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PHOTOGRAPHIE

À Arles, 8 expositions photos d’« images indociles » et jouissives

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Pour cette 56e édition des Rencontres photographiques d’Arles, qui débutent le 7 juillet, le directeur du festival Christoph Wiesner a voulu une programmation polyphonique et frondeuse, qui fait de la photographie un implacable outil de résistance avec des focus sur des artistes hors norme, de Berenice Abbott à Nan Goldin. Tour d’horizon des 8 expositions à ne surtout pas manquer !

Aux Rencontres d’Arles cette année, « la photographie […] est envisagée comme un outil de résistance, de témoignage et de transformation sociale face aux crises contemporaines », explique le directeur du festival Christoph Wiesner. Avec sa cinquantaine de rendez-vous dans la ville et alentour, cette 56e édition invite à mesurer le pouvoir des images qu’il qualifie d’« indociles ».

À l’ère où elles sont malmenées, soupçonnées ou décriées, cette programmation 2025 rappelle leur utilité et leur nécessité. Et surtout leur diversité. Se jouant des frontières géographiques, le festival invite à découvrir la production de pays lointains rarement mis sur le devant de la scène.

Berenice Abbott, Bureau de poste, East Machias, Maine
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Berenice Abbott, Bureau de poste, East Machias, Maine, 1954

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Plus de soixante ans après cette photographie, l’une des scènes immortalisées par Berenice Abbott le long de la Route 1 aux États-Unis, les artistes Anna Fox & Karen Knorr eferont le voyage sur ses traces entre 2016 et 2019.

Berenice Abbott Archive, The Image Centre /© Estate Ronald Kurtz / Getty Images

À commencer par l’Australie et le Brésil – lequel, dans le contexte de la Saison France Brésil, présente à lui seul quatre expositions, de la période moderniste à la scène contemporaine en passant par les travaux de jeunesse inédits de Claudia Andujar. Proposant une traversée dans les pratiques du médium, la programmation met à l’honneur la mode avec la collection du musée Yves Saint Laurent, le photojournalisme avec l’Italienne Letizia Battaglia ou l’agence Myop à l’occasion de ses 20 ans, l’architecture ou encore des thématiques inhérentes au médium comme la famille.

Arles, ce sont aussi bien des figures historiquesLouis Stettner, David Armstrong ou Berenice Abbott revisitée par Anna Fox & Karen Knorr – et des contemporains – mention spéciale à Nan Goldin, lauréate du prix Women in Motion 2025 – que des anonymes à travers l’incroyable collection de Marion & Philippe Jacquier. Et, comme toujours, une place est accordée à la relève avec le prix Découverte fondation Louis Roederer et le programme BMW Art Makers qui soutient le projet de l’artiste Raphaëlle Peria et de la curatrice Fanny Robin.

Des anonymes par milliers au cloître Saint-Trophime

Photographe amateur anonyme, Sans titre
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Photographe amateur anonyme, Sans titre, Vers 1930

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Courtesy ancienne Collection Marion et Philippe Jacquier / Don de la Fondation Antoine de Galbert au musée de Grenoble

En vingt ans, Marion & Philippe Jacquier – fondateurs de la galerie Lumière des roses, à Montreuil (93), qui a fermé en janvier – ont collecté 10 000 tirages d’amateurs et d’auteurs anonymes, principalement aux puces. Acquise par la fondation Antoine de Galbert qui en a fait don au musée de Grenoble, leur collection est dévoilée au travers d’une sélection de 300 images pour la plupart inédites.

L’exposition propose une fabuleuse traversée dans l’histoire du médium et de ses techniques des années 1850 à 1970, qu’il s’agisse d’images isolées ou de séries. Ces pièces uniques racontent la petite ou la grande histoire : une vue d’Alfred Dreyfus volée par un marin sur le bateau qui mène le capitaine à Rennes en 1899 pour la révision de son procès ; des portraits réalisés par un pharmacien à l’insu de ses clients via un dispositif automatique et ensuite consignés dans des albums ; les clichés d’une femme en petite tenue dont les vêtements ont été colorisés ; les photos (floues) effectuées par Lucette lors de ses voyages organisés de 1954 à 1977. Inventivité, fantasmes, obsessions : la psychanalyse par l’image !

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Éloge de la photographie anonyme

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

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Catalogue de l'exposition

Nan Goldin embrasse l’histoire de l’art à l’église Saint-Blaise

Nan Goldin, Diane au bain
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Nan Goldin, Diane au bain, 2024

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Courtesy Nan Goldin et Gagosian, Paris-New York

Après en avoir été l’invitée d’honneur en 2009, Nan Goldin revient aux Rencontres auréolée du Prix Women in Motion 2025 avec l’exposition « Syndrome de Stendhal », produite par le festival. L’œuvre éponyme, présentée dans un haut lieu patrimonial, est un diaporama en constante évolution, à l’instar de la pièce maîtresse de l’artiste, The Ballad of Sexual Dependency, qui fit sensation lors de sa première présentation à Arles en 1987.

Version inédite d’un projet amorcé à l’occasion d’une résidence au Louvre en 2010, « Syndrome de Stendhal » fait dialoguer des vues de peintures et sculptures que l’Américaine a captées dans des musées partout dans le monde et des images issues de son corpus. À travers des polyptyques, elle embrasse l’histoire de l’art pour tisser des liens formels ou thématiques avec sa création. Amour, sexualité, sensualité, mort… au rythme du son de sa voix, d’une bande sonore originale signée Soundwalk Collective et d’une création musicale de Mica Levi.

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Nan Goldin. Syndrome de Stendhal

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

Jouannais et les langoustes à l’École nationale supérieure de la photographie

Thomas Bouniol, Célia de Feral, Teva Lan-Yeung, Denis Valery Ndayishimiye, Maria Teresa Neira Barres, Mélina Rard, Joffrey Sebault & Jazmin Vilalta, Déjà-vu
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Thomas Bouniol, Célia de Feral, Teva Lan-Yeung, Denis Valery Ndayishimiye, Maria Teresa Neira Barres, Mélina Rard, Joffrey Sebault & Jazmin Vilalta, Déjà-vu, 2025

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Courtesy Thomas Bouniol, Célia de Feral, Teva LanYeung, Denis Valery Ndayishimiye, Maria Teresa Neira Barres, Mélina Rard, Joffrey Sebault et Jazmin Vilalta

« La guerre de la langouste » : drôle de nom pour une exposition et pour une guerre qui n’a jamais eu lieu. Qu’à cela ne tienne, l’écrivain Jean-Yves Jouannais, qui depuis 2008 consacre son temps au spectacle-conférence l’Encyclopédie des guerres, a imaginé – accompagné de l’artiste enseignante Mabe Bethônico – ce qui se serait passé si cet hypothétique litige au sujet de la pêche à la langouste, opposant la France et le Brésil au début des années 1960, avait dépassé les frontières diplomatiques. Et si l’ordre mondial en avait été bouleversé ? Une uchronie visuelle menée par un groupe d’étudiants de l’École nationale de la photographie d’Arles.

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La guerre de la langouste

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

Stéphane Couturier plonge dans Corbu à l’Abbaye de Montmajour

Stéphane Couturier, Villa Eileen Gray – #17, série E-1027+123
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Stéphane Couturier, Villa Eileen Gray – #17, série E-1027+123, 2021–2022

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Courtesy Stéphane Couturier et galerie Christophe Gaillard, Paris

Dans le prolongement de la série Melting Point qu’il a commencée dans les usines Toyota depuis une vingtaine d’années, Stéphane Couturier poursuit ses fusions photographiques, en quête de ce qu’il nomme les « images augmentées ». Il combine cette fois des vues d’architecture de la villa réalisée par Eileen Gray à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes) dans les années 1920 et des clichés de peintures murales réalisées sur place par Le Corbusier dix ans plus tard. Ce travail au titre mystérieux sonnant comme du langage crypté – E-1027+123 – invite à pénétrer dans des méandres de transparence et d’opacité et à se perdre dans la matérialité photographique grâce aux grands formats. La présentation d’une vingtaine d’images est complétée par une grande tapisserie, pan récent de recherche du photographe.

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Stéphane Couturier. Eileen Gray / Le Corbusier [E-1027+123]

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

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Catalogue de l'exposition

David Armstrong, les archives d’une vie à Luma Arles

David Armstrong, Cookie, Bruce, Sharon, Max and Linda at Herring Cove, Provincetown
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David Armstrong, Cookie, Bruce, Sharon, Max and Linda at Herring Cove, Provincetown, 1975

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Courtesy Succesion David Armstrong

Moins connu que Nan Goldin et Philip-Lorca diCorcia, les deux figures de proue de la Boston School à laquelle il appartient, David Armstrong revient pour la deuxième fois aux Rencontres. Fruit d’une plongée dans les archives du photographe décédé en 2014, l’exposition réunit quelque 150 tirages noir et blanc, des planches-contacts et des images en couleur présentées sur des écrans. Couvrant la période 1980–2000, ce volet de son œuvre mêle clichés intimes et un New York évanescent, métaphore de la fragilité de l’existence de ces années sida.

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David Armstrong

Du 5 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.luma.org

Louis Stettner, photographe de l’état du monde à l’espace Van Gogh

Louis Stettner, Pêcheur, Ibiza
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Louis Stettner, Pêcheur, Ibiza, Vers 1960–1962

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Courtesy Archives Stettner, Saint-Ouen

Quand on lui demandait ce qui l’intéressait dans la photographie, Louis Stettner répondait : « Interpréter le monde autour de moi, surtout la condition humaine. […] Révéler ce qu’on ne voit pas d’emblée […] Trouver du sens dans la souffrance et ce qui nourrit l’âme. » Souvent présentée comme la synthèse de la street photography américaine et du courant humaniste français, son œuvre accomplie de part et d’autre de l’Atlantique court des années 1940 à 2010. Égrenant son parcours en 150 images et des documents issus de ses archives, l’exposition raconte le monde par petites touches : instants furtifs dans le métro ou dans les rues de New York (sa ville natale), la vie parisienne de l’après-guerre, le combat féministe, les luttes contre le racisme et la pauvreté dans les années 1970, et bien des surprises. Délicat et puissant.

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Le monde de Louis Stettner (1922-2016)

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

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Catalogue de l'exposition

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Louis Stettner

Préface de Virginie Chardin

Des camions maquillés comme des voitures volées au Jardin d’été

Louise Mutrel, Light Show, rassemblement dekotora, Aichi, Japon
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Louise Mutrel, Light Show, rassemblement dekotora, Aichi, Japon, 2024

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Courtesy Louise Mutrel

Ça rutile, ça s’allume… c’est beau comme un camion. Bienvenue dans un monde à part : celui des dekotora (camions décorés) et du tuning automobile à la japonaise, une pratique culturelle remontant aux années 1970, héritée de la présence américaine au pays du Soleil Levant. Après cinq ans de recherche, Louise Mutrel a sillonné Osaka, Hiroshima, Tokyo, Kyoto ou Chiba dans le cadre de sa résidence à la Villa Kujoyama. Partie à la rencontre des passionnés de camions, motos ou vélos customisés, elle est entrée dans leurs garages et a assisté à leurs rassemblements clandestins organisés à la tombée de la nuit sur des parkings. Un travail documentaire parachevé par des portraits de ces engins pop tenant autant du véhicule que de la créature fantastique échappée d’un manga.

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Louise Mutrel. Only You Can Complete Me

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.rencontres-arles.com

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Catalogue de l'exposition

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Arles – Les Rencontres de la photographie 56e édition « Images indociles »

Du 7 juillet au 5 octobre 2025

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Arles Books Fair avec France Photobook

Du 8 au 12 juillet 2025

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Catalogue Les Rencontres d’Arles 2025

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Soirées au Théâtre antique

Du 7 au 11 juillet 2025

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Festival OFF Arles

Du 7 juillet au 5 octobre 2025

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Application mobile Arles 2025

Gratuite, elle contient billets, plan de la ville et documentation sur la programmation.

Plus d’informations sur le site des Rencontres de la photographie d’Arles

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