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Katsushika Hokusai, La grande vague de Kanagawa, 1831 © Affiche de l’exposition « Hokusai, beyond the Great Wave » au British Museum
Depuis son acquisition par le British Museum en 2011, la copie de la Grande Vague de Kanagawa de Hokusai est restée à l’abri de la lumière, du fait de son extrême sensibilité. Pour son exposition intitulée « Hokusai, beyond the Great Wave » consacrée au maître nippon, le British Museum offrira l’opportunité rare à ses visiteurs d’admirer la copie de l’une des œuvres les plus célèbre au monde, avant qu’elle ne retourne dans les réserves du département conservation pour une durée indéterminée, rapporte le journal Evening Standard.
Si des milliers de copies de La Grande Vague ont été imprimées dans les années 1830, très peu survivent encore aujourd’hui. Ce chef-d’œuvre est ancien de presque deux siècles. C’est en 1830 que l’artiste Hokusai s’illustre avec ses estampes baptisées les ukiyo-e, « images du monde flottant une technique d’impression japonaise réalisée à partir de gravure sur bois, très populaire au cours de la période Edo. Ils représentent le plus souvent des paysages de l’archipel et tendront à propulser l’art japonais à travers le monde et à conférer à Hokusai la renommée qu’on lui connaît aujourd’hui.
L’œuvre la plus représentative de l’ukiyo-e est manifestement La Grande Vague, première œuvre d’une série de quarante-six magnifiques estampes réalisées entre 1831 et 1833, intitulée Trente-six vues du mont Fuji. La scène représente une tempête dans la baie de Tokyo, au large de Kanagawa, dans laquelle sont piégées trois barques de pêcheurs. Trois éléments se détachent de la composition : la mer agitée par la tempête, trois bateaux et une montagne, la plus haute du Japon, le mont Fuji. Le mont Fuji est souvent considéré comme un symbole de beauté, lieu de pèlerinage et site de méditation bouddhiste.

Katsushika Hokusai, La grande vague de Kanagawa, 1831 © Wikimedia Commons
Les années 1830 correspondent à une « révolution bleue » dans le travail d’Hokusai, du fait de son recours au « bleu de berlin », plus connu sous le nom de bleu de Prusse. Et si l’iconique Vague de Hokusai n’a pas été exposée pendant six ans, c’est justement du fait de ses couleurs et de leur sensibilité à la lumière. Depuis son acquisition par le British Museum, l’oeuvre n’était pas encore sortie de ses réserves afin d’être « économisée« , confie Tim Clark, commissaire de l’exposition.
Il précise « Dans la Grande Vague, le bleu est aussi intense car l’artiste a utilisé un nouveau piment appelé le bleu de Prusse, mais le jaune des bateaux et le rose du ciel sont issus de teintures végétales donc nous devons y faire très attention et calculer à la fois sa fréquence et son temps d’exposition ». Aussi l’exposition (un événement !) rassemblera près d’une centaine d’œuvres du maître japonais, baptisé par lui-même le « Fou de dessin » ; une rotation des œuvres a été envisagée afin que celles-ci puissent conserver toute leur splendeur.
A noter que La Grande Vague, en 187 ans d’existence, est largement entrée dans la culture populaire. D’abord source d’inspiration de certaines œuvres majeures de la peinture notamment impressionniste, à l’instar de Claude Monet, et de la musique, avec Claude Debussy et sa partition illustrée La Mer ; La Grande Vague fait l’objet de toutes sortes de déclinaisons et fut revisitée à de nombreuses reprises. Elle bénéficie même de son propre émoji ! 🌊
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