ART CONTEMPORAIN

Sur les chemins incertains de William Mackinnon, peintre australien à découvrir à Madrid

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Publié le , mis à jour le
Dans un tout nouveau lieu d’exposition de la capitale espagnole, l’Australien William Mackinnon, installé entre Ibiza et Melbourne, dévoile des paysages à la fois réels et imaginaires, mêlant mémoire, émotion et expérience humaine. À voir si vous êtes de passage ce printemps à Madrid.
Vue de l’exposition “Snakes and Ladders” de William Mackinnon à la Bowman Hal Gallery, Madrid, 2025
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Vue de l’exposition “Snakes and Ladders” de William Mackinnon à la Bowman Hal Gallery, Madrid, 2025

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à gauche : Castles made of sand, 2024
Acrylique, huile, émail automobile et paillettes sur lin
197,5 × 148,5 cm
à droite : The second mountain, 2023
Acrylique, huile, émail automobile et paillettes sur lin
200 × 150 cm

© Bowman Hal Gallery, Madrid

Connaissez-vous « Serpents et échelles » ? Pas forcément présents dans vos étagères, « Snakes and Ladders » (en V.O.) est aux Anglo-Saxons, ce que le « jeu de l’oie » représente chez nous. Un coup du hasard pur, où la victoire est tributaire d’un coup de dés. Il vous suffit d’un lancer malheureux pour redescendre de plusieurs cases, voire retourner au départ. Pour William Mackinnon (né en 1978), la vie c’est un peu comme une partie de « Snakes and Ladders », intitulé de sa dernière exposition : la destinée humaine est parsemée d’embûches, de stops, de bifurcations, qui se présentent à nous. Entre les deux, sur ce chemin qui file vers on ne sait où, il y a des maisons d’Ibiza, des piscines, des pins et des jardins luxuriants.

Ainsi découvre-t-on les paysages complexes, tant par leurs motifs et leurs textures, de ce peintre australien de 47 ans, dans une magnifique exposition, au cœur de Madrid, à deux pas du Palais royal.

Bowman Hal, la nouvelle galerie madrilène

Portrait de l’artiste William Mackinnon à la Bowman Hal Gallery, Madrid, 2025
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Portrait de l’artiste William Mackinnon à la Bowman Hal Gallery, Madrid, 2025

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© Bowman Hal Gallery, Madrid

L’adresse est encore un peu secrète puisque cet accrochage inédit se tient dans la galerie Bowman Hal, white box fraîchement inaugurée en février 2025 – et agréable mise en bouche d’un nouveau centre artistique, le SOLO CSV, amené à présenter progressivement ses espaces d’ici à la fin 2025.

Imaginé pour valoriser la collection SOLO, constituée depuis plusieurs années par Ana Gervás et David Cantolla, entrepreneurs devenus collectionneurs et mécènes de talents internationaux, le SOLO CSV occupera les 4 000 m2 d’une ancienne imprimerie avec moult projets transdisciplinaires. De quoi prolonger l’esprit de Solo Independencia, autre espace de 1 500 m2 de la collection situé à la Puerta de Alcalá. La visite (gratuite, guidée et sur rendez-vous) de ce cocon imaginé par Estudio Herreros, architectes du musée Munch à Oslo, vaut vraiment le détour pour son accrochage permanent (Kaws, Peter Saul…) et ses expositions temporaires (en avril, le peintre espagnol Juan Barjola).

Obstacles et horizons interprétés en peinture

« Pour moi, peindre est une façon d’être au monde, une façon de comprendre ce que signifie être humain. »

Revenons-en à nos serpents : « Il y a un décalage, explique William Mackinnon, entre ce que l’on pense faire et ce qui se passe réellement. Quand je rencontre des difficultés avec un tableau, cela m’oblige à explorer de nouveaux horizons pour trouver une solution. Sans ces obstacles, les résultats surprenants sont impossibles. Il n’y a pas de raccourci. »

William MacKinnon, Snakes and Ladders
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William MacKinnon, Snakes and Ladders, 2024

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Acrylique, huile, émail automobile et paillettes sur lin • 220,5 × 480,5 cm • © William Mackinnon / Courtesy Bowman Hal Gallery, Madrid

L’horizon est souvent crépusculaire (du violet au bleu), les panneaux de signalisation indiquent qu’on fait fausse route, ou qu’il faut avancer. Sur des chemins, on roule pour l’incertain… « Pour moi, peindre est une façon d’être au monde, une façon de comprendre ce que signifie être humain. » On capte la fêlure – « un accident, un divorce, une dépression », détaille pudiquement Mackinnon – qu’il va retranscrire dans ses peintures grand format. Les notions de retour, de départ et d’appartenance sont également importantes pour l’artiste, qui réside actuellement entre Ibiza et Melbourne, faisant la navette de l’une à l’autre au rythme d’un oiseau migrateur. Les décors connus de l’artiste s’imposent par fragments, autant qu’il en imagine d’autres.

Une attention à la texture

William Mackinnon, The party is over and I thought there was something more to say
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William Mackinnon, The party is over and I thought there was something more to say, 2023

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Acrylique, huile et émail automobile avec paillettes sur lin • 160 × 220 cm • © William Mackinnon / Courtesy Bowman Hal Gallery, Madrid

Mackinnon aime par-dessus tout triturer la matière, essayer des techniques, utiliser des végétaux, des sacs, gratter, éponger, superposer. Sa palette n’ignore ni l’acrylique, ni l’huile, ni les peintures automobiles, ni les paillettes. Il expérimente aussi le plâtre et la colle à ongles, obtenant ainsi une large gamme de textures et de formes. Les arbres font de l’ombre, les eaux turquoise scintillent de fraîcheur, les paysages travaillés au noir révèlent leurs couches à mesure que notre œil s’adapte à l’obscurité.

Chez Mckinnon, la route est émotionnelle : « Je ne veux pas que quelqu’un d’autre ressente mes émotions, prévient toutefois l’artiste. Je veux simplement qu’il ressente quelque chose. » Le contrat est rempli.

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Snakes and Ladders – William Mackinnon

Du 3 avril 2025 au 10 mai 2025

www.bowmanhal.com

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SOLO Independencia

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