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Musée Bonnard - Le Cannet

Plage, cirque, café-concert… Les loisirs de la Belle Époque en 8 tableaux savoureux

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Bains de mer, patinoire, courses hippiques, cirque, théâtre, bal populaire, music-hall… À la Belle Époque, toute une ribambelle d’activités et de lieux festifs se développent en parallèle de la réorganisation progressive du temps de travail qui, au terme d’âpres luttes, permet enfin aux citoyens de goûter aux loisirs. Au musée Bonnard, une belle exposition rassemblant des œuvres rares de Bonnard et de ses contemporains (tels Félix Vallotton et Louis Anquetin) montre comment les artistes s’emparent avec verve et créativité de ces nouveaux motifs. Immersion dans huit de ces instantanés hauts en couleur.
Léon Pourtau, Scène de plage
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Léon Pourtau, Scène de plage, 1890-1895

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Tous à la plage !

À la fin du XIXe siècle, le bord de mer a le vent en poupe grâce au développement du chemin de fer. Les jours de beau temps, il y a foule sur les plages ! Comme en témoigne cette joyeuse toile pointilliste de Léon Pourtau, inspirée d’Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte (1884–1886) de son ami Georges Seurat, toutes les classes sociales s’y pressent, mais on s’y met encore assez peu en maillot, et le bronzage n’est pas recherché. Beaucoup, encore vêtus de leur costume de ville, préfèrent simplement s’y asseoir sous une ombrelle pour pique-niquer, respirer l’air marin, admirer le paysage ou (pour les plus jeunes) s’essayer aux pâtés de sable.

Huile sur toile • 73 × 92 cm • Collection particulière • © Fotoatelier Peter Schächkli, Zurich

Félix Vallotton, La Baignade à Etretat
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Félix Vallotton, La Baignade à Etretat, 1899

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Baignade comique

Le plaisir du bain de mer conquiert peu à peu les estivants, qui font trempette dans des maillots couvrants. En 1899, le peintre Félix Vallotton s’offre ses premières vacances estivales à Étretat, sur la côte normande. Inspiré par ses clichés pris sur la plage avec son appareil portatif Kodak, l’artiste zoome sur les baigneurs et les croque avec un humour féroce en accentuant les coups de soleil, le crâne rouge et luisant d’un homme bien en chair et certaines mines maussades, qui tranchent avec ce moment supposé de détente. À la fois malicieux et critique à l’égard de ses contemporains, le peintre y glisse même un enfant en train de se noyer dans l’indifférence générale !

Huile sur carton • 49,6 x 64,7 cm • Collection particulière • © Wikimedia Commons

Louis Abel-Truchet, Le Cirque Médrano, boulevard Rochechouart
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Louis Abel-Truchet, Le Cirque Médrano, boulevard Rochechouart, 1907

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En piste !

Parmi les loisirs appréciés de l’époque, le cirque figure en bonne place. Les artistes se plaisent à saisir le mouvement du spectacle, et jouer avec le potentiel graphique de la piste ronde sur laquelle se détachent les performeurs. Louis Abel-Truchet en tire une composition asymétrique, très photographique, brossée avec rapidité. À droite, le maître de piste et les clowns dirigent notre regard vers une écuyère qui exécute des acrobaties sur le dos d’un cheval blanc au galop, devant des rangées de spectateurs réduits à de grosses touches de couleur. Une œuvre qui dialogue à merveille, dans l’exposition, avec une étude de Seurat pour Le Cirque, une écuyère de Bonnard, Le Cirque d’Auguste Chabaud et des clowns d’Henri-Gabriel Ibels.

Huile sur carton • 28,2 x 36,3 cm • © Paris Musées / Musée Carnavalet-Histoire de Paris

Félix Vallotton, La Troisième galerie au théâtre de Châtelet
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Félix Vallotton, La Troisième galerie au théâtre de Châtelet, 1895

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Théâtre soporifique

Comme le prouve cette œuvre décalée de Félix Vallotton, loisir ne rime pas toujours avec plaisir. Au lieu de s’intéresser au spectacle en cours, l’artiste peint en plan resserré une partie des gradins aux deux tiers vides du théâtre du Châtelet pour détailler de façon savoureuse les visages et attitudes des spectateurs, qui semblent mourir d’ennui et sur le point de s’assoupir dans leurs fauteuils, veillés par un gendarme tout aussi amorphe qu’eux !

Huile sur carton marouflé sur bois • 49,7 x 61,7 cm • Coll. du Musée d’Orsay, Paris Legs Carle Dreyfus, 1953 • © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Louis Anquetin, L’Intérieur chez Bruant : Le Mirliton
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Louis Anquetin, L’Intérieur chez Bruant : Le Mirliton, 1886-1887

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Cabaret enfumé

Signé Louis Anquetin, ce chef-d’œuvre du cloisonnisme, éclatant tel un vitrail et comptant plus de trente-cinq personnages, livre un formidable instantané grand format d’une soirée arrosée au Mirliton (ex-cabaret du Chat Noir), fondé en 1885 par Aristide Bruant au pied de la butte Montmartre, cœur du Paris artiste et bohème. On y reconnaît les peintres Émile Bernard (tout à gauche) et Henri de Toulouse-Lautrec (dans le fond, reconnaissable à sa petite taille, sa barbiche et son long cou), Paul Tampier (de dos au premier plan), le chansonnier Marcel Legay (fumant la pipe à droite), le modèle Marie Valette (en rouge, qui allume une cigarette) et Aristide Bruant (dans le fond, perché sur une table, les mains sur les hanches). Au centre, la Goulue, célèbre danseuse de cancan, interpelle le spectateur et l’invite, mutine, à se joindre aux convives !

Huile sur toile • 145 × 157 cm • Collection particulière • © Fotoatelier Peter Schächkli, Zurich

Pierre Bonnard, Le Moulin Rouge ou Place Blanche
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Pierre Bonnard, Le Moulin Rouge ou Place Blanche, 1896

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Spectacle nocturne

À la fin du XIXe siècle, l’arrivée de l’électricité transforme le paysage nocturne en animant la ville de scintillements festifs qui imprègnent les œuvres d’une magie nouvelle. Pierre Bonnard représente ici l’entrée du Moulin Rouge, décorée d’ampoules rouges qui luisent dans l’obscurité, et vers laquelle affluent de nombreuses personnes avides de se divertir, réduites à des silhouettes noires de théâtre d’ombres. Installé à une terrasse de café sur le trottoir d’en face, l’artiste prend soin de représenter les têtes des buveurs de dos au premier plan, comme s’il était assis au deuxième rang dans une salle de spectacle.

Huile sur panneau • 61 x 40 cm • Collection particulière • © Fondation Bemberg, Toulouse / Mathieu Rabeau

Auguste Chabaud, Le Moulin de la Galette
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Auguste Chabaud, Le Moulin de la Galette, vers 1908-1909

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Mélancolie électrique

Dans cette vue nocturne de l’entrée du Moulin de la Galette, célèbre bal public montmartrois immortalisé par Renoir, la féérie des lumières artificielles se mue en mélancolie moderne, induite par le profil d’un cheval fatigué et la silhouette d’un promeneur solitaire. Avec ses cadrages insolites, ses vues brossées grossièrement, ses contrastes forts et ses lettrages stridents, le peintre d’avant-garde Auguste Chabaud transpose en peinture la puissance graphique du collage et de l’affiche, créant une ambiance singulière qui annonce le cinéma expressionniste.

Huile sur carton marouflé sur contreplaqué parqueté • 83 x 61,5 cm • Coll. du musée Fabre, Montpellier, dépôt du musée national d’Art moderne – Centre Pompidou, Paris • © Photo CNAC/MNAM Dist. RMN - Christian Bahier / Philippe Migeat

Pierre Bonnard, Jardin de Paris
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Pierre Bonnard, Jardin de Paris, 1896-1902

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Étranges oiseaux de nuit

L’exposition se clôt sur ce chef-d’œuvre inédit de Pierre Bonnard, redécouvert il y a une dizaine d’années, roulé dans l’une des caches du marchand Ambroise Vollard. Cette saisissante peinture de grand format nous immerge dans la foule des clients du Jardin de Paris, un parc d’attractions pour la haute société du quartier des Champs-Élysées qui regroupait un music-hall, un cirque, un théâtre et un bar – à moins, doutent les experts, qu’il ne s’agisse du promenoir du Moulin Rouge. Éclairée à la lumière électrique, la scène détaille subtilement les coulisses moins reluisantes de la fête : une buveuse solitaire et déprimée en bas à gauche, et des mondaines aguicheuses cherchant à mettre le grappin sur un homme riche. Situé au centre, un homme inquiétant nous fixe en se frottant les mains. Serait-ce le maître des lieux ? Mystère…

Huile sur toile • 118 x 190 cm • Collection particulière • © Jean-Louis Losi

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On sort ! Les loisirs avec Bonnard et son époque

Du 1 juillet 2023 au 5 novembre 2023

museebonnard.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Pierre Bonnard Félix Vallotton

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