En partenariat avec Fondation Chu Teh-Chun

Chu Teh-Chun, La grâce de l’aurore, 2001
Huile sur toile • 200 × 300 cm • Coll. Fondation CHU Teh-Chun • © Fondation CHU Teh-Chun / ADAGP, Paris, 2024
Si vous avez prévu de vous rendre à la 60e édition de la Biennale de Venise, un petit tour à la Fondation Giorgio Cini s’impose ! Installée dans le très beau décor de l’ancien monastère San Giorgio, sur l’île de San Giorgio Maggiore, face à la place Saint-Marc, cette dernière accueillera du 18 avril au 30 juin une rétrospective exceptionnelle : la plus importante exposition consacrée ces dernières années au peintre abstrait franco-chinois Chu Teh-Chun (1920–2014).
Puissantes et singulières, les compositions de ce maître de l’abstraction gestuelle frappent par leur polychromie complexe, leurs mouvements enveloppants et leurs effets de clair-obscur qui créent une fascinante illusion de profondeur. Des ballets de bandes colorées s’agitent, s’entrecroisent et se superposent grâce à de surprenants effets de transparence.
Chu Teh-Chun devant Notre Dame Paris, 1955
© Fondation CHU Teh-Chun / ADAGP, Paris, 2024
Sans jamais représenter d’objet nettement identifiable, les tableaux de Chu Teh-Chun évoquent tour à tour des turbulences aquatiques, des ciels d’orage traversés par de mystérieuses lueurs et de vives trouées de lumière, des grottes fantastiques éclairées par des feux rougeoyants, et des tempêtes de neige dont les bourrasques de flocons pulvérisés happent et emportent le spectateur…
« Chu dirige son pinceau sur la toile avec une précision propre à la calligraphie, tantôt avec la tonicité nerveuse de la main d’un chef d’orchestre battant l’air, tantôt avec la fluidité sensuelle d’une algue ondoyant dans le courant » décrit l’historien de l’art Matthieu Poirier, commissaire de l’exposition, spécialiste de l’abstraction et auteur d’une monographie de l’artiste à paraître en avril aux éditions Gallimard.
Chu Teh-Chun, Nature hivernal, 1985
© Fondation CHU Teh-Chun / ADAGP, Paris, 2024
Bien qu’aujourd’hui très recherché par les collectionneurs, ce pionnier de l’art moderne chinois reste injustement méconnu du public. Né en 1920, il a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Hangzhou puis émigré à Paris, où il a été influencé par les avant-gardes européennes. L’artiste s’inspire des arts chinois et européen, ancien et moderne, et notamment de la calligraphie chinoise, pour produire des tableaux abstraits d’une intense poésie.
Chu Teh-Chun, Le 8 Juillet 1976
© Fondation CHU Teh-Chun / ADAGP, Paris, 2024
Réunissant une cinquantaine de tableaux emblématiques peints pour la plupart à partir de 1955, année de l’installation de Chu Teh-Chun à Paris, l’exposition prendra place dans la lumineuse Piscina Gandini, espace emblématique de la Fondation Cini, et proposera une présentation originale : sur trois niveaux, les œuvres seront classées par ordre chronologique inversé, des grands formats récents aux plus petits formats les plus anciens.
Le parcours s’emploiera à démontrer la contribution majeure de ce peintre au renouveau de la peinture à l’ère du mouvement color-field, et la façon dont il fait le lien entre l’œuvre de Hans Hartung, Mark Rothko et Helen Frankenthaler. Une belle (re)découverte en perspective !
Chu Teh-Chun, In Nebula
Du 18 avril 2024 au 30 juin 2024
Fondazione Giorgio Cini • île de San Giorgio Maggiore • 30124 Venezia
www.cini.it
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