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Musée Paul Valéry

Escales en Méditerranée avec Albert Marquet

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Publié le , mis à jour le
Larguez les amarres à Sète : le musée Paul Valéry expose les chefs-d’œuvre du peintre Albert Marquet, exécutés d’un port à l’autre de la mer Méditerranée entre 1908 et 1940. De Marseille à Alger en passant par Venise, la lumière vibrante et les cadrages aériens de cet amoureux du paysage créent d’éblouissantes cartes postales picturales !
Albert Marquet, Le Port de Marseille
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Albert Marquet, Le Port de Marseille, 1916

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Refuge à Marseille

En 1916, Albert Marquet (1875–1947) s’éloigne de Paris et des menaces de la Première Guerre mondiale pour se réfugier à Marseille. Louant l’atelier de l’écrivain Eugène Montfort (1877–1936), il bénéficie d’une vue plongeante face au Vieux-Port, quai de Rive-Neuve, qui lui confère les ingrédients nécessaires pour exécuter toute une série de peintures à différentes heures de la journée : l’oblique du quai, les navires amarrés et leurs reflets sur l’eau, les mats dont les lignes graphiques se confondent avec la silhouette du pont transbordeur. Ici, la délicate lumière semble bien matinale au vu des ombres portées des personnages déambulant sur le quai.

Huile sur toile • 78,8 x 91,4 cm • Coll. Leeds Museums and Galleries • © Leeds Museums and Galleries

Albert Marquet, Sète, Le Canal de Beaucaire
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Albert Marquet, Sète, Le Canal de Beaucaire, 1924

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Sur le canal de Sète

« Partout de l’eau, dans des canaux qui s’enfonçaient entre des rangées de maisons, dans le port où elle berçait des bateaux, des petits, des grands, à voile, à moteur, une eau confidentielle sous le ciel gris, éclatante de vie, quand le soleil triomphait. (…) Une vraie magie. » Voici comment Marcelle Marquet, épouse du peintre, dépeint la ville de Sète. Pas étonnant, donc, que le couple décide de prolonger son séjour de plusieurs semaines pour qu’Albert puisse peindre les eaux calmes du canal de Beaucaire depuis le Grand Hôtel. D’ici, la vue est inhabituellement symétrique et étrangement apaisante…

Huile sur toile • 64 x 80 cm • Coll. musée de l’Annonciade, Saint-Tropez • © Musée de l’Annonciade, Saint-Tropez

Albert Marquet, Naples, Le Voilier
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Albert Marquet, Naples, Le Voilier, 1909

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Naples en coup de vent

À Naples, Albert Marquet se plaît à peindre là où tant d’autres artistes avant lui ont posé leur chevalet : au pied du Castel Nuovo, pour représenter les barques de pêcheurs sur la baie. Les reflets sur l’eau sont apposés par touches rapides, comme les pêcheurs du premier plan qui se résument à leur silhouette, et comme le voilier qui se détache superbement du volcan en arrière-plan. En réalité, Albert Marquet s’est empressé pour saisir le paysage dans l’instant. Une volonté qui pousse son grand ami Henri Matisse (1869–1954) à le comparer au peintre japonais Hokusai (1760–1849), dont les vues du mont Fuji ne sont pas sans rappeler cette suggestion embrumée du Vésuve.

Huile sur toile • 65 x 81 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux • © Photo L. Guathier / Mairie de Bordeaux

Albert Marquet, Bateaux de guerre, Venise
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Albert Marquet, Bateaux de guerre, Venise, 1936

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La Venise du XXe siècle

La Sérénissime, figée dans le temps, avec ses gondoles mythiques ? Pas chez Albert Marquet, qui semble éviter le piège du cliché avec cette vue inouïe au cadrage plongeant, représentant aussi bien l’iconique église San Giorgio Maggiore, quelques gondoles et la lumière caractéristique voilée de jaune, que des passants observant le paysage et des bateaux de guerre… Nous sommes en 1936 à Venise. Et l’eau, la lumière, l’architecture sont tout autant célébrés que la modernité.

Huile sur toile • 60 x 73 cm • Collection particulière, Suisse

Albert Marquet, La Ville par temps gris / Le Port de Rabat
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Albert Marquet, La Ville par temps gris / Le Port de Rabat, vers 1935

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Sous le ciel gris de Rabat

Seulement des aplats de tons gris et bleutés pour représenter cette vue depuis un toit de Rabat. Seulement des touches épaisses pour définir la forme d’une plage ou dessiner le contour d’un immeuble. Une palette restreinte, faute de moyens pour s’acheter des coloris plus riches, et pourtant… La vue est parfaitement reconnaissable, dotée d’une lumière subtilement apprivoisée par temps voilé. Au Maroc, l’ancien Fauve s’obstine à synthétiser le paysage jusqu’à l’extrême, tout en retranscrivant avec justesse l’atmosphère qui s’en dégage.

Huile sur toile • 48,5 x 60 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Mulhouse • © Photo : Christian Kempf

Albert Marquet, Port d’Alger dans la brume
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Albert Marquet, Port d’Alger dans la brume, 1943

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Le port d’Alger baigné de brume

Au fil de ses voyages, le peintre développerait-il un penchant obsessionnel ? À Alger, terre de cœur où il rencontre la femme de sa vie, Marcelle Martinet, il n’exécute pas moins de soixante vues du port de l’Agha ! Cette peinture, réalisée en 1943, exploite les mêmes motifs maintes fois répétés, des palmiers au premier plan à la grue flottante au loin en passant par les toits colorés sur les quais. Comme à son habitude, l’artiste trace de grandes lignes directrices avant de réaliser des aplats, puis de travailler les nuances de l’eau. Mais, ici, un élément y est ajouté : la brume, qui plonge le port dans un jeu de lumières et de transparence presque surnaturel.

Huile sur toile • 65 x 81 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Bordeaux • © Photo L. Guathier / Mairie de Bordeaux

Albert Marquet, La Plage au soleil
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Albert Marquet, La Plage au soleil, 1926

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Entre ciel et plage en Tunisie

À l’entrée du port de Tunis, à La Goulette, il y a la mer, la plage et le ciel. Pour Albert Marquet, c’est toute une gamme de bleus et de jaunes, un jeu de lignes directionnelles et des silhouettes aussi animées que celles d’un navire. Sous cette lumière qu’il décrit « fine et légère », il peint quarante-cinq autres tableaux. Mais celui-ci est d’autant plus séduisant que son cadrage comprend un morceau d’immeuble typique de Tunis, dont les murs ocre jaune se fondent avec le sable de la plage.

Huile sur toile • 50 x 61 cm • Collection particulière • Courtesy Brame & Lorenceau, Paris

Albert Marquet, Sidi Bou Saïd, Le Portail, l’hiver
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Albert Marquet, Sidi Bou Saïd, Le Portail, l’hiver, 1923

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La vue depuis Sidi Bou Saïd

« Nous deux seuls dans ce pays bleu et blanc, haut perchés sur une falaise dominant la mer », se remémore Marcelle Marquet de sa vie près du village de Sidi Bou Saïd, surplombant Carthage. Ce tableau en est la parfaite illustration, avec ces murs blancs aux détails bleus, ce portail ouvert donnant sur l’horizon de la mer, ce pan de végétation en contre-bas indiquant la pente de la falaise, et cette montagne cadrant le regard. À la manière de son ami Henri Matisse, qui choisit souvent une fenêtre comme ouverture sur le paysage, Albert Marquet choisit un portail pour mieux valoriser la vue qui se devine à travers les barreaux et les branches nues des arbres.

Huile sur toile • 60 x 73 cm • Collection particulière

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Marquet. La Méditerranée, d’une rive à l’autre

Du 28 juin 2019 au 3 novembre 2019

museepaulvalery-sete.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Albert Marquet

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