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Juan Gris, Le Petit Déjeuner, octobre 1915
Huile et fusain sur toile • 92 x 73 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © RMN-GP/Philippe Migeat
Georges Braque, Le Portugais (L’Émigrant), 1911-1912
2. Les lettres
Les cubistes utilisent les lettres comme autant d’indices cryptiques pour le spectateur cherchant à décoder l’œuvre. Ils révèlent, selon les mots de Daniel-Henry Kahnweiler, un « nouvel univers de beauté ». Si ces lettres sont parfois simplement crayonnées, elles peuvent aussi être, toujours dans une même dynamique de recherche de nouvelles techniques, appliquées au pochoir ou collées sur la toile.
Huile sur toile • 116,7 x 81,5 cm • Coll. Kunstmuseum Basel, Bâle • © akgimages / ADAGP Paris, 2018
Raymond Duchamp-Villon, Le Chat, 1913
3. La simplification
Le cubisme propose une révolution par la forme. La simplification tend à atteindre l’essentiel du sujet choisi. Alfred Barr, historien d’art et premier directeur du MoMA à New York, disait des termes « cubisme analytique » qu’ils « contiennent quelque chose de l’esprit d’investigation et de dissection de la forme que pratiquèrent Picasso et Braque, comme si leur atelier était presque un laboratoire. »
Plâtre peint • 61 x 59 x 7 cm • Coll. Centre Pompidou • © RMN-GP / Adam Rzepka / ADAGP Paris, 2018
Francis Picabia, La Procession, Séville, 1913
4. La géométrisation
Les cubistes tirent leur nom de leur manière de traiter leurs sujets par formes géométriques, le cube notamment. Cette manière atteste d’un détachement de l’assujettissement au réel. C’est la leçon que les cubistes ont retenue de Cézanne, qui, le premier, éliminait les détails dans ses toiles, simplifiait les formes pour les réduire à des cubes. La géométrisation permet la construction d’un espace unifié.
Huile sur toile • 121,9 x12,9 cm • Coll. National Gallery of Art, Washington • © ADAGP Paris, 2018
Juan Gris, Nature morte au livre, 1913
5. Les motifs
Certains leitmotive – la pipe, la bouteille ou encore la guitare – servent de repères formels au sein de multiples variations. Par leur traitement plastique nouveau, les cubistes font « découvrir un monde d’objets de tous les jours que nous n’avions jamais regardés », explique Daniel-Henry Kahnweiler. D’autres sujets, comme le violon, sont moins quotidiens mais plus ancrés dans la tradition de la nature morte déjà chère à Cézanne.
Huile sur toile • 46 x 30 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © akg-images
Pablo Picasso, Paysage aux deux figures, automne 1908
6. La planéité
Le détachement de la perspective, initié par les fauves, est accentué par la compression du paysage dans des formes géométriques et des éléments naturels standardisés. La réduction de la couleur, ici aux tons ocres et verts, renforce la planéité des motifs. Le rejet de la perspective est le corollaire du traitement en facettes. Le cylindre vu de face est donc représenté par un cercle, vu de profil par un rectangle. Pour rendre compte de ce cylindre, ils associeront le cercle et le rectangle, la face et le profil.
Huile sur toile • 60 x 73 cm • Coll. musée national Picasso, Paris • © RMN-GP / Mathieu Rabeau / Succession Picasso, 2018
Georges Braque, Broc et violon, 1909-1910
7. La palette
Le souci principal de Braque et Picasso, lors de la phase du cubisme dit « analytique », fut de briser les formes du sujet et de jeter les bases d’une nouvelle conception de l’espace pictural.
La limitation aux tons gris et ocres confère à de nombreuses œuvres des deux artistes un aspect proche de la monochromie. La couleur est appliquée au pinceau, par touches systématiques rappelant la technique pointilliste.
Huile sur toile • 116,8 x 73,2 cm • Coll. Kunstmuseum Basel, Bâle • © Photo Martin P. Bühler / ADAGP Paris, 2018
Pablo Picasso, Mère et enfant, 1907
8. Le primitivisme
La recherche cubiste d’un nouveau cadre de référence s’arrête notamment sur « l’art nègre » et ses masques. Les formes stylisées de l’art dit « primitif », perçues comme novatrices, sont à l’opposé du réalisme académique. Picasso apprit de l’étude des masques africains « ce que la peinture était vraiment ». Il trouvait dans ces masques « une logique et une pureté que les Européens n’avaient jamais atteintes ».
Huile sur toile • 81 x 160 cm • Coll. musée national Picasso, Paris • © Photo Josse / Leemage / Succession Picasso, 2018
Pablo Picasso, Tête de Fernande, automne 1909
9. La simultanéité
Par le traitement en facettes, innovation formelle majeure, les artistes cherchent une représentation de l’objet dans son intégralité, et non tel que l’œil le perçoit. Les cubistes observent un sujet à partir de différents points dans l’espace en même temps, en se déplaçant autour pour le saisir à partir de plusieurs angles successifs fusionnés en une seule image.
Bronze • 40,5 x 23 x 26 cm • Coll. musée national Picasso, Paris • © RMN-GP / Adrien Didierjean / Succession Picasso, 2018
Kasimir Malevitch, Samovar, 1913
10. Le sujet
La phase du cubisme analytique est nommée d’après la tendance des artistes à analyser leur sujet de manière poussée par leur décomposition en formes géométriques. La perte des repères visuels les mène alors au seuil de l’abstraction. Les sujets sont assez restreints au départ, le répertoire iconographique s’élargit avec l’emploi des caractères d’imprimerie et le trompe‑l’œil.
Huile sur toile • 88,5 x 62,2 cm • Coll. Museum of Modern Art, New York • © Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence / presse
Le Cubisme. 1907-1917
Du 17 octobre 2018 au 25 février 2019
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
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1. Le collage
Lors de la phase du cubisme synthétique sont introduits dans les œuvres des fragments du monde réel. Braque et Picasso utilisent, au même titre, des morceaux de journaux pour la technique spécifique des papiers collés. Les collages cassent le complexe jeu de plans et rappellent que la toile est une surface plane. Apollinaire écrivait que ces collages mettaient dans les tableaux « une si simple et si grandiose réalité ».