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Au château de Saumur, l’art de Rada Akbar au nom des femmes afghanes

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Jusqu’au 23 novembre 2025, le château de Saumur accueille l’artiste afghane Rada Akbar avec ses créations textiles, ses installations et ses peintures… Mettant en lumière un matrimoine exceptionnel qui, au-delà de tout misérabilisme, pousse à l’empowerment et appelle à la résistance pour toutes les femmes afghanes dont les droits fondamentaux sont bafoués depuis la chute de Kaboul en 2021. Poignant.
L’artiste Rada Akbar pendant le montage de son exposition “L’étoffe des reines” au château de Saumur
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L’artiste Rada Akbar pendant le montage de son exposition “L’étoffe des reines” au château de Saumur

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© Adagp, Paris, 2025 | © Rada Akbar

Elles ont été sauvées de justesse, évacuées d’urgence de Kaboul quelques semaines avant la chute du gouvernement, en août 2021. Les robes exposées au château de Saumur sont des rescapées. Brodées et cousues par des artisanes, elles ont manqué de peu d’être détruites par les talibans, là où d’autres œuvres de Rada Akbar (née en 1988) – des peintures et des installations – n’ont malheureusement pas pu être sauvées.

Pour rappel, des lois extrêmement restrictives envers les femmes ont été imposées depuis cette soudaine reprise du pouvoir : l’interdiction d’étudier, de travailler, l’obligation du voile intégral… L’artiste pluridisciplinaire, hautement menacée et évacuée à Paris durant l’été 2021, comptait sur cette collection de robes pour ouvrir un musée de l’Histoire des femmes à Kaboul. En 2020, elle avait trouvé l’emplacement dans un bâtiment historique et rassemblé une équipe d’historiens, d’activistes et de bénévoles autour de ce projet.

Une célébration des pionnières afghanes

Vue de l’exposition « Rada Akbar – L’étoffe des reines » au château de Saumur
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Vue de l’exposition « Rada Akbar – L’étoffe des reines » au château de Saumur

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© Adagp, Paris, 2025 | © Rada Akbar

Depuis son exil, Rada Akbar a bien pu exposer quelques robes, notamment au Palais de Tokyo en 2024, mais c’est la première fois qu’elle peut enfin dévoiler le projet « Abarzanan » (soit « Superwomen ») dans son intégralité, avec toutes ses « robes-monuments », comme elle les surnomme. Leur particularité : chacune est dédiée à une figure féminine de l’histoire afghane, de la reine médiévale Goharshād à l’alpiniste Hanifa Yousoufi en passant par Kubra Noorzai, première femme ministre du pays.

Elles trouvent alors une résonance toute particulière au château de Saumur, dans cette ancienne forteresse royale transformée en palais par les ducs d’Anjou, qui accueillit autrefois des pionnières telles qu’Aliénor d’Aquitaine ou Yolande d’Aragon. Manche cousue en aile d’oiseaux, flammes brodées de perles, jupon garni d’immenses pétales de rose… Poétiques et magistrales, les voilà porteuses de savoir-faire largement entretenus par des femmes.

Rada Akbar, Shakila Zareen
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Rada Akbar, Shakila Zareen

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Prêt de la collection Famille Servais, Bruxelles. © Adagp, Paris, 2025. © Gérald Angibault

Dialogues entre les époques et les cultures

Ailleurs, la série « Infinite Power » se lit sur des tapis traditionnels, symboles culturels là encore préservés de génération en génération par les Afghanes. L’esthétique raffinée de la miniature persane y est savamment détournée : c’est par exemple une élégante sur fond d’or, accessoirisée de gants de boxe, menacée par une flèche prête à lui transpercer le cou. Ou une silhouette féminine qui tient dans ses mains un livre, dotée d’une tête de phénix. Parmi les talibans qui l’encerclent, l’un d’entre eux porte le bouclier de Captain America comme si le héros Marvel, symbole de justice et de liberté, avait finalement détourné le regard face au désastre ambiant.

Rada Akbar, Beyond Bodies
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Rada Akbar, Beyond Bodies

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© Adagp, Paris, 2025 | © Rada Akbar

Parfois, se mêlent aux images des textes de poétesses contemporaines, militantes intrépides dont certaines ont payé de leur vie leur liberté. Un dialogue foisonnant se tisse ainsi parmi les oeuvres des collections d’arts décoratifs du Château-Musée – entre les époques et les continents, entre l’Orient et l’Occident, de l’art persan à l’art gothique – pour livrer des messages puissants.

Faire entendre la voix des femmes

Car témoigner, célébrer la résilience du peuple afghan au milieu de cet apartheid de genre est devenue la mission de Rada Akbar, désignée comme l’une des femmes les plus influentes par la BBC en 2021. « Le moins que je puisse faire est de leur dédier mon œuvre et d’enregistrer cette période de l’histoire afghane », explique-t-elle, comme cherchant en quelque sorte à « faire Histoire ».

Rada Akbar, Infinite Power #1
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Rada Akbar, Infinite Power #1

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ADAGP : © Adagp, Paris, 2025 | © Rada Akbar

C’est donc aussi, plus largement, de la constante fragilité des droits des femmes dont il est question – alors qu’un siècle plus tôt, en 1919, son pays était l’un des premiers au monde à autoriser le droit de vote pour toutes, un an avant les États-Unis. Un combat que l’art ne cesse de mener, et que le château de Saumur soutient avec brio en prolongeant jusqu’au 23 novembre !

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Rada Akbar, L’étoffe des reines

Jusqu’au 23 novembre 2025

www.chateau-saumur.fr

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