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À Londres, la Courtauld Gallery va exposer… des faux

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Umberto Giunti, Faux à la manière de Sandro Botticelli, Vierge à l’Enfant
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Umberto Giunti, Faux à la manière de Sandro Botticelli, Vierge à l’Enfant, 1920

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Huile sur bois • The Courtauld, Londres • Samuel Courtauld Trust © The Courtauld

La Courtauld Gallery n’a pas peur d’assumer certaines de ses erreurs passées ! Du 17 juin au 8 octobre, ce respecté musée d’art londonien présentera une exposition intitulée « Art et artifice » qui réunira une trentaine de faux de sa propre collection (7 peintures et 25 dessins), jadis pris pour des originaux de grands artistes. Des « contrefaçons remarquables », dont le public pourra découvrir l’histoire et la manière dont elles ont été démasquées…

Le but ? Réfléchir sur la notion d’œuvre originale et sur le lien entre authenticité et valeur, en montrant que certains faux peuvent être si convaincants qu’ils parviennent à flouer les plus grands experts. Parmi les œuvres présentées figurera une prétendue Entremetteuse de Dirck Van Baburen (1595–1624), exécutée en réalité par Han van Meegeren (1889–1947), faussaire de génie dont les imitations de maîtres du Siècle d’or néerlandais (Vermeer compris) ont berné les hauts dignitaires nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Cette peinture côtoiera un faux dessin de Pieter Brueghel l’Ancien, une aquarelle qu’on croyait de la main de John Constable, ou encore une œuvre du prolifique contrefacteur britannique Eric Hebborn (1934–1996).

John Constable (fils), Seascape
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John Constable (fils), Seascape, XIXe siècle

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aquarelle • Coll. Courtauld Institute, Londres • © Samuel Courtauld Trust

Jusqu’à ce que Kenneth Clark remarque une ressemblance suspecte entre la madone et Jean Harlow.

La pièce la plus marquante de l’exposition sera sans doute l’inauthentique mais superbe Vierge à l’Enfant de Sandro Botticelli (1445–1510), acquise à grands frais par le vicomte anglais Arthur Lee de Fareham en 1930, puis entrée en 1947 dans les collections de la Courtauld Gallery, où elle fut fièrement exposée comme un original… Jusqu’à ce que Kenneth Clark, alors directeur de la National Gallery, remarque une ressemblance suspecte entre cette madone et la célèbre actrice américaine Jean Harlow (1911–1937). Le musée effectue alors des analyses plus poussées, grâce à de nouveaux outils. Verdict ? Ce tableau contient des pigments trop récents et a été peint non pas à la Renaissance mais dans les années 1920, sans doute par l’habile faussaire toscan Umberto Giunti (1886–1970) !

Ce thème de la contrefaçon, qui a également été exploré par d’autres musées, dont la National Gallery et le Victoria & Albert Museum de Londres, se révèle aussi fascinant qu’inquiétant, les départements spécialisés des polices européennes estimant qu’environ 40 % des œuvres en circulation sur le marché de l’art seraient des faux…

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Art and Artifice: Fakes from the Collection

Du 17 juin 2023 au 8 octobre 2023

courtauld.ac.uk

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