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Biennale de Melle

Melle, une biennale qui donne le change

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Publié le , mis à jour le
À une demi-heure en voiture de Niort, la ville de Melle croise la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Depuis 2003, grâce à sa biennale, Melle a aussi creusé son sillon sur la carte de l’art contemporain. L’édition actuelle, sur le thème du « Grand Monnayage » rassemble une trentaine d’artistes dans un parcours à taille humaine. Ici pas de white cubes, mais une mine d’argent, des églises et du grand air !
Ghada Amer, Love Grave
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Ghada Amer, Love Grave, 2003-2018

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Vue de l’installation à Melle

Courtesy of Arts/Industry • Photo : Origins Studio

Depuis la route principale, deux portiques de quatre mètres de haut attirent l’attention. Au pied de l’église Saint-Hilaire, Clemens Botho Goldbach a reproduit deux des monuments qui ornent le billet de 50 euros. Vestiges de palais, portes sans issues, ces ruines (Euruin 50 eur new) renvoient moins à une architecture réelle qu’à un rêve européen resté papier-monnaie. Alors que les fenêtres, portails et ponts sont censés témoigner d’un esprit d’ouverture, les sculptures, à y regarder de plus près, sont grippées par la rouille. Nous entrons dans le vif du sujet.

Clemens Botho Goldbach, EURUIN 50 EUR NEW
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Clemens Botho Goldbach, EURUIN 50 EUR NEW, 2018

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Vue de l’installation à Melle face à l’Eglise Saint-Hilaire

Courtesy de l’artiste • Photo : Origins Studio

Melle, du latin metallum, doit son nom à ses ressources extraordinaires. Les deux commissaires, Frédéric Legros et Chloé Hipeau-Disko ont remonté le temps pour révéler le territoire et tous ses possibles. La ville était connue dans toute l’Europe carolingienne pour ses pièces de monnaie. Il n’est donc pas étonnant que la mine d’argent devienne un point de ralliement de la biennale. En suivant les étroites galeries, le visiteur pourra découvrir l’Achat du cuivre du Chypriote Christodoulos Panayiotou. L’artiste qui travaille autour de la notion de valeur a conçu une fontaine à partir d’une plaque de cuivre jouant, des années après le passage de Brancusi aux douanes américaines, de la limite entre la valeur marchande du matériau et celle de l’œuvre d’art. En sortant de la mine, on tombe sur le jardin Love Grave de Ghada Amer. Love, ces quatre lettres creusées dans les sous-sols suffisent à attirer les curieux. Le message, universel, s’enracine dans la terre comme dans la finitude humaine et nous appelle à dépasser la peur de la mort. Une preuve d’amour, bien comprise des habitants qui ont adopté l’œuvre sans hésiter à se prendre en photo dedans !

Rivière zen et sculptures aériennes

En remontant les charmantes rues de Melle, le visiteur pourra apercevoir des œuvres jusque dans les vitrines et les cafés, comme au Café du Boulevard où il pourra faire une pause avant de continuer la balade. Juste en face de l’office de tourisme (qui ne manque d’ailleurs pas de conseils sur le parcours), il ne faut pas craindre de passer les portes de l’ancien tribunal : l’hôtel de Menoc réserve bien des surprises ! Sans parler des œuvres de Kounellis, Jimmy Durham ou encore Pieter Vermeersch. C’est avec Plot for a Possible Resurrection qu’Ali Cherri marque les esprits dans la salle des pas perdus. Ses assemblages de briques en terre crue nous transportent sur un chantier de fouilles où balbutie l’histoire.

Ali Cherri, Parts for a possible resurrection
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Ali Cherri, Parts for a possible resurrection, 2018

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Courtesy Galerie Imane Farès • Photo : Origins Studio

En reprenant la promenade, on rencontre aux abords du marché les œuvres de Yoko Ono et Gloria Zein. L’une au travers d’une rivière zen de cailloux blanc (que nous sommes amenés à saisir pour relâcher la pression) et l’autre avec ses sculptures aériennes et sensibles, abritées par le kiosque à musique. Une halte poétique avant de parvenir aux deux autres églises romanes de la ville : Saint-Savinien occupée par l’ambitieux projet conceptuel du duo David Brognon et Stéphanie Rollin sur le monnayage du temps de vie et l’euthanasie. Dans la nef de l’église Saint-Pierre, Kimsooja a posé son baluchon et réparti ses vêtements de part et d’autre d’une corde à linge. Une occupation banale qui convoque une présence dans ce lieu hors d’âge. A Laundry Woman offre la possibilité de communier autour d’histoires humaines.

Jean-François Krebs, Amniov
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Jean-François Krebs, Amniov, 2018

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Photo : Origins Studio

Le « Grand Monnayage » couvre 3 kilomètres et au bout de cet itinéraire le lavoir de Villiers offre un point d’eau bienvenu. On se laisse facilement hypnotiser par les voiles de silicones d’Amniov et ses ondulations. L’œuvre de Jean-François Krebs réagit à son environnement et n’empêche pas le visiteur de tendre la main pour se rafraîchir, au contraire. Chaque jour, à 16 h, une réaction chimique naturelle donne à l’eau une texture lubrifiante. Une douceur qui pousse à vouloir rester blottis dans ce ventre maternel au cœur du Poitevin.

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Biennale internationale d’art contemporain de Melle

Du 30 juin 2018 au 23 septembre 2018

www.biennale-melle.fr

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