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Entre mangas et geishas, on craque devant l’univers de la Japonaise Chiho Aoshima qui fascine le monde de l’art

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Publié le , mis à jour le
La galerie Perrotin présente « Emptinesses », la quatrième exposition personnelle de Chiho Aoshima dans son bel écrin du Marais, à Paris. Un parcours qui mêle des références à la tradition nipponne et des visions futuristes mâtinées de manga.
Vue de l’exposition “Emptinesses” à Perrotin Paris
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Vue de l’exposition “Emptinesses” à Perrotin Paris

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© 2024 Chiho Aoshima/Kaikai Kiki Co., Ltd. Tous droits réservés. Courtesy Perrotin

Sur la toile, ce sont des créatures aux yeux de biches qui ont poussé dans un jardin merveilleux, où volent les libellules parmi les fleurs… Plus loin, de petites geishas jouent les fées fragiles, habillées d’émail dans la pure tradition nipponne. Sous le titre d’« Emptinesses », la dernière exposition dévolue à Chiho Aoshima (née en 1974), à la galerie Perrotin à Paris, révèle l’imaginaire foisonnant d’une artiste japonaise dont le travail mérite plus qu’un coup d’œil.

Longtemps, Chiho Aoshima a œuvré derrière un écran, palette graphique en main, branchée sur le logiciel Adobe Illustrator. Totalement autodidacte, la jeune pousse de l’art contemporain japonais cultive son œil dans les années 1990, au sein du collectif Kaikai Kiki qui s’est enraciné autour de Takashi Murakami. L’exposition « Superflat », qui se tient au musée d’Art contemporain (MOCA) de Los Angeles en 2001, où elle est révélée au public avec une grande œuvre numérique, sera le détonateur de sa carrière.

« Un reflet de mes sentiments »

Chiho Aoshima, Heavenly Bodhisattva Approaches
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Chiho Aoshima, Heavenly Bodhisattva Approaches, 2009

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© 2009 Chiho Aoshima/Kaikai Kiki Co., Ltd. Tous droits réservés. Courtesy Perrotin

Depuis plus de vingt ans, passant du dessin à la peinture, Chiho Aoshima laisse exploser son monde, toujours inspirée par le passé et aspirée par le futur, entre rouleaux traditionnels de l’époque d’Edo et le manga Sailor Moon. L’émotion intime est au cœur de sa démarche dont les protagonistes sont de fragiles femmes : « Tous ces personnages, explique-t-elle, souffrent de solitude et de difficultés, mais à mesure qu’ils arrivent au contact de la nature et de la gentillesse des gens, ils reçoivent des petits bonheurs qu’ils transforment en joie de vivre. C’est aussi le reflet de mes sentiments. »

Récemment, des changements dans la vie de l’artiste âgée de 50 ans lui ont ouvert de nouveaux horizons. « Lorsque j’ai déménagé de Tokyo à Kyoto, dit-elle, j’ai été émue par le fait que nous pouvions voir le ciel grand ouvert… Ici, je peux admirer les montagnes à proximité et j’observe que, chaque jour, cette vue est conditionnée par l’absence ou la présence de nuages. Mais il me semble qu’il y a dû y avoir des paysages et des ciels plus beaux par le passé… » Sur la toile, cette découverte teintée de nostalgie se concrétise par un paysage montagneux et verdoyant, se muant en un visage mystique à la longue chevelure – divine, la nature est personnifiée.

Chiho Aoshima, Act with Caution on a Full Moon Day!
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Chiho Aoshima, Act with Caution on a Full Moon Day!, 2024

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© 2024 Chiho Aoshima/Kaikai Kiki Co., Ltd. Tous droits réservés. Courtesy Perrotin

« Je ne veux pas oublier le respect de la nature et de la vie, qui était cher aux gens du passé. »

Plus le temps passe, plus l’artiste cherche à se connecter avec l’environnement :  « Je ne veux pas oublier le respect de la nature et de la vie, qui était cher aux gens du passé.  Je ne suis pas du tout une personne religieuse, mais je suis fascinée par les vieilles traditions et rituels, j’admire la piété et l’humilité des anciens. » Les mystères de la vie l’intriguent aussi de plus en plus : « Je voudrais aussi comprendre notamment pourquoi, quand nous bavardons à propos de quelqu’un, existe une forte probabilité pour qu’il apparaisse ou nous appelle… »

Ses premières céramiques exposées

La sérendipité faisant son œuvre, Chiho Aoshima s’est dernièrement tournée vers la céramique. Un médium qu’elle n’avait jamais exploré jusque-là et dont la néophyte dévoile l’éblouissant fruit pour la première fois à la galerie Perrotin, aux côtés de ses aquarelles et de ses peintures : « Je n’ai jamais pensé que je finirais par faire des œuvres en trois dimensions, raconte-t-elle, mais je me suis souvenue, qu’enfant, j’adorais modeler de l’argile à la petite école. » Encore une fois, émotion et souvenir sont là.

Vue de l’exposition “Emptinesses” à Perrotin Paris
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Vue de l’exposition “Emptinesses” à Perrotin Paris

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© 2024 Chiho Aoshima/Kaikai Kiki Co., Ltd. Tous droits réservés. Courtesy Perrotin. Claire Dorn

Pour les plus grandes pièces présentées dans l’exposition parisienne, l’artiste a fait appel aux mains précieuses d’artisans de Shigaraki, un bourg à une vingtaine de kilomètres de Kyoto, qui s’est fait une spécialité de cet art. Une expertise que l’artiste continue de creuser : « La céramique est merveilleuse car elle est contrôlée par les lois de la nature », souligne Chiho Aoshima. « C’est elle qui décide quand ça sèche, si ça casse ou pas… » Ultime métaphore de la fragilité de l’existence que l’artiste transcende en couleurs.

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Emptinesses

Du 16 mars au 6 avril 2024

Perrotin
76 Rue de Turenne • 75003 Paris
10 Impasse Saint Claude • 75003 Paris
www.perrotin.com

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