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Sebastião Salgado, Mine d’or à ciel ouvert de Serra Pelada, 1986
© Sebastião Salgado
Sebastião Salgado, Le centre de la FEBEM (Fondation pour le bien-être de l’Enfance) dans le quartier de Pacaembu, 1996
Les pupilles de São Paulo
La Fondation pour le bien-être de l’Enfance, à São Paulo, héberge quelque 430 bambins, abandonnés ou confiés par des parents désespérés. Lorsque Salgado s’y invite un jour d’hiver, le soleil éclaire les pavés sur la terrasse de l’immeuble : c’est le prétexte idéal pour prendre l’air ! Lors de la prise, le photographe a volontairement opté pour une grande profondeur de champ qui confère la même netteté aux enfants qu’aux buildings en arrière-plan. Un lien indéfectible unit ces petits brésiliens à la gigantesque ville.
© Sebastião Salgado
Sebastião Salgado, Câbles
Câbles d’alimentation
Des millions de kilomètres séparent le Brésil de la France. Et pourtant… Dans les années 1980, l’un comme l’autre font face à des transformations majeures dues à l’industrialisation. Sebastião Salgado, alors installé en France depuis 1969 pour fuir la dictature du Brésil, se rend dans une usine de Dunkerque pour un reportage. Il y surprend alors un ouvrier suspendu dans les airs qui peine à installer des câbles. Bientôt, des milliers de travailleurs se retrouveront au chômage suite à la connexion de ces câbles à des machines robotisées.
© Sebastião Salgado / Amazonas images
Sebastião Salgado, Femme sur le chantier du canal du Rajasthan, 1989
Des kilomètres à la pelle
Construire un canal de plusieurs milliers de kilomètres sans engins de chantier : mission impossible ? Pourtant, cette femme relevait quotidiennement le défi dans les années 1980, en maniant la pelle, vêtue de ses habits et bijoux traditionnels. Devant un paysage aride, elle creuse la terre pour permettre au Rajasthan de construire l’un des plus grands canaux du monde, à la seule force du poignet. Plus de quarante années furent nécessaire à la mise en place de la voie d’eau dans cette région sèche et stérile du nord de l’Inde.
© Sebastião Salgado
Sebastião Salgado, L’Avenue Jade Maiwan, 1996
Il était une fois dans l’Est
Nous sommes en 1996 à Kaboul, en Afghanistan, sur l’avenue Jade Maiwan. Les Russes viennent de quitter le territoire après une dizaine d’années d’occupation. De cette artère principale du vieux centre de la capitale, il ne reste que quelques murs déchiquetés et des gravats. Dans l’objectif de Salgado, l’avenue Maiwan prend des allures de ville fantôme : la Burqa de la femme au premier plan lui donne des airs d’apparition spectrale, qui s’enfonce dans un décor surnaturel. Le visage masculin qui la croise est ahuri devant ce spectacle terrassant.
© Sebastião Salgado
Sebastião Salgado, Centre de Réhabilitation et de Recherche Amar Jyoti, 2001
Vaincre le désespoir
C’est à peine si on les remarque, tant les visages sont en joie. Mais des attelles sont bel et bien présentes sur les jambes de ces jeunes filles du Centre de Réhabilitation et de Recherche Amar Jyoti, à New Delhi. Ici, elles y reçoivent une éducation, une formation professionnelle et apprennent à vivre avec leur maladie : la polio. Ce virus, provoquant des malformations et paralysies, touchait des milliers de personnes avant son éradication dans les années 2010 grâce à une campagne de santé publique. « J’ai rendu compte de terribles atrocités… très largement attribuables au genre humain… Cet immense effort pour éradiquer la polio m’a redonné la foi, l’espoir en des solutions », déclare-t-il.
© Sebastiao Salgado / Amazonas Images
Sebastião Salgado, L’Instituteur en Bosnie, 1995
Héros solitaire
Qui sait ce que cet instituteur a vécu avant d’arriver sain et sauf à ce point de ralliement des réfugiés ? La guerre de Bosnie-Herzégovine fait rage et s’amplifie en cette année 1995. Après des dizaines de kilomètres de marche, il faudra encore huit heures de route avant d’arriver en zone pacifique, dans la ville de Zenica. En attendant, l’homme est recroquevillé, tétanisé par l’horreur des meurtres commis par les milices serbes de Bosnie. Le photographe expose frontalement l’affliction de ce héros ordinaire. Souvent accusé d’exploiter la misère à des fins esthétiques, Sebastião Salgado proclame qu’« il faut transmettre la dignité des gens, car elle est partout. Le droit à la dignité est notre droit le plus fondamental. »
© Sebastião Salgado
Sebastião Salgado, Moment de prière dans les grandes dunes de sable à Maor, Tadrart, sud de Djanet, Algérie, 2009
Prière contemplative
L’homme assis sur ces dunes de sable en Algérie s’appelle Mohamed. Il est le chauffeur touareg de Sebastião Salgado lors de ses déplacements dans le désert. Orienté vers la Mecque, il tourne le dos au spectateur et l’invite sans le vouloir à partager son expérience méditative, à diriger le regard vers les courbes divinement sensuelles du paysage. Sur de subtiles nuances de gris, la tunique noire et le turban blanc de Mohamed ressortent avec la plus grande élégance. Cette photographie contemplative fait désormais partie du Musée de l’Homme (tout comme les autres clichés exposés), grâce au don du photographe humaniste.
Photographie • © Sebastião Salgado
Sebastião Salgado - Déclarations
Du 13 janvier 2019 au 30 juin 2019
Musée de l'Homme • 17 Place du Trocadéro et du 11 Novembre • 75116 Paris
www.museedelhomme.fr
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Mise à l’échelle
Les plus grands l’avaient déjà photographiée, mais en couleur. En 1986, Sebastião Salgado capture en noir et blanc la mine d’or de la Serra Pelada (dans la région de Pará, au Brésil), dénonçant sous un nouveau jour l’exploitation des 50 000 hommes marchant dans la boue ou creusant la pierre. Sur cette vue en plongée comme une descente aux enfers, il saisit la grouillante termitière qu’est la mine à ciel ouvert. Bien que les magazines soient déjà équipés pour imprimer en couleur, cette série est rapidement publiée par l’éditeur de l’agence Magnum Photos, et ensuite par le magazine New York Times. Désormais, ce cliché est magistralement exposé dès l’entrée du Musée de l’Homme.