En partenariat avec Musée d'art moderne André Malraux

Albert Marquet, Le Havre, 1906
Huile sur toile • 61 x 81 cm • Collection Bührle, en prêt à long terme au Kunsthaus Zürich • © Fondation collection Emil Bührle, Zürich/Kunsthaus Zürich
Albert Marquet, Le Havre, Bassin du Roy, 1906
Symétrie parfaite
Son chevalet planté un peu en surplomb du Bassin du Roy, l’un des bassins qui composent le port du Havre, Marquet consacre plus de la moitié de cette toile à la surface aquatique délimitée par un arc de cercle qui, tel un miroir arrondi, dédouble le bleu pâle et lumineux du ciel. En quelques coups de pinceau, l’artiste y restitue les reflets légèrement ondulants des lampadaires et des maisons qui bordent le quai avec une simplicité virtuose !
Huile sur toile • 65 x 80,5 cm • Musée des Beaux-Arts de Caen, dépôt du Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Claude Planchet
Albert Marquet, La Plage de Fécamp, 1906
Matelots à la plage
À vélo depuis Le Havre, son chevalet sur le dos, Marquet se rend à Fécamp pour y peindre sa plage. Présenté au Salon d’automne de 1906, ce tableau restitue le paysage en quelques aplats de couleurs. Ces derniers, délimités par des cernes sombres, et semés de petits personnages et bateaux réduits à un ou deux traits de pinceau noirs, ressortent comme les pièces d’un vitrail. L’atmosphère est joyeuse et détendue : au premier plan, sur fond de drapeaux tricolores fêtant le quatorze juillet, deux marins en permission, saisis de dos dans leur uniforme avec bérets à pompons rouges, accompagnent le regard du spectateur et accentuent l’effet de profondeur.
Huile sur toile • 50 x 60,8 cm • Paris, Centre Pompidou, MNAM-CCI, legs Paul Jamot, 1943 • © RMN-Grand Palais/Philipp Bernard
Albert Marquet, Le Port de Honfleur, 1911
Pêche à Honfleur
Séduit par Honfleur dès 1906, Marquet y retourne en 1911 pour poser ses valises à la ferme Saint-Siméon, lieu mythique de l’impressionnisme où Claude Monet a lui aussi séjourné. L’artiste peint ici le petit port de pêche, avec son sémaphore et ses bateaux à voile de pêcheurs, dont il se plaît à restituer les coques décorées d’aplats de couleurs, qu’il souligne de cernes noirs pour les faire ressortir sur l’eau claire.
Huile sur toile • 65 x 81 cm • Winterthur, Kunstmuseum, don de Georg Reinhart, 1933. • © Hans Humm, Zürich
Albert Marquet, Rouen, Quai de Paris, 1912
Quai rouennais
Sans être impressionniste, Marquet s’est inspiré du travail en série de Claude Monet. En 1912, il représente plusieurs fois le même motif : une vue du quai de Paris à Rouen, toujours peint depuis le même emplacement, avec ses déchargements et ses entrepôts de stockage de marchandises. Chaque toile introduit quelques variantes dans la façon dont le paysage est animé : petits personnages, panache de fumée, voiture à cheval, bateaux qui passent, tonneaux en attente… Si bien que mis bout à bout, ces paysages rouennais évoquent une succession de photogrammes !
Huile sur toile • 65,3 x 81 cm • Lyon, Musée des Beaux-Arts • © MBA Lyon/Martial Couderette
Albert Marquet, Régates à la Mailleraye, 1927
Régate limpide
Avec ce tableau particulièrement paisible et lumineux, Marquet représente une course de bateaux à voile à la Mailleraye. En quelques coups de pinceau ondulants, l’artiste restitue la surface scintillante de l’eau animée par le vent, dont la présence (essentielle pour la réussite de l’événement) est soulignée par le drapeau flottant et les voiles blanches tendues des embarcations. Le peintre allie avec succès la vision apaisante de l’eau limpide au premier plan et l’animation de la fête au loin, où s’agitent des drapeaux tricolores…
Huile sur toile • 65 x 81 cm • Bordeaux, Musée des Beaux-Arts • © Mairie de Bordeaux, musée des Beaux-Arts/Frédéric Deval
Albert Marquet, Rouen, vue de Canteleu, temps gris, 1927
Un parfum d’Alger
Dans les années 1920–1930, Marquet n’a toujours pas oublié la Normandie. En 1927, il s’installe à Canteleu et peint depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel toute une série de toiles représentant la ville et le fleuve au loin. Au premier plan, une automobile passe, tandis qu’une végétation luxuriante d’un vert vif invite, dans cette vue française, le souvenir des palmiers et du port d’Alger, qu’il fréquente tous les hivers à partir de 1920.
Huile sur toile • 46 x 60,5 cm • Collection particulière, courtoisie Galerie de la Présidence, Paris • © Giorgio Skory
Albert Marquet, Le Quai du Havre, 1934
Plateau de cinéma
L’exposition se clôt sur cette éclatante représentation du quai de Southampton au Havre datant de 1934. La toile témoigne de l’évolution du style de Marquet, qui devient de plus en plus fin et détaillé. Le peintre y intègre un panneau publicitaire rouge, des grues, des lampadaires et des bateaux ressortant sur de grands aplats de couleurs, et ponctue le quai ensoleillé de passants, réduits à de petits traits verticaux semblables à des signes calligraphiques. Une scène réjouissante qui fait songer à un plateau de cinéma !
Huile sur toile • 65 x 81 cm • Liège, Musée des Beaux-Arts/La Boverie • © Musée des Beaux-Arts de Liège/La Boverie
Marquet en Normandie
Du 22 avril 2023 au 24 septembre 2023
Dans le cadre d’Un été au Havre.
MuMa - Le Havre • 2 Boulevard Clemenceau • 76600 Le Havre
www.muma-lehavre.fr
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Diagonale portuaire
En juillet 1906, Albert Marquet prend une chambre d’hôtel au Havre, où il rejoint son ami peintre Raoul Dufy. Inspiré, il peint dix-huit vues de la ville et de son port, où la surface lumineuse de l’eau, ponctuée de bateaux et de jeux de reflets, occupe une place centrale. L’artiste choisit toujours un point de vue en surplomb et une composition barrée d’une grande diagonale, qu’il scande de petits détails verticaux : mâts, réverbères et passants à peine esquissés au pinceau sur fond de larges aplats de couleurs, moins stridentes que celles de ses amis fauves. Au premier plan, cet amateur de modernité prosaïque ose même inclure une vespasienne, coupée par le cadrage comme sur une photographie !