Vue de l’exposition de Loris Gréaud “Les Nuits Corticales” au Petit Palais, 2023
Photo Realism Noir / © Loris Gréaud, Gréaudstudio, Petit Palais, Paris Musées / ADAGP 2023.
Enterrer ses œuvres dans un désert au Mexique, faire sauter des cascadeurs sur un gigantesque matelas toutes les cinq minutes dans le hall d’un musée, réinvestir une verrerie désaffectée durant sept mois lors de la Biennale de Venise… Loris Gréaud (né en 1979) aime les projets hors norme. Celui qui s’est emparé du Palais de Tokyo tout entier en 2008, puis a fait dialoguer en 2013 le Centre Pompidou et le Louvre n’a peur ni des grandes institutions, ni des œuvres monumentales. Au contraire : donnez-lui l’infini, il en fera une œuvre. Donnez-lui la nuit, il en fera un songe hallucinogène.
Annick Lemoine, directrice du Petit Palais, se souvient ainsi : « Loris Gréaud est venu nous voir et nous a parlé d’un rêve. » Durant des mois, l’artiste est revenu, hantant et enchantant l’institution. « Son travail propose au musée d’aller au-delà de ses frontières, de se transformer en caisse de résonance du monde. » Comment ? À travers une série d’œuvres inédites, à la magie discrète voire insaisissable.
La façade du Petit Palais révèle ainsi des drapeaux sombres dont on apprend qu’ils ont été teints à l’huile de moteur, résultat d’un trajet entre son atelier et l’utopie de Monte Verità en Suisse. La nuit, le musée continue de vibrer au rythme de l’artiste, inaccessible si ce n’est pour ceux qui se risqueront à « monter les marches du Petit Palais, à fermer les yeux devant la grille et à faire un rêve éveillé », explique-t-il, grâce à une « machine à rêves » stimulant le nerf optique.
Vue de l’exposition de Loris Gréaud « Les Nuits Corticales » au Petit Palais, 2023
Loris Gréaud fait grandir des blobs au Petit Palais
Non, vous ne rêvez pas : le jardin du Petit Palais est bel et bien plongé dans la brume… La faute à Loris Gréaud (né en 1979), plasticien tout-terrain aux projets toujours complètement fous (à 28 ans, il s’est emparé du Palais de Tokyo tout entier !). Cette fois-ci, l’artiste souhaite réunir toutes les conditions climatiques pour créer un élevage de blobs dans l’institution parisienne… M.C.L.
Photo Realism Noir / © Loris Gréaud, Gréaudstudio, Petit Palais, Paris Musées / ADAGP 2023.
Dans le jardin, d’étranges et vrombissantes sculptures diffusent des nuages, de la brume et même de la neige façon effet spécial de cinéma… Soit un véritable microclimat, pensé pour implanter au cœur même du Petit Palais un élevage de blobs, mystérieux organismes unicellulaires ! Dans le musée, une sculpture en forme de pangolin avance à la vitesse de pousse d’un poil humain (soit 1,25 centimètres par mois, pas plus), autrement dit de façon absolument invisible à l’œil nu… Tout comme l’installation olfactive qui donne à sentir l’odeur de « la Voie lactée en extension ». Reste à citer les performances prévues par l’artiste aux dates d’ouverture et de fermeture de son exposition, aussi folles que ses œuvres plastiques comme faire chanter un chœur d’orchidées (le 3 octobre dernier). Bref, bienvenue chez Loris Gréaud, inventeur fou, artiste inclassable.
Les nuits corticales de Loris Gréaud
Du 4 octobre 2023 au 14 janvier 2024
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
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