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À la galerie Perrotin, Emi Kuraya rêve de ciels clairs et de liberté

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Publié le , mis à jour le
Héritière de l’esthétique des mangas japonais, Emi Kuraya dévoile une série de toiles inédites entre les murs de la galerie Perrotin, qui lui offre sa première exposition en Europe. Un défilé de jeunes filles aux grands yeux brillants, illustration d’un quotidien adolescent avide de liberté.
Portrait d’Emi Kuraya devant “Flying Dog and Girl”
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Portrait d’Emi Kuraya devant “Flying Dog and Girl”

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Photo : Claire Dorn ©︎ Emi Kuraya / Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved. Courtesy Perrotin

Ce ne sont pas des autoportraits. Emi Kuraya (née en 1995) a beau avoir la même frange brune que ses personnages, la même allure gracile et juvénile… Elle ne multiplie pas les toiles comme autant de miroirs, même si, admet-elle, il y a peut-être un petit quelque chose d’elle-même projeté sur la toile. De fait, les environnements qu’elle peint en arrière-plan ont beau être ordinaires – ce sont des rues résidentielles, des parkings, des supermarchés… -, tous sont inspirés d’endroits qu’elle « connait par cœur », nous confie-t-elle, saisis dans le département de Kanagawa, au Japon, où elle vit et travaille.

À la galerie Perrotin, où elle est exposée jusqu’au 23 septembre, sa toile Flying Dog and Girl (2023) est sans doute la plus importante de l’exposition. Car c’est la première de la série, d’une part, et car elle signe l’envie de liberté de son autrice. « Quand j’ai peint ce tableau, je me suis dit que j’étais tout à fait libre de faire voler une petite fille et un chien. Cette liberté m’a semblé très inspirante. » En se détachant du sol, Emi Kuraya s’est ouverte à des mises en scène éthérées, habitées de légèreté et de douceur, poétiques et mélancoliques comme le silence d’un ciel d’été. Se rapprochant du réalisme, elle a poursuivi ce travail avec d’autres portraits flottants, cette fois-ci grâce à la cabine d’une grande roue de fête foraine (Ferris Wheel: Girl, 2023).

Emi Kuraya, Ferris Wheel: Girl
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Emi Kuraya, Ferris Wheel: Girl, 2023

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Huile et acrylique sur toile • 181.8 × 227.3 × 3.7 cm • ©︎ 2023 Emi Kuraya / Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved. Courtesy Perrotin

Les autres compositions sont inspirées de scènes de vie. Les jeunes femmes sont saisies dans un moment de pose, plongent leurs yeux humides dans ceux du visiteur. Le plus souvent, elles sont placées au centre de la toile, parfaitement cadrées devant un paysage finement représenté. La peintre semble les avoir interpellées et arrachées un instant à leur trajet vers l’école, le métro ou la maison familiale pour capturer un discret sourire, une pose farouche, un instant de vie. Un peu intimidées pourrait-on dire par une telle mise en valeur, ses modèles sont gracieuses, trop mignonnes avec leurs petites joues roses… Et pourtant, ainsi figées, elles semblent renfermer un mystère, un secret, une blessure peut-être. « Je cherche à éveiller l’intérêt du visiteur, et son imaginaire », nous dit Emi Kuraya.

Emi Kuraya, Sans titre
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Emi Kuraya, Sans titre, 2023

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Aquarelle • 31.8 × 24.9 cm • ©︎ 2023 Emi Kuraya / Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved. Courtesy Perrotin

L’artiste, qui a fait ses études à l’Université Tama Art de Tokyo, compose chaque peinture à partir de dessins à l’aquarelle (dont plusieurs sont réunis dans la dernière salle de l’exposition) et de photographies. Elle obtient cette palette si singulière de tons très pâles en travaillant la peinture à l’huile par retrait, en l’appliquant sur la toile puis en la tamponnant à l’aide de mouchoirs. Cela lui permet d’obtenir une matière fine, aérienne, très proche en définitive du flottement créé par ses mises en scène…

Repérée par la grande star de l’art Takashi Murakami (également représenté par la galerie Perrotin) qui lui a proposé de rejoindre sa société d’artistes Kaikai Kiki en 2018, Emi Kuraya raconte être une grande lectrice de mangas. Elle explique aussi dessiner depuis l’enfance, et avoir envisagé l’art comme une sorte de bouée de sauvetage (« Chaque jour, je me motivais à aller au lycée en me disant qu’après les cours, je pourrais passer du temps à dessiner et à peindre dans la salle d’arts plastiques »). Ainsi la pratique artistique a très tôt été synonyme pour elle d’échappée, de liberté, d’explorations.

Emi Kuraya travaille ainsi entre fiction et réalité, entre rêve et quotidien – entre ciel et terre, donc. Elle détaille : « J’utilise des photographies pour représenter des paysages de façon à ce qu’ils semblent réalistes à première vue, mais au centre se trouvent des figures stylisées comme des personnages de fiction. Moi-même, je m’interroge sur qui sont ces gens, et je réalise mes œuvres comme si je cherchais à sonder leur identité. » Un mystère demeure donc, ce malgré l’apparente clarté de ces compositions héritières de la culture pop japonaise. À voir !

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Emi Kuraya. Walking in the Sky

Du 2 septembre 2023 au 23 septembre 2023

leaflet.perrotin.com

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