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Musée du Luxembourg

Tintoret ou le génie de la mise en scène

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Publié le , mis à jour le
Le musée du Luxembourg consacre une grande exposition au génie de Tintoret à l’occasion du 500e anniversaire de sa naissance. Une plongée envoûtante dans la Venise de la Renaissance, entre scènes bibliques et épisodes mythologiques. À voir jusqu’au 1er juillet.
Tintoret et son atelier, Concert des Muses
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Tintoret et son atelier, Concert des Muses, vers 1555

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Le concours qui tourne court

Ayant osé défier les Muses lors d’un concours musical, les neuf filles de Piéros, roi de Macédoine, sont transformées en oiseaux par Apollon. On les aperçoit à l’arrière-plan en train de fuir, s’envolant dans le ciel. Les Muses, elles, occupent tout le premier plan, débordant presque de l’image, procédé auquel recourt souvent Tintoret. La joueuse d’orgue se tient au centre du tableau, encadrée par des joueuses de luth et viole de gambe. L’œuvre a sans doute été réalisée pour orner un couvercle de clavecin, un dessus de porte ou un magasin de musique.

Huile sur toile • 166 x 250 cm • Bayerische Staatsgemäldesammlungen Alte Pinakothek, Munich • © BPK, Berlin, dist. RMN-GP/Image BStGS

Tintoret et son atelier (Giovanni Galizzi), Salomon et la reine de Saba
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Tintoret et son atelier (Giovanni Galizzi), Salomon et la reine de Saba, vers 1546-1548

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Visite d’une reine

Salomon, roi d’Israël, reçoit dans le temple de Jérusalem la reine de Saba, venue lui rendre hommage avec de luxueux présents. Cet épisode est orchestré de façon théâtrale. La reine s’apprête à se prosterner devant Salomon qui, d’un geste affable, l’invite à se relever. La scène est mise en exergue par l’escalier montant vers le trône, couvert d’un tapis, et celui, à l’arrière-plan, où descend un personnage. L’observateur peut se régaler des nombreux détails livrés avec soin par l’artiste : les servantes richement vêtues qui patientent dans l’ombre, le fauconnier devant les grilles du jardin ouvert sur la mer, et, pour les connaisseurs, un clin d’œil à une sculpture de Bartolomeo Ammannati, contemporain de Tintoret, dans la pose du soldat allongé avec une cuirasse.

Huile sur toile • 151 x 238 cm • Bob Jones University Museum and Gallery, Greenville • © Bob Jones Universtiy Museum and Gallery, Greenville

Tintoret et son atelier, Judith dans la tente d’Holopherne
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Tintoret et son atelier, Judith dans la tente d’Holopherne, vers 1554-1555

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Une minute avant le crime

Le peintre n’a pu résister lui non plus à la beauté légendaire de Judith, héroïne biblique qui n’hésita pas à séduire puis décapiter le général Holopherne pour repousser l’invasion assyrienne. Il représente l’épisode dramatique, juste avant qu’elle n’assassine le malheureux. Son corps endormi repose sur le lit, dont la tenture sombre semble évoquer l’intérieur d’un caveau. D’un geste gracieux et sensuel, elle s’apprête à commettre son crime tandis que sa servante porte déjà un tissu destiné à envelopper la tête afin de l’emporter en guise de trophée.

Huile sur toile • 58 x 119 cm • Museo Nacional del Prado, Madrid • Photo Josse/Leemage

Tintoret, Le Péché originel
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Tintoret, Le Péché originel, vers 1551-1552

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La Genèse d’un chef-d’œuvre

Son biographe, Carlo Ridolfi, ne s’y était pas trompé en considérant ce nu comme l’un des chefs-d’œuvre de Tintoret, pouvant justifier à lui seul sa renommée. Les corps lumineux du couple biblique se détachent d’un paysage presque monochrome, conçu dans une palette de bruns et de verts ténébreux. D’un geste d’une grande douceur, Ève, figure de la tentation des plus gracieuses, toute en rondeurs, tend à Adam, hésitant, le fruit défendu, poussée par le serpent, à peine visible, enroulé autour de l’arbre. À l’arrière-plan, Tintoret a représenté Adam et Ève chassés du paradis par l’ange enveloppé d’un halo de lumière. L’influence du tableau fut immense et il fit l’objet de copies jusqu’au XIXe siècle.

Huile sur toile • 150 x 220 cm • Galleria dell’Accademia, Venise • © Luisa Ricciarini/Leemage

Tintoret et son atelier (Giovanni Galizzi), Le Christ et la femme adultère
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Tintoret et son atelier (Giovanni Galizzi), Le Christ et la femme adultère, vers 1547-1549

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À Venise comme au théâtre

Pour évoquer l’épisode évangélique dans lequel Jésus défend la femme adultère menacée de lapidation par les scribes et les pharisiens, Tintoret, assisté de Giovanni Galizzi, décrit un espace semblable une fois encore à une scène de théâtre. D’abord l’avant-scène où le Christ, assis et entouré des apôtres, dialogue avec la pécheresse tandis que ses accusateurs battent en retraite. Puis une série de colonnades occupe le second plan et la perspective architecturale s’ouvre sur le décor de l’arrière-plan, un paysage maritime vaporeux et lumineux donnant une grande profondeur à l’ensemble. Une image sensationnelle destinée à exalter Venise en tant que cité de la justice et de la tolérance.

Huile sur toile • 118,5 x 168 cm • Galleria Nazionale d’Arte Antica, Palazzo Barberini, Rome • © Scala

Tintoret et son atelier (Giovanni Galizzi), Le Christ avec la femme adultère
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Tintoret et son atelier (Giovanni Galizzi), Le Christ avec la femme adultère, vers 1547-1549

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La femme adultère, acte 2

Relativement mal conservée mais non dépourvue d’intérêt, cette toile a probablement été exécutée en deux temps. D’abord, Tintoret a soigneusement construit l’espace, expérimentant de nouvelles perspectives pour composer un décor digne des théâtres de la Renaissance italienne. Il puise notamment dans les projets scéniques de l’architecte Sebastiano Serlio et du peintre Paris Bordone avec qui il a peut-être collaboré dans l’atelier de Bonifacio de’ Pitati. Puis, une fois ses recherches abouties, il a laissé à son assistant Giovanni Galizzi le soin d’achever la toile.

Huile sur toile • 159,5 x 223 cm • Rijksmuseum, Amsterdam • © Rijksmuseum, Amsterdam

Tintoret et son atelier, Suzanne et les vieillards
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Tintoret et son atelier, Suzanne et les vieillards, vers 1554-1555

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Le geste de trop

Cette œuvre fait partie d’un ensemble de sept tableaux que Diego Vélasquez, peintre favori de Philippe IV d’Espagne, rapporta d’Italie en 1651. Illustrant des scènes de l’Ancien Testament, la figure féminine (qu’elle soit vertueuse ou séductrice) y joue un rôle de premier ordre par le courage dont elle fait preuve. Ici, Suzanne, délicate jeune femme à la peau d’albâtre, que des vieillards espionnaient pendant son bain, refuse leurs avances. Pour se venger, ils l’accusent d’adultère mais elle est finalement sauvée de la condamnation à mort grâce au prophète Daniel qui prouve son innocence. Tintoret a choisi de représenter le moment où l’un des vieillards profite de son mouvement de recul pour lui peloter les seins.

Huile sur toile • 58 x 116 cm • Museo Nacional del Prado, Madrid • © Akg-images

Tintoret, L’Enlèvement du corps de saint Marc par les chrétiens
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Tintoret, L’Enlèvement du corps de saint Marc par les chrétiens, 1545

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Le miracle avant la tempête

C’est dans un décor architectural fantastique que l’artiste situe l’épisode miraculeux durant lequel les chrétiens parviennent, grâce à une pluie providentielle, à récupérer le corps martyrisé de saint Marc avant qu’il ne soit brûlé. Tintoret s’inspire d’une gravure tirée du Terzo libro (Livre III) du traité d’architecture de Sebastiano Serlio pour offrir cette vision urbanistique spectaculaire dominée par le Tempietto romain (1502) de Bramante. Sur la gauche, il reproduit un imposant portail (vers 1545) de Bartolomeo Ammannati tandis que le groupe de figures s’inspire d’une Mise au tombeau peinte par Pordenone (vers 1532).

Huile sur toile • 108,8 x 125 cm • © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles/ Photo J. Geleyns/Ro scan

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Tintoret - Naissance d'un génie

Du 7 mars 2018 au 1 juillet 2018

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