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Peinture

Fahamu Pecou, héritier pop de la négritude

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Publié le , mis à jour le
Peintre et doctorant à l’Emory University à Atlanta, Fahamu Pecou interroge la culture noire dans l’Amérique contemporaine. Il poursuit les réflexions menées par les grands penseurs du mouvement de la négritude en mêlant références littéraires, pop culture et graphisme publicitaire. La Société Générale lui consacre aujourd’hui une rétrospective, en partenariat avec la galerie Backslash.
Fahamu Pecou, Negus Is As Negus Does
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Fahamu Pecou, Negus Is As Negus Does, 2012

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Acrylique sur toile • © Société Générale

« Ma négritude n’est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour/ ma négritude n’est pas une taie d’eau morte sur l’œil de la terre / ma négritude n’est ni une tour, ni une cathédrale », ces mots, qu’écrit Aimé Césaire dans son Cahier d’un retour en pays natal en 1939, résonnent dans chacune des œuvres de Fahamu Pecou. L’artiste américain, né en 1975, qui figure dans les collections du Seattle Art Museum et du Smithsonian National Museum of African American History and Culture à Washington, explore et questionne l’identité noire dans l’Amérique contemporaine. Une Amérique hantée par son passé esclavagiste et raciste, qui s’invite souvent brutalement à la une des journaux. S’inscrivant dans le prolongement des réflexions autour du concept de négritude menées par Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, son travail fait aujourd’hui l’objet d’une exposition dans les tours de la Société Générale à La Défense, en collaboration avec la galerie Backslash.

À travers cet autre lui, c’est tout le concept de masculinité à l’ère de la société du spectacle qui est questionné.

Il s’agit de la première monographie présentée dans les espaces d’exposition de l’entreprise, qui a fait entrer l’artiste dans sa collection en 2014 avec l’œuvre Negus Is As Negus Does. L’artiste s’y représente en couverture de The Favorite Magazine, le premier titre publié « pour et par des gens de couleur ». On aurait pu pourtant le confondre avec un chantre de la sapologie – mode vestimentaire inspirée du dandysme et originaire du Congo – brandissant une statuette nigériane yoruba… Car Fahamu Pecou joue avant tout avec les stéréotypes et les codes des sociétés contemporaines et ancestrales, américaine et africaine. Mélange des genres et des époques, l’artiste convoque tour à tour des essayistes et romanciers comme Maya Angelou et James Baldwin ou des stars internationales du rap. La série Negus Is Paris, dont est issue l’œuvre, fait en effet référence à la chanson Niggas In Paris de Jay-Z et Kanye West, et le « N word » – dont l’utilisation est particulièrement polémique aux États-Unis–, est ici remplacé par le terme « Negus » désignant les rois éthiopiens.

Fahamu Pecou, The Tipping Point
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Fahamu Pecou, The Tipping Point, 2006

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Acrylique et huile sur toile • © Collection privée

Ce goût pour l’autoportrait et le rap, Fahamu Pecou l’a cultivé dès sa première série Neopop, de 2003 à 2009. Il s’inspire notamment des logiques marketing de cet univers musical et emprunte ses codes graphiques, jusqu’à lancer sa propre campagne de promotion intitulée Fahamu Is The New Shit. À travers cet autre lui, c’est tout le concept de masculinité à l’ère de la société du spectacle qui est questionné. Il poursuit sa réflexion avec All Falls Down, à nouveau inspiré d’un morceau de Kanye West. Un homme noir de dos, voûté, semble, par des superpositions de sous-vêtements, être aimanté vers le bas, vers le vide… la prison, en fait. Fahamu Pecou, qui fait référence à l’interdiction du port de la ceinture en milieu carcéral (afin de prévenir les suicides) attire ici l’attention sur la jeunesse noire américaine prise au piège de stéréotypes qu’elle entretient elle-même : « N’accordant plus aucune valeur à sa propre existence, son désespoir se manifeste au travers de comportements autodestructeurs cachés derrière une façade de bravoure. »

Fahamu Pecou, Icarus
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Fahamu Pecou, Icarus, 2015

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Acrylique sur toile • © Collection privée

Dès lors, comment se libérer du carcan des clichés ? Pour l’artiste, cela passe avant tout par la connaissance et la préservation d’héritages ancestraux. La série Do Or Die célèbre ainsi la religion yoruba, dont la pratique était interdite par les négriers. Plumes, masques, clés… le peintre rend hommage à ses ancêtres et surtout, à la beauté de l’homme noir. Car Fahamu Pecou le clame haut et fort : black is beautiful.

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Fahamu Pecou. Miroirs de l'homme : une rétrospective

Du 28 septembre 2017 au 25 novembre 2017
Réservation obligatoire en ligne

www.collectionsocietegenerale.com

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Fahamu Pecou, Black Magic

Du 9 novembre 2017 au 22 décembre 2017

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