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Centre Pompidou

Le cubisme en 10 innovations

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C’est l’un des mouvements clés de l’histoire de l’art moderne, qui a entrouvert la porte de l’abstraction. Qu’il soit synthétique ou analytique, le cubisme, aujourd’hui à l’honneur au Centre Pompidou, a été à l’origine de bon nombre d’innovations techniques et esthétiques. La preuve par 10.
Juan Gris, Le Petit Déjeuner
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Juan Gris, Le Petit Déjeuner, octobre 1915

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1. Le collage

Lors de la phase du cubisme synthétique sont introduits dans les œuvres des fragments du monde réel. Braque et Picasso utilisent, au même titre, des morceaux de journaux pour la technique spécifique des papiers collés. Les collages cassent le complexe jeu de plans et rappellent que la toile est une surface plane. Apollinaire écrivait que ces collages mettaient dans les tableaux « une si simple et si grandiose réalité ».

Huile et fusain sur toile • 92 x 73 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © RMN-GP/Philippe Migeat

Georges Braque, Le Portugais (L’Émigrant)
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Georges Braque, Le Portugais (L’Émigrant), 1911-1912

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2. Les lettres

Les cubistes utilisent les lettres comme autant d’indices cryptiques pour le spectateur cherchant à décoder l’œuvre. Ils révèlent, selon les mots de Daniel-Henry Kahnweiler, un « nouvel univers de beauté ». Si ces lettres sont parfois simplement crayonnées, elles peuvent aussi être, toujours dans une même dynamique de recherche de nouvelles techniques, appliquées au pochoir ou collées sur la toile.

Huile sur toile • 116,7 x 81,5 cm • Coll. Kunstmuseum Basel, Bâle • © akgimages / ADAGP Paris, 2018

Raymond Duchamp-Villon, Le Chat
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Raymond Duchamp-Villon, Le Chat, 1913

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3. La simplification

Le cubisme propose une révolution par la forme. La simplification tend à atteindre l’essentiel du sujet choisi. Alfred Barr, historien d’art et premier directeur du MoMA à New York, disait des termes « cubisme analytique » qu’ils « contiennent quelque chose de l’esprit d’investigation et de dissection de la forme que pratiquèrent Picasso et Braque, comme si leur atelier était presque un laboratoire. »

Plâtre peint • 61 x 59 x 7 cm • Coll. Centre Pompidou • © RMN-GP / Adam Rzepka / ADAGP Paris, 2018

Francis Picabia, La Procession, Séville
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Francis Picabia, La Procession, Séville, 1913

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4. La géométrisation

Les cubistes tirent leur nom de leur manière de traiter leurs sujets par formes géométriques, le cube notamment. Cette manière atteste d’un détachement de l’assujettissement au réel. C’est la leçon que les cubistes ont retenue de Cézanne, qui, le premier, éliminait les détails dans ses toiles, simplifiait les formes pour les réduire à des cubes. La géométrisation permet la construction d’un espace unifié.

Huile sur toile • 121,9 x12,9 cm • Coll. National Gallery of Art, Washington • © ADAGP Paris, 2018

Juan Gris, Nature morte au livre
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Juan Gris, Nature morte au livre, 1913

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5. Les motifs

Certains leitmotive – la pipe, la bouteille ou encore la guitare – servent de repères formels au sein de multiples variations. Par leur traitement plastique nouveau, les cubistes font « découvrir un monde d’objets de tous les jours que nous n’avions jamais regardés », explique Daniel-Henry Kahnweiler. D’autres sujets, comme le violon, sont moins quotidiens mais plus ancrés dans la tradition de la nature morte déjà chère à Cézanne.

Huile sur toile • 46 x 30 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © akg-images

Pablo Picasso, Paysage aux deux figures
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Pablo Picasso, Paysage aux deux figures, automne 1908

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6. La planéité

Le détachement de la perspective, initié par les fauves, est accentué par la compression du paysage dans des formes géométriques et des éléments naturels standardisés. La réduction de la couleur, ici aux tons ocres et verts, renforce la planéité des motifs. Le rejet de la perspective est le corollaire du traitement en facettes. Le cylindre vu de face est donc représenté par un cercle, vu de profil par un rectangle. Pour rendre compte de ce cylindre, ils associeront le cercle et le rectangle, la face et le profil.

Huile sur toile • 60 x 73 cm • Coll. musée national Picasso, Paris • © RMN-GP / Mathieu Rabeau / Succession Picasso, 2018

Georges Braque, Broc et violon
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Georges Braque, Broc et violon, 1909-1910

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7. La palette

Le souci principal de Braque et Picasso, lors de la phase du cubisme dit « analytique », fut de briser les formes du sujet et de jeter les bases d’une nouvelle conception de l’espace pictural.
La limitation aux tons gris et ocres confère à de nombreuses œuvres des deux artistes un aspect proche de la monochromie. La couleur est appliquée au pinceau, par touches systématiques rappelant la technique pointilliste.

Huile sur toile • 116,8 x 73,2 cm • Coll. Kunstmuseum Basel, Bâle • © Photo Martin P. Bühler / ADAGP Paris, 2018

Pablo Picasso, Mère et enfant
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Pablo Picasso, Mère et enfant, 1907

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8. Le primitivisme

La recherche cubiste d’un nouveau cadre de référence s’arrête notamment sur « l’art nègre » et ses masques. Les formes stylisées de l’art dit « primitif », perçues comme novatrices, sont à l’opposé du réalisme académique. Picasso apprit de l’étude des masques africains « ce que la peinture était vraiment ». Il trouvait dans ces masques « une logique et une pureté que les Européens n’avaient jamais atteintes ».

Huile sur toile • 81 x 160 cm • Coll. musée national Picasso, Paris • © Photo Josse / Leemage / Succession Picasso, 2018

Pablo Picasso, Tête de Fernande
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Pablo Picasso, Tête de Fernande, automne 1909

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9. La simultanéité

Par le traitement en facettes, innovation formelle majeure, les artistes cherchent une représentation de l’objet dans son intégralité, et non tel que l’œil le perçoit. Les cubistes observent un sujet à partir de différents points dans l’espace en même temps, en se déplaçant autour pour le saisir à partir de plusieurs angles successifs fusionnés en une seule image.

Bronze • 40,5 x 23 x 26 cm • Coll. musée national Picasso, Paris • © RMN-GP / Adrien Didierjean / Succession Picasso, 2018

Kasimir Malevitch, Samovar
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Kasimir Malevitch, Samovar, 1913

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10. Le sujet

La phase du cubisme analytique est nommée d’après la tendance des artistes à analyser leur sujet de manière poussée par leur décomposition en formes géométriques. La perte des repères visuels les mène alors au seuil de l’abstraction. Les sujets sont assez restreints au départ, le répertoire iconographique s’élargit avec l’emploi des caractères d’imprimerie et le trompe‑l’œil.

Huile sur toile • 88,5 x 62,2 cm • Coll. Museum of Modern Art, New York • © Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence / presse

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Le Cubisme. 1907-1917

Du 17 octobre 2018 au 25 février 2019

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