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Georgia O’Keeffe en 2 minutes

En bref

Avec leurs courbes souples et évasées, leurs couleurs flamboyantes, les fleurs quasi abstraites de Georgia O’Keeffe (1887–1986) sont des toiles majeures de l’art moderne américain. Femme du photographe Alfred Stieglitz, elle développa une œuvre solitaire, tournée vers l’observation de la nature et des paysages. Amoureuse du Nouveau-Mexique, elle y vécut une grande partie de sa vie, la tête dans les nuages. Georgia O’Keeffe incarne un visage particulier de l’abstraction : biomorphique, sensuelle, subjective et méditative. En 2014, sa toile Jimson Weed/White Flower No. 1 est devenue l’œuvre la plus chère vendue pour une artiste femme.

Georgia O’Keeffe par Alfred Stieglitz en 1927
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Georgia O’Keeffe par Alfred Stieglitz en 1927

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Coll. The Museum of Modern Art, New York • © Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence

Elle a dit

« Si vous prenez une fleur dans votre main et l’observez réellement, elle devient votre monde. »

Sa vie

Née dans une famille de fermiers américains du Wisconsin, rien ne prédisposait Georgia O’Keeffe à s’intéresser à l’art. Pourtant, elle se passionne très jeune pour le dessin. À Chicago, puis à New York, elle fréquente de grandes écoles d’art. Elle est notamment l’élève du peintre impressionniste William Merritt Chase.

C’est à New York que O’Keefe découvre le monde de l’avant-garde, en fréquentant la galerie 291 fondée par le photographe pictorialiste Alfred Stieglitz. N’étant pas certaine de parvenir à devenir peintre, elle hésite plusieurs années. Fine aquarelliste, elle revient finalement à la peinture en 1912, en travaillant aux côtés de l’un des pionniers de l’abstraction américaine, Arthur Dove. Elle dessine également au fusain, et enseigne pour vivre dans une ville du Texas.

Ses fusains plairont à Stieglitz qui accepte de les exposer. Georgia O’Keefe s’installe de nouveau à New York en 1918. Tous les deux tombent amoureux et se marient en 1924. Il la photographie abondamment et la fait pénétrer dans son cercle d’amis artistes. Plus tard, leur union devient plus distante, Stieglitz multipliant les infidélités.

Georgia O’Keeffe trouve pleinement son sujet d’inspiration dans les fleurs et les formes naturelles, souvent observées en gros plan. Son style est proche de l’abstraction, plus organique et lyrique que géométrique. Elle place ses pas dans ceux de Kandinsky qu’elle admire. Georgia O’Keeffe s’intéresse également à l’architecture et au paysage urbain.

L’artiste prétendait détester les fleurs, et pourtant elles constituent ses principaux modèles. Elle se montra fascinée par la beauté des détails observés dans la nature, l’étrangeté et la précision des formes. Ses œuvres, au cadrage audacieux, évoquant parfois les estampes japonaises, dégagent quelque chose de mystique et de surréaliste.

L’été, Georgia O’Keeffe aime se rendre au Nouveau-Mexique et fréquente l’écrivain D.H. Lawrence. Les années trente sont une traversée difficile car elle souffre de dépression et doit remiser ses pinceaux. La fin de la décennie et les années quarante seront plus clémentes pour l’artiste, qui bénéficie de plusieurs expositions majeures. Elle perd cependant son époux en 1946. Dès lors, elle s’installe au Nouveau-Mexique, peignant les nuages.

C’est dans un ranch monacal, au milieu de terres arides de l’Ouest américain, qu’elle passe les quarante dernières années de sa vie, affaiblie par de graves problèmes de vue. Dix ans après son décès, un musée réunissant son œuvre est ouvert en 1997 à Sante Fe.

Ses œuvres clés

Georgia O'Keeffe, The Lawrence Tree
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Georgia O’Keeffe, The Lawrence Tree, 1929

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Huile sur toile • 78,7 × 101,6 cm • Coll. Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford • © Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford / © Georgia O’Keeffe Museum / Adagp, Paris, 2020

The Lawrence Tree, 1929 

Cette toile fut peinte par Georgia O’Keeffe dans le ranch de son ami l’écrivain D.H. Lawrence. La perspective est étonnante et inhabituelle, la peintre saisissant le pin en totale contre-plongée. Les couleurs s’éloignent du réel, sans verser totalement dans l’imaginaire. Avec ses branches et son feuillage noir s’épanouissant dans un ciel étoilé, l’arbre devient une forme libre et mystérieuse.

Georgia O'Keeffe, Iris Noir
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Georgia O’Keeffe, Iris Noir, 1926

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Huile sur toile • 91,5 × 75,9 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / Malcom Varon / © Georgia O’Keeffe Museum / Adagp, Paris, 2020

Iris noir, 1926 

Représentative de l’œuvre de Georgia O’Keeffe, Iris noir oscille entre figuration et abstraction. On ne saurait ignorer ici l’analogie entre la fleur et le sexe féminin, peut-être inconsciente, car l’artiste rejetait de telles interprétations. Le cœur de la fleur, saisi en très gros plan, apparaît comme une forme délicate aux coloris subtils. L’œuvre est, en tout cas, une porte ouverte vers la méditation intérieure.

Georgia O'Keeffe, Black Mesa Landscape, New Mexico
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Georgia O’Keeffe, Black Mesa Landscape, New Mexico, 1930

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Huile sur toile sur panneau de bois • 61,6 × 92,1 cm • Coll. Georgia O’Keeffe Museum, Santa Fe • © akg-images / © Georgia O’Keeffe Museum / Adagp, Paris, 2020

Black Mesa Landscape New Mexico, 1930

Les paysages tiennent une place essentielle dans l’œuvre de Georgia O’Keeffe. Ils sont désertés de personnages, concentrant une lumière crue dans les replis des roches et sur le sable du désert. Le Nouveau-Mexique a exercé une véritable fascination sur l’imaginaire de l’artiste. On y perçoit une dimension mystique, presque chamanique.

Par • le 30 novembre 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Georgia O’Keeffe

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