habitée par l’amour de la beauté.

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Nan Goldin. Syndrome de Stendhal

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

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