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Irving Penn fait escale à Deauville

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Publié le , mis à jour le
Photographe de légende, dont le nom est éternellement associé aux pages du magazine Vogue, Irving Penn a révolutionné l’image de mode autant que les codes du portrait. Ce printemps, la Maison européenne de la Photographie a prêté les chefs-d’œuvre de sa collection aux Franciscaines de Deauville, qui retrace ainsi le parcours de cet artiste hors norme. Morceaux choisis.
Irving Penn, Optician’s Shop Window (B), New York
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Irving Penn, Optician’s Shop Window (B), New York, vers 1939

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Premiers pas

Lorsqu’il appuie sur le déclencheur de son Rolleiflex ce jour de 1939, Irving Penn ne sait pas encore qu’il deviendra un immense photographe. Pour l’heure, le jeune homme d’à peine 22 ans, alors assistant d’Alexey Brodovitch, l’iconique directeur artistique d’Harper’s Bazaar, se rêve peintre… Inspiré par l’immense Walker Evans, il pose son objectif sur les vitrines des petits commerçants – comme ici, un opticien –, s’attarde sur leur typographie vieillotte ou sur les graffiti qui couvrent les murs… On décèle déjà au premier coup d’œil ce qui façonnera son talent : son sens aigu du détail et son goût pour les compositions épurées.

photographie • Collection MEP, Paris • © Condé Nast

Irving Penn, Cuzco Children
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Irving Penn, Cuzco Children, 1948

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Mini duo, maxi effet

En 1948, Irving Penn est envoyé au Pérou par le magazine Vogue et en profite pour réaliser un reportage plus personnel. Il installe alors un studio photo de fortune et photographie ses modèles devant un simple rideau froissé, privilégiant la lumière naturelle (un dispositif qu’il emploiera toute sa carrière !). Parmi eux figurent ces deux petits Péruviens en haillons, dont les yeux sombres et fiers semblent traverser l’objectif pour nous toucher en plein cœur… En trois jours, Irving Penn réalisera quelque deux-mille négatifs !

photographie • Collection MEP, Paris • © Condé Nast

Irving Penn, Marchande de ballons (B), Paris
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Irving Penn, Marchande de ballons (B), Paris, 1950

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Petits métiers sur papier glacé

C’est l’une des plus célèbres séries du photographe. Consacrée aux petits métiers des classes populaires, « Small Trades » a débuté en 1950 en Paris. Irving Penn occupait alors un studio photo rue de Vaugirard baigné de lumière et faisait poser des personnages pittoresques de la capitale devant un vieux rideau de théâtre. Il a par la suite appliqué le même procédé à Londres, où a été réalisé le portrait d’une vendeuse de ballons, et à New York. Vogue publiera un vaste portfolio de cette série.

photographie • Collection MEP, Paris • © Condé Nast

Irving Penn, Saul Steinberg in Nose Mask, New York
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Irving Penn, Saul Steinberg in Nose Mask, New York, 1966

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Le roi du portrait

Impossible ici de reconnaître le facétieux dessinateur de presse Saul Steinberg, dont le visage est ici dissimulé sous un sac percé de minuscules orifices pour le nez et la bouche. À partir de 1947 défilent, dans le studio d’Irving Penn, nombre d’artistes européens qui ont trouvé refuge à New York. On compte parmi eux Édith Piaf, Le Corbusier, Marcel Duchamp… Penn continuera de photographier pour Vogue artistes, écrivains et musiciens jusque dans les années 1990. Créant ainsi sur plusieurs décennies un véritable trombinoscope de la scène artistique internationale !

photographie • Collection MEP, Paris • © Condé Nast

Irving Penn, Balenciaga Mantle Coat (Lisa Fonssagrives-Penn), Paris
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Irving Penn, Balenciaga Mantle Coat (Lisa Fonssagrives-Penn), Paris, 1950

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Un photographe à la mode

Impossible d’évoquer Irving Penn sans mentionner son travail pour la mode ! Le photographe a officié chez Vogue durant de très longues années et a imposé dans les pages du magazine son style signature, à la fois minimaliste et d’une élégance folle. Les fonds neutres employés par Penn soulignent en effet merveilleusement la silhouette des mannequins tout comme le volume des robes. C’est dans ce contexte qu’il rencontre celle qui deviendra sa femme en 1951, Lisa Fonssagrives, considérée comme la première top-modèle de l’histoire.

photographie • Collection MEP, Paris • © Condé Nast

Irving Penn, Cigarette n°37, New York
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Irving Penn, Cigarette n°37, New York, 1972

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Étonnantes natures mortes

Irving Penn n’a eu de cesse d’expérimenter. Photographe de mode adoubé, portraitiste de talent, il s’est aussi essayé au genre de la nature morte. À mille lieues des magnifiques robes de créateurs, il s’intéresse aux déchets, comme des chewing-gums ou des mégots de cigarettes ramassés dans la rue, qu’il sublime avec des tirages somptueux réalisés par ses soins. Car Irving Penn était aussi réputé pour être un tireur hors pair !

photographie • Collection MEP, Paris • © The Irving Penn Foundation

Irving Penn, Red-Lacquered Lid, New York
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Irving Penn, Red-Lacquered Lid, New York, 1994

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Un artiste total

Devenu un photographe de légende, Irving Penn n’a jamais oublié son rêve de jeunesse : devenir peintre ! À travers son objectif, la paupière de la mannequin se transforme en véritable toile et le maquillage en peinture. Un cliché qui témoigne aussi de l’inventivité et de l’audace sans limite de l’artiste, y compris pour ses projets publicitaires !

photographie • Collection MEP, Paris • © The Irving Penn Foundation

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Irving Penn. Chefs-d’œuvre de la collection de la MEP

Du 4 mars 2023 au 28 mai 2023

lesfranciscaines.fr

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