En partenariat avec Fondation groupe EDF

Viguier, Architecture Urbanisme Paysage
© Stéphane Minnesota
L’artiste s’est toujours nourri de nature. Depuis les temps les plus reculés, il la scrute, la dessine, la peint… Mais depuis peu (à l’échelle de l’humanité), quelque chose a changé. À l’ère de l’anthropocène, celle qui met l’humain au centre, et dont les activités modifient durablement la Terre, la nature est devenue pour les artistes une matière pour alerter, nous faire penser… Et pourquoi pas rêver ? C’est là le propos de l’exposition qui s’enracine jusqu’à l’orée de l’été, à la Friche la Belle de Mai, sous le soleil de Marseille.
En co-production entre la Friche la Belle de Mai et la Fondation groupe EDF acteur engagé, sous le commissariat de Paul Ardenne, dans les domaines de l’éducation, de la culture et de l’écologie, « Âmes Vertes. Quand l’art affronte l’anthropocène » joue sur la fibre sensible de 22 artistes et de cinq architectes en moissonnant la question environnementale, au travers d’installations, de photographies, de tapisseries, de sculptures et de maquettes architecturales.
La dépression verte ? Très peu pour les plasticiens présentés sur les deux plateaux de la Friche la Belle de Mai. Déployées sur 1 400 m2, leurs œuvres entendent avec résilience réveiller nos « âmes vertes ». Le regard du visiteur butine, sans parcours imposé. On peut se poser devant Twin Oaks, le film d’Édith Roux (née en 1963) consacré à une communauté écoresponsable fondée en Virginie en 1967, ou admirer l’installation de lampes en cire et de mobiliers sculptés en bois de Tiphaine Calmettes (née en 1988), laquelle conçoit l’art comme un espace de rassemblement et de réflexion collective.
Elvia Teotski, Vue de l’expostion « Âmes vertes » à la Friche Belle de Mai. À droite : « Sans fin », 2022 ; À gauche : « Ce que je ne perçois pas, je ne m’y oppose pas », 2024
© Caroline Dutrey
Scientifiques eux-mêmes – à l’instar de Elvia Teotski, ingénieure agronome née en 1983 – ou pétris des dernières recherches, certains talents creusent le sillon d’un art au service de l’écologie. Jérémy Gobé (né en 1986) a mis au point une résille capable de protéger les coraux qui se meurent à cause du réchauffement des océans. Dans la même veine, l’artiste arboriculteur Thierry Boutonnier (né en 1980) mène sa bataille pour la culture de la cerise tout en valorisant l’agriculture verte.
Rien ne se perd… À la nature, l’art applique les grands adages. Avec une imagination sans frontières, les artistes recyclent et magnifient la matière végétale, comme la cire d’abeille avec l’œuvre de Tiphaine Calmettes . D’autres, tels que Christiane Geoffroy, Lucy + Jorge Orta ou Alexa Brunet, passent par la création afin d’alerter sur les périls et les pratiques nocives pour l’équilibre écologique.
Christiane Geoffroy, La Dérive des continents version 2024
© André Morin
Au cœur de cette aventure, l’architecture tient naturellement une place centrale comme le montrent les projets de AAVP Architecture, Ferrier Marchetti Studio, Manuelle Gautrand, ou Viguier. Exemple avec « Eden Square », bâtiment de Christian Hauvette construit près de Rennes, à Chantepie, en 2012 ; soit 87 logements green, pionniers en termes d’empreinte carbone minimale, et qu’on voudrait voir pousser un peu partout comme des champignons.
Âmes vertes - Quand l’art affronte l’anthropocène
Du 8 février 2025 au 1 juin 2025
Friche la Belle de Mai • 41, rue Jobin • 13003 Marseille
www.lafriche.org
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