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John Constable en 2 minutes

En bref

Grand observateur de la nature, John Constable (1776–1837) fait partie des princes du paysagisme anglais aux côtés de William Turner. Loin de la tradition classique, ce peintre de la campagne a développé une véritable philosophie de la nature : elle seule est source de vérité. L’artiste s’illustre dans les scènes de la vie rurale, sans recherche du pittoresque, et en accordant une importance majeure au traitement des nuages et de la lumière. L’Angleterre, avec ses bocages, ses vertes prairies et ses contées rustiques, a été une terre propice au développement d’une approche révolutionnaire de la peinture de paysage qui a inspiré les romantiques français, en particulier les peintres de Barbizon.

Daniel Gardner, Portrait de John Constable âgé de 20 ans
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Daniel Gardner, Portrait de John Constable âgé de 20 ans, 1796

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Tempera sur toile • 58,4 × 45,7 cm • Coll. Victoria & Albert Museum, Londres • © Bridgeman Images

Il a dit

« Je suis né pour peindre mon propre pays, ma chère Angleterre. »

Sa vie

Né dans le comté de Suffolk, le jeune Constable est destiné à une carrière d’ecclésiastique par son père, un riche marchand de grains. Finalement, le garçon, encouragé par le peintre et collectionneur Georges Beaumont, est envoyé étudier à la Royal Academy de Londres auprès du paysagiste Joseph Farington. Il y fait la connaissance de William Turner.

Plus que la peinture d’histoire ou le portait (deux genres auxquels il s’est essayé), c’est le paysage qui attire Constable… La campagne anglaise, qu’il ne quittera pratiquement jamais, est son terrain de prédilection. L’artiste cherche à rendre la nature, le terroir, sans idéalisation mais en se concentrant sur les phénomènes tels que le vent, les nuages, les brèves éclaircies.

L’approche de Constable est nourrie d’une véritable philosophie : la quête d’authenticité et de sincérité, au détriment d’une lecture plus sociologique de la vie dans les campagnes. La condition des paysans ne l’intéresse pas. Il préfère fixer le caractère séculaire des travaux des champs, et annonce Jean-François Millet. L’œuvre de Constable est à la fois humble et pleine d’humanité, d’une « manière naturelle et sans prétention », comme il le précise lui-même.

Confortablement marié, père de sept enfants, Constable peut s’adonner tout entier à sa passion. En 1820, il se fixe à Hampstead, près de Londres. L’artiste travaille à ses études en plein air, variant les horaires et les saisons, puis réalise ses toiles en atelier. Il excelle particulièrement dans les petits formats.

En 1824, sa toile La Charrette de foin est exposé au Salon parisien et reçoit une médaille d’or. Le naturalisme de Constable marque les peintres français, notamment Eugène Delacroix et les artistes de l’école de Barbizon.

Veuf en 1828, membre de la Royal Academy en 1829, il décède prématurément en 1837. Sa mort interrompt sa trop brève carrière officielle.

Ses œuvres clés

John Constable, La Charrette de foin
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John Constable, La Charrette de foin, 1821

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Huile sur toile • 130 × 185 cm • Coll. National Gallery, Londres • © Collection Dagli Orti / National Gallery Londres / Eileen Tweedy / Aurimages

La Charrette de foin, 1821

Grande toile peinte en atelier à l’aide d’esquisses en plein air, La Charrette de foin est passée inaperçue en Angleterre mais a connu le succès au Salon de Paris en 1824. Elle déclenche des commentaires admiratifs de Stendhal et de Delacroix, et obtient une médaille d’or. L’œuvre représente un paysage familier au peintre. On y voit la maison du fermier Willy Lott, non loin de l’exploitation de son père. Les paysans sont occupés à leurs travaux quotidiens. Comme à son habitude, Constable représente un ciel à la météo changeante. La lumière est matérialisée à l’aide de larges touches de blanc.

John Constable, Étude de nuages
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John Constable, Étude de nuages, 1822

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Huile sur papier • 47,6 × 57,5 cm • Coll. Tate Britain, Londres • Photo © Tate, Creative Commons CC-BY-NC-ND (3.0 Unported)

Étude de nuages, 1822

Cette importante étude témoigne de la fascination de Constable pour la formation des nuages, un phénomène observé sur le vif et qu’il a également étudié dans des ouvrages spécialisés (l’étude scientifique des nuages remonte au XVIIIe siècle). Il rend particulièrement bien les effets de volumes de ces masses fragiles et mouvantes. Ces études inscrivent Constable comme un annonciateur de la peinture impressionniste, attentive aux changement atmosphériques et saisonniers.

John Constable, La Cathédrale de Salisbury vue des prés
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John Constable, La Cathédrale de Salisbury vue des prés, 1831

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Huile sur toile • 152 × 190 cm • Coll. National Museum, Cardiff • © Bridgeman Images

La Cathédrale de Salisbury vue des prés, 1831

Ce paysage représente la majestueuse architecture médiévale de la cathédrale de Salisbury, une ville où habitait l’un des meilleurs amis de Constable. L’artiste s’intéressait à ce motif depuis une dizaine d’années, et cette toile est l’aboutissement de ses recherches. L’étrangeté de la scène tient à la présence d’un arc-en-ciel, placé tardivement. Son irruption ajoute un caractère surnaturel au paysage, marqué par une grande instabilité atmosphérique.

Par • le 17 février 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Romantisme John Constable

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