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Charles Fréger, School Chalo, 2016
133 x 101 cm • © Charles Fréger
« La Jeunesse en France », « La France vue d’ici », « Les Regards du Grand Paris »… l’année 2017 aura été marquée par le dévoilement de commandes photographiques d’une importance et d’une qualité rare. Et ce n’est pas terminé. L’été se conclut par la mise au jour d’une nouvelle commande, plus modeste, plus confidentielle aussi, mais non moins intéressante. Elle fait dialoguer un sujet résolument ouvert et universel avec des écritures photographiques singulières : c’est sur le thème du voyage ordinaire que l’association l’Art à l’Ouest a choisi d’entraîner quatre photographes français. Tous ont répondu à la commande en choisissant un pays, un lieu, un univers à explorer et, conscients de la rareté d’une telle carte blanche, ont relevé le défi avec brio. Jusqu’au 8 octobre, leurs travaux sont exposés à la galerie des Franciscains à Saint-Nazaire et sur les Abribus de la ville.
Mais c’est la mobilité quotidienne sous son aspect le plus exotique, le plus chaotique, le plus charmant aussi et en tout cas le plus singulier, qui a retenu l’attention de la plupart des photographes : tuk-tuk, rickshaws, bus d’un autre temps… que ce soit en Inde ou en Égypte, ces engins se retrouvent au centre du projet « Voyage ordinaire ». En commençant d’ailleurs par la nouvelle du romancier Christian Garcin, intitulée D’un point l’autre, qui présente le projet en nous plongeant directement dans le vertigineux et miraculeux chaos qu’est la circulation indienne.
Charles Fréger, School Chalo, 2016
133 × 101 cm • © Charles Fréger
Avec sa série « School Chalo », Charles Fréger – photographe reconnu aujourd’hui dans le monde entier comme le « portraitiste des communautés » – nous transporte au cœur du quartier de Chandni Chowk à New Dehli. À travers des scènes ordinaires de ramassage scolaire, avec à chaque fois le même protocole de prise de vue et un sens de la mise en scène qui ferait presque douter de l’authenticité de la situation, il donne à voir la diversité de la société indienne.
Ambroise Tézenas, Routes
30×40cm • © Ambroise Tézenas
Avec « Bangalore-Bombay », Ambroise Tézenas a pu réaliser un rêve : esquiver chauffeurs privés et transports en commun pour faire un road-trip, seul à travers l’Inde. De nuit, sur les bords de route, il saisit toute l’ambiance de ces dhabas où l’on s’arrête boire un chai pour ne pas s’endormir. Le jour venu, il sort de ses habitudes artistiques pour réaliser de magnifiques portraits dans les gares d’autobus.
Denis Dailleux, Tuk-Tuk
30×30 cm • © Denis Dailleux
Originellement nés en Asie, les tuk-tuk ont depuis quelques années envahi les rues du Caire et de sa banlieue. Mais avec cette série de Denis Dailleux – qui a réalisé l’essentiel de son travail dans cette ville – l’enjeu dépasse la mobilité en elle-même. Car derrière les chauffeurs qu’il fait poser devant leurs tricycles pétaradants, c’est le chaos d’une ville détruite, désolée et terriblement poussiéreuse que le photographe donne à voir.
Jérôme Blin, Aller-Retour
133×107 cm • © Jérôme Blin
Mystérieuse et énigmatique, la série « Aller-Retour » du photographe Jérôme Blin évoque immédiatement un sentiment d’inquiétude. À partir d’une réalité qu’il connaît bien – celle des trajets de nuit vers les usines des environs de Saint-Nazaire – il reconstruit un nouvel univers, ultra-cinématographique et finement construit. Même ordinaire, le voyage peut nous conduire sans aucun doute sur les territoires du rêve…
À lire
Voyage ordinaire, ouvrage collectif
Éditions Le Bec en l’air • 124 p. • 32 €
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