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“Happening Tempête” de Boris Charmatz au Grand Palais Éphémère, du 12 au 13 juin
© Maxime Têtard-RMN / Grand Palais, 2021
« Dans cet espace, il faut vraiment accentuer les contrastes : ce qui est lent doit être plus lent, ce qui est rapide doit être plus rapide, ce qui est léger doit être plus léger, ce qui est lourd doit être plus lourd. » À une semaine de la première de Happening Tempête, Boris Charmatz a un œil sur tout. C’est pour lui la dernière occasion de donner des conseils, rectifier des enchaînements et vérifier les positions des 144 danseurs répartis dans la nef du Grand Palais Éphémère, ouverte sur la tour Eiffel et l’École militaire. Pour l’aider, le chorégraphe peut compter sur une dizaine de danseurs professionnels, qui transmettent ses consignes et préparent cette performance depuis des mois.
La situation sanitaire a complexifié cette production mais elle en a aussi façonné les contours. Les échauffements se font par groupes mais chacun danse seul ; au sol, des croix indiquent le placement des danseurs, respect des règles de distanciation sociale oblige. La possibilité de jouer devant un public, enfin, réjouit Boris Charmatz. « N’oubliez pas de regarder le public, de l’inclure à la chorégraphie, il faut créer de l’échange », reprend le chorégraphe. En janvier, La Ronde, sa précédente proposition pour la RMN, s’était jouée à huis clos devant les caméras de France Télévisions, qui avaient alors retransmis l’événement.
Répétitions de Marlène Saldana et Frank Willens pour « La Ronde » au Grand Palais
Photo © Marc Domage, Rmn – Grand Palais
En attendant le jour J, des chaises de jardin marquent la limite de la scène et figurent les futurs spectateurs. Les danseurs venus d’horizons différents (jeunes artistes du conservatoire ou des beaux-arts, danseurs professionnels venus notamment de la compagnie de l’Oiseau-Mouche, employés de la RMN…) s’y retrouvent pour souffler entre deux répétitions. Jusqu’à présent chacun avait travaillé à distance, suivi des entraînements en visio ou en petits groupes. Le changement d’échelle est grisant !
La performance de trois heures est composée de multiples séquences qui se succèdent et se répètent autour de mots-clés comme la chute, l’amour, la révolte ou la fête. Chaque danseur est maître de ses gestes qu’il peut choisir librement mais interprète dans un même mouvement collectif. Boris Charmatz imagine ce Happening Tempête comme un exutoire, un évènement jubilatoire et libérateur. Le déferlement d’énergie ne fait pourtant jamais oublier au chorégraphe son exigence. « Soyez précis dans vos gestes. Quoi que vous fassiez, il faut que vous sachiez pourquoi vous le faites et que vous parveniez à le transmettre. » Le projet par son ampleur invite à se réunir. Première manifestation au Grand Palais Éphémère, cette danse, qui incite à se relever après chaque chute, tient aussi d’une exhortation à la résilience.
Happening Tempête
Du 12 juin 2021 au 13 juin 2021
Grand Palais Éphémère • 2 Place Joffre • 75007 Paris
www.grandpalais.fr
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