“Musée sans bâtiment” de Yona Friedman, sur la place du Mont-Blanc
© Artocène 2023 / photo © Julien Gremaud
Cette sensation de rentrer dans la vallée, de s’engouffrer dans un espace et de rétrécir au milieu des gigantesques montagnes… Que ce soit en train ou en voiture, l’arrivée à Chamonix est toujours stupéfiante !
Pour sa troisième édition, le festival Artocène se plonge à nouveau dans les problématiques liées au paysage alpin en questionnant cette année la notion de vide. Répartie entre huit lieux (contre cinq l’an passé), l’exposition principale prend place au musée Alpin (normalement fermé au public car en pleine rénovation) et se prolonge par une déambulation dans la ville qui conduit le visiteur d’hôtels en médiathèque, et de librairies en place publique.
Grande tapisserie réalisée par Bea Bonafini sur la facade de la Folie Douce hôtel.
© Artocène 2023 / photo © Julien Gremaud
Réunissant vingt-huit artistes (sculpteurs, plasticiens, photographes ou vidéastes), la manifestation intitulée « Le Vide comme repère » emballe par la variété des propositions. De plus, près de dix œuvres ont été produites in situ pour mieux entrer en écho avec la vallée de Chamonix, dont celles des deux artistes Bea Bonafini et Ulla von Brandenburg [ill. ci-dessous] issues de résidences au cœur de la montagne. Un processus de création que souhaiteraient développer davantage les commissaires Laurène Maréchal et Laetitia de Chocqueuse.
De cette nouvelle édition, on retiendra l’œuvre de Clément Richem qui reproduit la vallée et ses constructions humaines, jouant du contraste entre l’immensité de la montagne et la petitesse des édifices. À l’hôtel Les Gourmets, on découvre une vidéo de Capucine Vever, La Relève, réalisée sur l’île d’Ouessant, où à travers l’horizon infini l’artiste rend compte du passage permanent de bateaux au loin, véritable autoroute fluviale. Au musée Alpin, Célia Gondol présente, quant à elle, « Ice memories : Désert de Platé », trois bulles en verre soufflé où des traces préhistoriques – fossiles marins, récifs coralliens – ont été moulées pour mieux évoquer ces temps reculés encore vides d’humanité.
L’œuvre de Ulla von Brandenburg à l’intérieur de l’hôtel la Folie Douce.
© Artocène 2023 / photo © Julien Gremaud
Si s’attaquer à une notion aussi insaisissable et vertigineuse que le « vide » peut paraître risqué, le défi est ici relevé haut la main grâce à la pertinence des thématiques choisies : la verticalité pure, propice à l’environnement ; la chute et le vertige, plus physiques ; et enfin les espaces vides et leurs infinies possibilités qui invitent à une approche poétique.
À noter, enfin, que le festival invite Chamoniards et visiteurs de passage à une série d’évènements jusqu’au 23 juillet : performances, conférences, expérience culinaire… Bref, une édition tout sauf vide, qui réussit une nouvelle fois à faire de l’art un versant incontournable du panorama alpin de l’été !
Musée Alpin
89 avenue Michel Croz
Ouvert tous les jours de 13h30 à 19h30. Accès libre.
Folie Douce hôtel
823 all. Recteur Payot
Ouvert tous les jours. Accès libre.
Place du Mont-Blanc
Amphithéâtre extérieur en contre-bas, au bord de l’Arve.
Médiathèque
Route de la Patinoire
Du mardi au samedi de 14h à 18h, jusqu’au 8 juillet. Accès libre.
Librairie Sauvage
178 av. Michel Croz
Du mardi au dimanche de 14h à 18h. Accès libre.
Hôtels Les Gourmets
96 rue du Lyret.
Ouvert tous les jours. Accès libre.
Librairie Ladru
74 rue Joseph Vallot
Vitrine. Ouvert tous les jours. Accès libre.
Quai d’Arve
Façade arrière de l’immeuble Iris galerie.
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