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Musée du Luxembourg

En images, 7 merveilles du cabinet d’art et de curiosités de Dresde

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Porcelaines, objets en ivoire ou en nacre, créations hybrides incluant des coquillages et autres merveilles naturelles… Les princes électeurs de Saxe ont collectionné des œuvres étonnantes conçues entre le XVIe et le XVIIIe siècle, qu’ils ont rassemblées dans un exceptionnel cabinet d’art et de curiosités, qui demeure le joyau des musées de Dresde. Le musée du Luxembourg expose une sélection de ces objets rares, précieux, étranges et baroques à souhait, témoins de l’importance des échanges de matériaux, d’objets et d’influences en cette ère de développement du commerce maritime et de fascination pour les contrées lointaines. Aperçu en sept trésors venus des quatre coins du monde !
Bézoard en filigrane d’or
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Bézoard en filigrane d’or, VIe siècle

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Bizarre bézoard

Pour leurs cabinets de curiosités, les amateurs recherchent avant tout la rareté et l’étrangeté… qualités que possède le bézoard, l’une des bizarreries les plus prisées au XVIIe siècle ! Semblable à une petite pierre en forme d’œuf ou de perle, ce corps étranger, le plus souvent trouvé dans l’estomac des humains ou des animaux ruminants, n’est autre qu’un amas de matières non digérées, comme des poils ou des débris de végétaux. Mais l’origine de ces « pierres » semble à l’époque si mystérieuse qu’on leur attribue des propriétés médicinales ou magiques (elles protégeraient de la peste ou pourraient servir d’antipoison), au point de les inclure dans des objets précieux comme des bagues ou des pendentifs sertis d’or !

Or, pierre bézoard • 12 cm de long • © Grünes Gewölbe, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Carlo Böttger

Corne à poudre d’Inde du Nord
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Corne à poudre d’Inde du Nord, époque moghole, vers 1590

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Étui fabuleux

Ciselée en Inde du Nord dans les ateliers de l’Empire moghol, cette corne à poudre en ivoire (un matériau précieux venu d’Afrique, issu des défenses d’éléphants) impressionne par la finesse et la beauté de son décor sculpté. De fabuleux animaux entrelacés – une antilope, des oiseaux et une créature aquatique de la mythologie hindoue – ornent l’objet qui était destiné à contenir l’amorce, une poudre noire pour arme à feu. Au centre, une petite scène en bas-relief montre un Européen (sans doute un Portugais) achetant un oiseau à un indigène : un rare témoignage du commerce d’animaux exotiques pratiqué à l’époque !

Ivoire, ambre, laiton • 26cm de long • © Rüstkammer, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Carlo Böttger

Enfant Jésus sur socle du Sri Lanka
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Enfant Jésus sur socle du Sri Lanka, début du XVIIe siècle

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Figurine translucide

Mesurant à peine plus de dix centimètres de haut, cette statuette délicate est surprenante à plus d’un titre. Façonné au Sri Lanka, ce personnage translucide sculpté dans de l’hessonite (une pierre précieuse rouge orangée, variété de grenat grossulaire), debout sur un piédestal en cristal de roche extrait dans les montagnes de Ceylan, et doté d’une coiffe en or sertie de pierres précieuses, n’est autre que l’enfant Jésus, représenté en sauveur du monde : un objet inspiré de prototypes européens, dont on ne connaît que huit variantes et qui était probablement destiné à l’élite ceylanaise récemment convertie !

Grenat, cristal de roche, or, serti de pierres • 10cm de haut • © Grünes Gewölbe, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Carlo Böttger

Hans-Anton Lind, orfèvre, Décoration en forme de bateau avec nautile sur roues, Nuremberg
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Hans-Anton Lind, orfèvre, Décoration en forme de bateau avec nautile sur roues, Nuremberg, 1603-1609

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Navire onirique

À partir de 1500, les coquillages venus des océans Indien et Pacifique – en particulier les coquilles d’escargots turbans et de nautiles nacrés, amenés par bateau – émerveillent les Européens qui les font transformer en somptueux objets fantasmagoriques. Comme ce centre de table mobile en forme de bateau monté sur roues, composé d’un nautile et d’ornements en argent doré ciselé vers 1605 par un orfèvre de Nuremberg, à bord duquel s’agitent de minuscules personnages. Une pure invitation au rêve !

Argent, repoussé, coulé, ciselé, poinçonné, gravé à l’acide, gravé, doré, nautile, couche de nacre • © Grünes Gewölbe, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Paul Kuchel

Kris de Mataram (Java)
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Kris de Mataram (Java), vers 1720

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Poignard multiculturel

Au XVIe siècle, de nombreux poignards indonésiens d’apparat (dits kriss ou keris) affluent de Java pour être exposés dans des cabinets de curiosités. Celui-ci, avec sa lame ondulée, son manche doré et son fourreau laqué de brun et de jaune, confectionné pour un personnage haut placé de l’ère Mataram (1577–1755), a su séduire les princes électeurs de Saxe. Mais ces derniers, le trouvant trop sobre, l’ont fait orner de motifs chinois par Martin Schnell, laqueur de la cour de Dresde… puis ont fait fondre son manche en or pour le revendre et le remplacer par une copie. Des modifications qui, à l’époque, n’étaient pas perçues comme sacrilèges…

Fer nickelé, damassé, placage d’or ; bois, peinture laquée • © Museum für Völkerkunde Dresden, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Eva Winkler

Élias Geyer, Licorne de mer, récipient à boire, Leipzig
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Élias Geyer, Licorne de mer, récipient à boire, Leipzig, vers 1600

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Licorne marine

Les cabinets de curiosités regorgent d’objets d’art surprenants, parmi lesquels des hybridations faites à partir d’éléments naturels du monde animal, minéral ou végétal. Ce fantastique récipient à boire fut créé vers 1600 à Leipzig par l’orfèvre Elias Geyer : une chimère composée d’une licorne harnachée en argent doré, dont la croupe a été remplacée par une coquille d’escargot turban, transformant ce légendaire animal terrestre en un étrange serpent de mer. L’artiste n’a omis aucun détail, jusqu’au Triton installé sur le dos de l’animal !

Argent, repoussé, coulé, ciselé, gravé, doré, coquillage d’escargot turban, couche de nacre • 20cm de haut • © Grünes Gewölbe, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Carlo Böttger

Bassin nacré du Gurjarat
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Bassin nacré du Gurjarat, fin de VIe siècle

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Récipient irisé

Coffret, plateaux… Du XVIe au XVIIIe siècles, la région indienne de Gujarat comptait de nombreux ateliers de production d’objets en nacre incrustée, tel que ce superbe bassin en bois orné de feuilles de nacre polies iridescentes, découpées en différentes formes géométriques créant des motifs décoratifs. La plupart de ces artefacts étaient destinés à des marchands portugais qui les importaient en Europe pour les vendre à de riches clients qui en appréciaient le raffinement et la préciosité. Et leur réservaient une place de choix dans leurs cavernes d’Ali Baba, nourries des plus belles réalisations du monde entier !

Feuille de nacre, polie, bois, coupée • 6 cm de haut • © Grünes Gewölbe, Staatliche Kunstsammlungen Dresden / Paul Kuchel

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Miroir du monde – Chefs-d’œuvre du Cabinet d’art de Dresde

Du 14 septembre 2022 au 15 janvier 2023

museeduluxembourg.fr

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