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Marc Chagall, La Chambre jaune, 1911
Huile sur toile • 84,2 x 112 cm • Coll. Fondation Beyeler, Riehen, Bâle • Photo Robert Bayer / © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Le Marchand de bestiaux, 1912
Cortège paysan
Ode à la vie et à l’harmonie, cette scène renvoie aux moments heureux de l’enfance paysanne de Chagall, quand son oncle l’emmenait vendre des animaux au marché. En écho à la femme enceinte située à gauche, la jument porte dans son ventre un petit poulain révélé par une échographie magique ! Facettes cubistes de Cézanne, Picasso et Braque, formes irisées des Delaunay : ces influences parisiennes se mélangent à celle des arts populaires russes, des objets décorés de motifs colorés sur fond sombre aux loubki, gravures sur bois mettant en scène des personnages et de nombreux animaux, très importants dans la spiritualité hassidique.
Huile sur toile • 97,1 x 202,5 cm • Coll. Kunstmuseum, Bâle • © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, La Calèche volante, 1913
La calèche volante
À Paris, Chagall fait exploser ses couleurs qu’il juxtapose en vagues, aplats ou touches, envoyant valdinguer ses sujets aux quatre coins de la toile, comme cette calèche volante et son petit conducteur extatique ! Joyeux à première vue, le tableau fut aussi appelé « La maison brûlée ». Lancée dans une course folle, la calèche déraille et un incendie rougeoyant semble s’échapper de la maisonnette. L’artiste aurait-il pressenti le désastre imminent de la Grande Guerre ?
Huile sur toile • 106,7 x 120,1 cm • Coll. Solomon R. Guggenheim Museum, New York • © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Hommage à Apollinaire, 1913
Hommage à Apollinaire
Voilà Adam et Ève prisonniers d’une horloge géante, symbole de la fuite du temps à laquelle ils sont désormais soumis suite à leur expulsion du paradis ! En bas à gauche, autour d’un cœur percé d’une flèche, Chagall inscrit les noms de ses quatre principaux défenseurs : l’écrivain Blaise Cendrars, le mécène et marchand allemand Herwarth Walden, le critique d’art italien Ricciotto Canudo et le poète Guillaume Apollinaire. Ce tableau-hommage mélange différents styles défendus par ce dernier : le primitivisme, le cubisme, l’« orphisme » des Delaunay et le futurisme… bien que Chagall, réfractaire aux étiquettes, ne se réclame d’aucun d’eux.
Huile, poudre d’or et argent sur toile • 200 x 189,5 cm • Coll. Van Abbemuseum, Eindhoven • Photo Peter Cox / © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Portrait de l‘artiste, 1914
Pierrot le fou
Dépeignant l’artiste comme un être fantasque et malicieux, une sorte de Pierrot à col blanc, cet étrange autoportrait semble s’inspirer de la période bleue de Picasso. Mais 1914 est une bonne année pour Chagall : après le vernissage de sa première exposition à Berlin, il retourne en Russie pour assister au mariage de sa sœur et épouser sa fiancée. D’où, sans doute, ce petit sourire en coin !
Huile sur carton marouflé sur toile • 50,5 x 38 cm • Coll. Kunstmuseum, Bâle • © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Le Marchand de journaux, 1914
Le fardeau de la guerre
C’est durant le séjour de Chagall en Russie, dont il ne pourra finalement repartir qu’en 1922, qu’éclate la Première Guerre mondiale. À Vitebsk, le peintre voit défiler les troupes armées, les populations chassées du front et des cortèges de juifs fuyant les restrictions. L’artiste troque ses couleurs joyeuses contre une ville noire et un ciel ensanglanté. Chargé d’actualités brûlantes, tel un soldat ou un vagabond traînant son paquetage, ce marchand de journaux aux traits tirés est une allégorie du conflit et de ses malheurs.
Huile sur carton • 98 x 78,5 cm • Coll. Musée national d'art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris • © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Le Juif en noir et blanc, 1914
Rabbin graphique
Si Chagall n’était pas pratiquant, ses racines juives ont irrigué nombre de ses œuvres. Pour ce saisissant portrait de rabbin, inspiré par le Vieux Juif et l’Homme en rouge de Rembrandt, le peintre fait poser un vagabond russe avec les attributs caractéristiques du judaïsme : châle de prière (talit), pointeur en argent (yad) pour lire la Torah, phylactère (teffelin) autour du bras. Influencé par les avant-gardes parisiennes, il transforme le châle et le fond en un ensemble de formes géométriques quasi abstraites.
Huile sur carton marouflé sur toile • 101 x 80 cm • Coll. Kunstmuseum, Bâle • © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, L’anniversaire, 1915
Baiser volé
C’est en 1915 – année de son mariage avec Bella – que Chagall peint cette joyeuse représentation d’un élan amoureux. Pour son anniversaire, sa bien-aimée lui a préparé un gâteau aux fruits rouges et un bouquet de fleurs. Empli de joie et de légèreté, le peintre, devenu un être flottant mi-anguille mi-oiseau, s’envole dans les airs pour l’embrasser ! Comme souvent pour exprimer ses émotions, Chagall fait quelques entorses à la gravité et à la perspective, transformant le réel en vision onirique.
Huile sur carton • 80,6 x 99,7 cm • Coll. MoMA, New York • © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Étude pour La Musique (Quatrième panneau pour le Théâtre d’art juif de Moscou), 1917
Un violon sur le toit
La figure du violoniste accompagnait toutes les grandes étapes, tristes ou festives, de la vie des juifs d’Europe de l’Est. Sur ce dessin préparatoire d’un panneau pour le Théâtre d’art juif de Moscou, Chagall le représente sous les traits d’un géant à manteau mauve et visage vert. Alter ego de l’artiste, libre et fantaisiste, debout sur les maisons entre ciel et terre, le musicien communique avec l’au-delà. Au-dessus de lui, un petit personnage vole dans le ciel, rappelant le motif du juif errant ou Luftmensch – « homme de l’air » en yiddish.
Crayon et gouache sur feuille de cahier, sur papier japon • 32 x 22 cm • Coll. particulière • Photo Ewald Graber / © Adagp, Paris 2018
Marc Chagall, Promenade, 1917–1918
L’amour donne des ailes
Campé au centre de la toile, Chagall tient par la main sa femme qui virevolte dans les airs tel un cerf-volant. Heureux, tous deux sourient comme des pantins. Comme l’indiquent le tissu et la carafe, en bas à gauche, le couple est venu pique-niquer dans l’herbe. À l’arrière-plan apparaît une vue cubiste du vieux Vitebsk. Un sentiment de bonheur intense a inspiré au peintre cette nouvelle vision surréaliste. Mais gare aux bourrasques : sa femme pourrait s’envoler ! À la mort de Bella en 1944, les couleurs s’éteindront dans les yeux de Chagall…
Huile sur toile • 170 x 163,5 cm • Coll. Musée national Russe, Saint-Pétersbourg • © Adagp, Paris 2018
Chagall. Les années décisives, 1911-1919
Du 1 juin 2018 au 2 septembre 2018
Musée Guggenheim • 2 Abandoibarra Etorbidea • 48009 Bilbao
www.guggenheim-bilbao.eus
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La chambre jaune
Quand Chagall s’installe à Paris en 1911 grâce au mécène juif Maxim Vinaver, tout bascule ! Issu d’une modeste famille juive de Biélorussie, l’artiste découvre Picasso, Cézanne, Monet, Matisse et les Fauves qui l’encouragent à libérer ses couleurs et à envoyer valser la perspective. Avec ce jaune acide, Chagall rend hommage à la Maison jaune de Vincent Van Gogh à Arles. Signe d’un anticonformisme joyeux, une femme sourit la tête à l’envers. Le samovar et la vache expriment la nostalgie du peintre pour Vitebsk, sa petite ville natale où l’attend sa fiancée Bella Rosenfeld. Tel un aimant, le souvenir de ce lieu dont on aperçoit une vue nocturne dans le coin droit du tableau fait pencher la table et attire le personnage masculin…