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Cultes ! 10 intérieurs qui confinent au sublime

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Publié le , mis à jour le
Home sweet home ! Du salon à la chambre en passant par l’atelier et de l’âge d’or néerlandais à David Hockney, Beaux Arts vous fait visiter les plus beaux intérieurs de l’histoire de l’art. Voici nos 10 coups de cœur.
Samuel Van Hoogstraten, Les Pantoufles ou Vue intérieure
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Samuel Van Hoogstraten, Les Pantoufles ou Vue intérieure, XVIIe siècle

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La plus symbolique

Entrez, la porte est ouverte ! Samuel Van Hoogstraten (1627–1678) invite le spectateur à pénétrer dans l’intimité d’une proprette maison flamande du XVIIe siècle. Un timide rayon de soleil guide le regard, qui se pose sur une paire de pantoufles abandonnée. Des indices, semés ici et là par le peintre, nous mettent sur la piste… d’une leçon de morale ! Un balai solitaire, des clés oubliées à la porte, une nappe froissée, un livre bientôt prêt à tomber, et surtout un tableau représentant une scène galante : tout indique que la maîtresse de maison a mieux à faire ici que de balayer devant sa porte !

Huile sur toile • 103 × 70 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Photo Josse / Leemage

Martin Drolling, Intérieur de salle à manger
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Martin Drolling, Intérieur de salle à manger, 1816

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La plus intime

Bienvenue dans la salle à manger d’une famille bourgeoise. À droite figure le père, visiblement pas très bien réveillé dans ses pantoufles, semblant s’adresser à son petit chien. Derrière, une domestique sans doute debout depuis l’aube, s’affaire dans un placard tandis que dans la pièce voisine, on devine la maîtresse de maison, ou la fille, au piano. Martin Drölling (1752–1817) dépeint ici une scène familiale pleine de quiétude, inspirée des maîtres hollandais du siècle d’or.

Huile sur toile • 64 x 81 cm • Coll. particulière • © Bridgeman Images

Utagawa Hiroshige, Les Festivaliers reviennent du festival Tori no Machi à Asakusa. Extrait des “Cent vues célèbres d’Edo”
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Utagawa Hiroshige, Les Festivaliers reviennent du festival Tori no Machi à Asakusa. Extrait des “Cent vues célèbres d’Edo”, 1857

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La plus zen

Depuis son poste d’observation douillet, un gros chat blanc observe le paysage. Mais que regarde-t-il ainsi ? Le coucher de soleil ? Les nuées d’oiseaux qui taquinent le sommet du mon Fuji ? Rien de cela. Le félin est tout absorbé par une procession, un cortège d’une centaine de personnes qui sillonne dans les rizières à l’occasion de la fête du coq, dite fête de Torinomachi. Extraite des célèbres 100 vues d’Edo d’Utagawa Hiroshige (1797–1858), cette estampe nous invite à pénétrer dans une maison de plaisir du Yoshiwara, particulièrement fréquentée à l’occasion de cette fête religieuse. Sur la gauche, on devine un paravent de soie orné de délicats motifs…

Estampe • 33,2 x 22,1 cm • Metropolitan museum of Art, New York • © Met museum

Félix Vallotton, La Chambre rouge
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Félix Vallotton, La Chambre rouge, 1898

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La plus énigmatique

Entre 1897 et 1920, Félix Vallotton (1865–1925) se plaît à mettre en scène les aléas de la vie de couple dans des scènes tragi-comiques, presque caricaturales. Dans ces petits vaudevilles peints, hommes et femmes se rencontrent, s’aiment et se quittent dans un silence pesant et désabusé. Dans cette composition figée quasi photographique, Vallotton attire notre attention non pas sur cet intérieur bourgeois ordonné, mais bien sur la scène qui se déroule hors-champ : l’adieu (ou la dispute ?) de deux amants absorbés par l’obscurité menaçante.

Tempéra sur carton • 50 x 68,5 cm • Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne • © History and Art Collection / Alamy / Hemis

James Ensor, Squelettes à l’atelier
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James Ensor, Squelettes à l’atelier, 1900

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La plus fantasque

C’est un joyeux désordre qui règne dans cette pièce baignée de lumière. Dans l’atelier du Belge James Ensor (1860–1949), les vanités côtoient une statue de la Vierge et des masques grimaçants. Sur le sol ont été jetées des palettes, des cruches, une toile, tandis qu’au premier plan un squelette qui arbore une cape rouge et des bottines cirées nous toise, un hareng en guise de cigare. À ses pieds est étendue une robe, comme le corps gisant d’une morte, et… un couteau ! Dans cette scène de crime, l’extraordinaire s’invite dans le réel et le peintre se mue en metteur en scène d’un spectacle aussi macabre que loufoque.

Huile sur toile • 111 × 79,5 cm • National Gallery of Canada, Ottawa • © akg-images

Vilhelm Hammershøi, Très grande fenêtre
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Vilhelm Hammershøi, Très grande fenêtre, 1913

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La plus silencieuse

Impossible ici de faire l’impasse sur le Danois Vilhelm Hammershøi (1864–1916) et ses mondes intérieurs. On y pénètre sur la pointe des pieds, comme par peur de déranger les silhouettes fantomatiques croisées à une fenêtre ou dans l’encadrement d’une porte. Peintre de la solitude et du silence, maître absolu des atmosphères, il règne dans ses œuvres une forme d’inquiétante étrangeté, renforcée par l’utilisation d’une palette sur laquelle se déploient toutes les nuance de gris, du plus lumineux au plus austère. Par un habile jeu de perspective et de lumière, Hammershøi crée des effets de profondeur et de hauteur qui font naître une sensation de vide chez le spectateur.

Huile sur toile • 64,5 x 52 cm • Ordrupgaard, Charlottenlund

Edward Hopper, Room in New York
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Edward Hopper, Room in New York, 1932

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La plus mélancolique

New York, 1932. Le peintre de l’american way of life, Edward Hopper (1882–1967), épie ici un couple dans son salon. L’homme concentré dans la lecture de son journal ne semble pas remarquer la présence de sa femme accoudée au piano. Profondément mélancolique, cette œuvre révèle la solitude du couple, séparé par une porte close qui évoque ici une impasse.

Huile sur toile • Sheldon Museum of Art, University of Nebraska, Lincoln • © Bridgeman Images

Pierre Bonnard, Grande salle à manger sur le jardin
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Pierre Bonnard, Grande salle à manger sur le jardin, 1934-1935

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La plus chatoyante

Son œuvre éclatante lui a valu le doux surnom de « peintre du bonheur ». Pierre Bonnard (1867–1947), qui voulait « rendre vivante la peinture », a fait de l’intimité son sujet de prédilection. Proche d’Henri Matisse, il s’inspire à de nombreuses reprises du Fauve, comme en témoigne cette œuvre, où l’intérieur d’un salon se pare des couleurs d’un jardin fleuri et odorant.

Huile sur toile • 127 x 135 cm • Guggenheim museum, New York • © Bridgeman Images

Henri Matisse, Grand intérieur rouge
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Henri Matisse, Grand intérieur rouge, 1948

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La plus vibrante

Peinte dans sa villa « le Rêve » à Vence, dans l’arrière-pays niçois, cette toile est la dernière – et la plus aboutie – de la fameuse série des intérieurs de Matisse (1869–1954). Le peintre représente ici un angle de son atelier, où il a accroché ses propres œuvres aux murs. De cette impressionnante composition rouge sang jaillissent des bouquets de fleurs, comme une ode à la vie ; celle de l’artiste, qui un jour écrivit : « Ma vie est entre les murs de mon atelier ».

Huile sur toile • 146 x 97 cm • Centre Pompidou - Musée national d'art moderne, Paris • © Succession H. Matisse / Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Bertrand Prévost

David Hockney, Montcalm interior with two dogs
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David Hockney, Montcalm interior with two dogs, 1988

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La plus onirique

C’est un petit coin de paradis signé David Hockney (1937-) ! Loin du soleil californien, où il a peint ses plus grands chefs-d’œuvre, le peintre britannique représente ici un intérieur cossu à Montcalm au Canada, où ont élu domicile deux chiens dont l’un nous fixe d’un étrange regard luisant. Dans une cacophonie de lignes et de couleurs incandescentes, qui évoquent volontiers les œuvres joyeuses de Bonnard et de Matisse, l’artiste sème notre regard. Chaque élément semble flotter dans l’espace comme dans un rêve.

Huile sur toile • 182,9 x 152,4 cm • Coll. particulière • © David Hockney / Courtesy Sotheby's

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