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Musée de l'Orangerie

Marc et Macke, la couleur en liberté

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Les œuvres de Marc et de Macke illustrent la diversité du Cavalier bleu, mouvement protéiforme qui, à partir de 1911, regroupe des artistes autour du refus de l’impressionnisme, du naturalisme, du matérialisme. Priorité accordée à l’extériorisation expressive, à la vision subjective. Ce groupe à géométrie variable, qui a toujours défendu l’éclectisme esthétique, la non-hiérarchie des arts et l’ouverture à toutes les formes d’avant-garde, résiste à toute étiquette stylistique. Franz Marc et August Macke sont mis à l’honneur par le musée de l’Orangerie.
Franz Marc, Cheval bleu I
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Franz Marc, Cheval bleu I, 1911

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Bleu comme un cheval

Cette toile est sans doute la plus connue de l’œuvre de Franz Marc. Elle fait écho au mouvement du Cavalier bleu, auquel il appartient, et, tel un manifeste, illustre ses principes esthétiques : la simplification des formes et le symbolisme des couleurs. Le naturalisme des débuts n’a plus cours, pour la première fois Marc peint un cheval en bleu. Il est en accord avec Kandinsky, pour qui « le bleu est la couleur de l’esprit ». Pour cette toile, ainsi que pour son pendant, Cheval bleu II, vu de dos, Marc a réalisé des croquis préparatoires.

huile sur toile • 112,5 x 84,5 cm • Coll. musée Lenbachhaus, Munich • © Artothek / La Collection

Franz Marc, Deux chevaux
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Franz Marc, Deux chevaux, 1913

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L’animalisation de l’art

« L’observateur ne devrait pas se poser la question de la race du cheval, il devrait seulement ressentir les vibrations de sa vie intérieure. » Marc restera fidèle à ce principe, énoncé en 1910. Intentionnellement, il supprimera tout signe distinctif pour ne garder du cheval que les lignes essentielles et en faire le support privilégié de la couleur bleue.

tempera et gouache sur papier • 39,2 x 45,4 cm • Coll. particulière • © Christie's Images / Bridgeman Images

Franz Marc, Chien couché dans la neige
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Franz Marc, Chien couché dans la neige, 1911

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La recette du blanc

« J’ai peint Russi couché dans la neige ; j’ai fait la neige blanc pur avec un fond bleu pur, et le chien en jaune sale. Dans mon prisme, le jaune est apparu terne et le chien entouré de magnifiques cercles de couleurs […]. » Dans une lettre à August Macke, le 14 février 1911, Marc décrypte sa démarche pour réaliser cette toile qui a été achetée à sa femme Maria en 1919 par le Städel Museum de Francfort puis a été confisquée en 1937 en tant qu’« art dégénéré » et rachetée en 1961 par le même musée, trois fois plus que le prix initial, à un collectionneur américain.

huile sur toile • 62,5 x 105 cm • Coll. Städel Museum, Francfort-sur-le-Main • © Städel Museum / Artothek / presse

Franz Marc, Les Premiers Animaux
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Franz Marc, Les Premiers Animaux, 1913

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Chevaux en morceaux

Le 12 mars 1913, Marc écrit à Macke : « Je suis très actif ; je suis en train de peindre La Tour des chevaux bleus et Les Premiers Animaux… » Et d’ajouter : « Veux-tu connaître les titres ? Ils ne signifient rien mais peut-être ils t’amuseront. » Le titre est en effet étrange pour ce groupe d’équidés, décomposés en formes géométriques. Marc fait fi des proportions et zèbre sa composition de triangles verts, évoquant les feuilles d’agave.

gouache et crayon sur papier • 38,7 x 46,4 cm • Coll. particulière • © Neue Galerie, New York

August Macke, Joueuse de luth
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August Macke, Joueuse de luth, 1910

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Un refus et un cadeau

Si le premier plan de cette œuvre rappelle à la fois Cézanne et Matisse, le personnage et les fleurs stylisés ainsi les vifs aplats de couleurs évoquent la peinture bavaroise sous verre, dont les membres du Cavalier bleu étaient grands amateurs. Macke a proposé sa Joueuse de luth pour la première exposition du groupe à Munich. Kandinsky l’a retoquée pour excès de classicisme. Sans rancune, le jeune peintre la lui a offerte ou, peut-être, échangée contre une de ses toiles.

huile sur toile • 91 x 66, 5 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-GP / image Centre Pompidou, MNAM-CCi

August Macke, Les Jouets du petit Walter
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August Macke, Les Jouets du petit Walter, 1912

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Domaine intime

Walter, son fils aîné, est âgé de deux ans lorsque August Macke lui emprunte ses jouets pour composer ce tableau intime, resté dans la famille jusqu’en 1957. Il est ensuite cédé à une galerie de Düsseldorf puis entre, en 1959, dans les collections du Städel Museum de Francfort. L’expressivité du tableau vient du contraste des couleurs et de la lumière brillant du haut vers le bas. Sur un fond vert vif, les objets projettent leur ombre : deux peluches, deux balles et, devant le pot de fleurs, une matriochka. Clin d’œil de l’artiste à ses amis russes ?

huile sur toile • 50 x 60 cm • Coll. Städel Museum, Francfort-sur-le-Main • © Städel Museum - U. Edelman - Artothek / presse

Franz Marc, La Vache jaune
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Franz Marc, La Vache jaune, 1911

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L’énergie vitale de la vache jaune

Cette toile a été présentée lors de la première exposition du Cavalier bleu, en 1911. Marc y fait exploser sa grammaire symbolique des couleurs : la vache est jaune – « typiquement la couleur terrestre ». Symbole féminin sécurisant, elle vient de bondir de la gauche dans le tableau. Fondus dans le paysage, on distingue d’autres animaux rouges sous les sabots postérieurs. Une composition qui a engendré enthousiasme ou totale incompréhension.

huile sur toile • 140,5 x 189,2 cm • Coll. The Solomon R. Guggenheim Museum, New York • © Artothek / La Collection

August Macke, Promeneurs au bord du lac II
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August Macke, Promeneurs au bord du lac II, 1912

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Rupture avec le jeu des couleurs

Ce tableau marque une rupture dans l’œuvre d’August Macke, à la fois par ses couleurs et par sa composition. Tout en ajoutant à sa palette de multiples nuances d’ocre et de brun, le peintre simplifie les motifs. Quatre personnages, présentés par paires, se détachent, tout en se fondant dans le paysage : une femme de profil, un homme qui lui fait face en même temps qu’au spectateur, deux hommes chapeautés, l’un de trois quarts arrière et l’autre de profil. Un arbre traverse en diagonale le champ pictural, un voilier file sur l’eau.

huile sur toile • 48,5 x 51,5 cm • Coll. Neue Galerie, New York • © Neue Galerie, New York

Franz Marc, Le Rêve
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Franz Marc, Le Rêve, 1912

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Une œuvre énigmatique

Franz Marc fait don de ce tableau à Vassily Kandinsky, peu après son achèvement, en 1912 ou au début de 1913. En retour, ce dernier offre à Marc une toile intitulée Improvisation 12. Lorsque Kandinsky quitte l’Allemagne, au moment de la déclaration de guerre, l’œuvre (parmi beaucoup d’autres) reste sous la garde de sa compagne, Gabriele Münter. En 1916, à la demande de Maria Marc, Le Rêve figure dans les expositions organisées à Munich et Wiesbaden, en hommage à Franz. Qui rêve ? Franz Marc dans une perpétuelle quête d’harmonie avec la nature ? Ou le personnage central de la toile, cette femme nue, les yeux clos ?

huile sur toile • 100,5 x 135,5 cm • Coll. Museo Nacional Thyssen-Bornemizza, Madrid • © Museo Nacional Thyssen-Bornemizza, Madrid

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Franz Marc / August Macke. L'aventure du Cavalier bleu

Du 6 mars 2019 au 17 juin 2019

Retrouvez dans l’Encyclo : Der Blaue Reiter

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