Art contemporain

Au musée Guimet, Manish Pushkale déploie un fascinant panorama

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Portrait de l’artiste Manish Pushkale
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Portrait de l’artiste Manish Pushkale

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© Courtesy de la galerie Akar Prakar et de l’artiste

Après Wang Keping, Park Dong-Soo ou Duy Anh Nhan Duc, le musée Guimet poursuit son exploration de la création contemporaine en confiant son dernier étage à l’Indien Manish Pushkale (né en 1973). Peintre, coutumier des petits et moyens formats, l’artiste a découvert à l’occasion de cette carte blanche l’audace du monumental, et a développé l’idée d’une œuvre qui s’emparerait en un seul tenant de l’ensemble de l’espace de la rotonde : une peinture de plusieurs mètres de longueur, dont la structure pliante à la façon d’un leporello ou d’un paravent suit la forme d’un S et donne naissance à un parcours sensoriel.

Manish Pushkale, Détail de l’installation « To Whom the Bird should speak? »
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Manish Pushkale, Détail de l’installation « To Whom the Bird should speak? », 2023

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© Courtesy de la galerie Akar Prakar et de l’artiste

Le visiteur est ainsi convié à un face-à-face total avec l’œuvre, dans laquelle il peut entrer, sortir, tourner autour, et se perdre un peu. Se perdre, malheureusement comme la langue aka-bo : parlée par la tribu Bo sur l’archipel d’Andaman en Inde, celle-ci s’est éteinte il y a dix ans, malgré sa beauté qui la faisait ressembler à un « chant des oiseaux » (c’était son surnom !). Pour lui rendre hommage, Manish Pushkale a choisi de mélanger sur la toile les matériaux contemporains et anciens, faisant dialoguer des pigments naturels venant d’Andaman et de l’acrylique, des cristaux Swarovski et du papier de riz népalais pour former une vaste fresque abstraite, tellurique, cosmique, charnelle, sorte de cartographie sensible d’un monde fragile.

« Ce travail, nous a expliqué l’artiste de passage à Paris, m’a fait sortir de mes frontières. Il a fait de moi un homme libre. » À cette peinture s’est ajouté un travail sur le son composé de deux inspirations différentes, travaillées à partir de bols tibétains et de chants de moineaux : « le son de la galaxie, du cosmos, et le son des oiseaux », clin d’œil musical à la langue aka-bo. Car si l’ensemble est d’une beauté à couper le souffle, et éveille la sensualité comme la joie du visiteur, le message est grave, insiste Manish Pushkale : « les claviers vont nous faire perdre nos langues, nos écritures ! Mon travail pointe directement cette disparition. » Se battre en beauté contre un désastre : la mission est précieuse…

Portrait de Manish Pushkale devant l’installation «To Whom the Bird should speak? », 2023

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© Courtesy de la galerie Akar Prakar et de l’artiste

Manish Pushkale, Détail de l’installation «To Whom the Bird should speak? », 2023

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© Courtesy de la galerie Akar Prakar et de l’artiste

Manish Pushkale, Détail de l’installation «To Whom the Bird should speak? », 2023

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© Courtesy de la galerie Akar Prakar et de l’artiste

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Carte blanche à Manish Pushkale

Du 18 octobre 2023 au 4 mars 2024

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