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Attribué à Mihr Ali, Portrait de Fath Ali Shah (1797-1834), Iran, Téhéran, vers 1805
Huile sur toile • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-GP (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Danseuse au tambourin, Iran, vers 1820-1830
Dans le tourbillon de la danse
Souvent liées, la musique et les femmes occupent une grande place dans l’iconographie qajare. Munie d’un grand tambourin, cette danseuse n’échappe pas aux canons de beauté iraniens codifiés depuis l’époque médiévale : une petite bouche ourlée de rose, de grands yeux noirs en amande soulignés de khôl… et un monosourcil, atout suprême de séduction !
Huile sur toile • Coll. bibliothèque-musée Inguimbertine, Carpentras • © Inp / Ghyslain Vanneste
Ordre du Lion et du Soleil, Iran, vers 1840
Joyau souverain
Sertie de gemmes colorées et finement taillées (dont la Perse s’est fait une spécialité), cette décoration en or cristallise l’autorité politique et religieuse du souverain. Au centre, sur une incrustation en émail peint (autre spécialité locale), le lion représente Ali, neveu du prophète Mahomet et guide spirituel des Chiites. Derrière lui se lève un soleil rayonnant, symbole d’autorité suprême. Proclamé religion d’État en Iran dès le début du XVIe siècle, le chiisme est l’une des deux principales branches de l’islam.
Or et pierres précieuses, décor d’émail peint et champlevé • Coll. Aga Khan Museum, Toronto • © Aga Khan Museum
Reliure à décor de rose et de rossignol, Iran, fin du XVIIIe ou début du XIXe siècle
Le jardin des roses
En Iran, les arts du livre occupent une place centrale. En témoigne cette reliure ornée de fleurs multicolores et d’un rossignol admirant de superbes roses, motif chéri des écrivains et des peintres qajars symbolisant la beauté, les sentiments et la connaissance spirituelle. Chez Hâfez, poète mystique du XIVe siècle, un rossignol volant autour d’une rose représente l’amant admirant sa bien-aimée, ou l’élève son maître spirituel. En référence à un célèbre recueil de poèmes du XIIIe siècle, le palais qajar à Téhéran se nomme d’ailleurs Golestan… c’est-à-dire « jardin des roses » !
Papier mâché peint sous vernis • Coll. musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Hughes Dubois
Félin, Iran, Ispahan (?), fin du XIXe siècle
Précieux félin
Ce chat, animal particulièrement estimé dans la religion musulmane, a reçu tous les honneurs : fabriqué en acier damassé, il a été décoré de motifs en fils d’or incrustés selon la technique médiévale du damasquinage, revenue à la mode au XIXe siècle.
Acier damassé, décor damasquiné d’or • Coll. musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Hervé Lewandowski
Page d’un Sahinshahnama, Iran, vers 1810-1840
La fine fleur du royaume
En 1810, Fath Ali Shah demande à un poète de cour, Saba, d’élaborer le « livre du Roi des Rois ». La consigne ? Relater l’arrivée au pouvoir de la dynastie qajare et les dix premières années de son règne. Délicatement illustrée et calligraphiée, cette page le dépeint en train d’accorder des audiences dans la salle du trône. À ses pieds, un scribe retranscrit les échanges. Au fond, les rideaux rouges rappellent que le Palais du Golestan est un théâtre de mise en scène du pouvoir. Reproduite sur de nombreux objets, cette image obéit aux codes d’un style pictural mis en place depuis le XIIe siècle : une peinture minutieuse avec contrastes de couleurs vives, visages stylisés et tissus à motifs floraux.
Couleurs et or sur papier • Coll. musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, Dist. RMN-GP / Raphaël Chipault
Portrait de Fath Ali Shah, Iran, Téhéran, vers 1850
Tenture iconique
L’effigie de Fath Ali Shah se multiplie sur les objets et les créations textiles, grande spécialité persane. Sur cette tenture, vêtu d’un somptueux habit (selon une mode de cour qu’il a lui-même codifiée), le monarque apparaît comme une icône. De fines fleurs entourées d’une frise de botehs (motifs persans en forme de gouttes, symboles mystiques d’amour et d’harmonie) faisant office d’enluminures…
Toile de coton, décor appliqué de drap de laine • Coll. musée d'histoire, Berne • © Bernisches Historisches Museum
Joueur de setâr, Iran, vers 1830-1840
Un coin de paradis
La musique contribue à faire du palais qajar un paradis terrestre. De la famille des luths à manche long, le setâr est le cousin iranien du sitar indien : un instrument traditionnel aux tonalités suaves et méditatives, qui se joue dans l’intimité comme le souligne la présence d’un petit chat domestique. Véritable patchwork de tissus à motifs (avec un effet collage dû à l’absence de perspective), ce tableau est un joyeux condensé de spécialités persanes… dont le bol à fleurs peintes, typique de l’artisanat local.
Huile sur toile • Coll. bibliothèque universitaire des langues et civilisations orientales, Paris • © INALCO / Philippe Fuzeau
Tiare ayant appartenu à la reine Victoria, Iran, avant 1838
Un cadeau à la reine d’Angleterre
Sertie de diamants, de rubis et de perles, cette luxueuse tiare en or fut offerte à la reine Victoria le 30 août 1838, deux mois après son couronnement. Sur la face intérieure des douze ornements en forme de botehs se cachent des décors en émail peint. Souverain de Mascate (capitale d’un petit État arabe cherchant à s’émanciper des Qajars), son commanditaire Sayyid Saïd espère se faire une alliée de taille…
Or, décor d’émail peint, perles, diamants et rubis • Coll. Windsor, Royal Collection Trust • © Royal Collection Trust © Her Majesty Queen Elizabeth II 2018
Portrait de Nasir al-Din Shah en apothéose, Iran, Téhéran, 1858-1859
Sur un petit nuage
Assis dans les cieux, Nasir al-Din Shah (r. 1848–1896), quatrième souverain de la dynastie Qajar, s’élève au rang de divinité. Attaché aux traditions mais aussi désireux de moderniser l’Iran, ce passionné de photographie est le premier souverain à voyager hors du pays, en Russie et en Europe où il se rend à l’opéra et visite les expositions universelles. La traditionnelle barbe a laissé place à une moustache et la robe longue à une veste bordée de fourrure à la mode russe et un pantalon à bande inspiré des tenues militaires européennes. Après son assassinat par un activiste panislamique, trois Shahs lui succèderont avant l’extinction de la dynastie Qajar en 1925.
Encre, pigments et or sur papier • Coll. musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, dist. RMN-GP / Claire Tabbagh / Collections Numériques
L'Empire des roses - Chefs-d'œuvre de l'art persan du XIXe siècle
Du 28 mars 2018 au 22 juillet 2018
Musée du Louvre-Lens • 99 Rue Paul Bert • 62300 Lens
www.louvrelens.fr
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Portrait en majesté
Le souverain Fath Ali Shah (r. 1798–1834) brille de mille feux. Couvert d’or, d’émeraudes et de diamants, il exhibe les attributs de son pouvoir – couronne, sceptre et sabre recourbé – ainsi qu’une impressionnante barbe noire, signe de virilité. Visage stylisé, pose figée : le peintre ne se préoccupe guère du réalisme. Sa mission : souligner la puissance et le raffinement du Shah en détaillant chaque élément de sa parure avec une précision de miniaturiste. Fath Ali, qui diffuse ses portraits dans toute l’Europe (dont celui-ci offert à Napoléon en 1806), est l’initiateur de l’art qajar. Un art tout entier au service de son image… et de la consolidation d’une dynastie fragilisée par l’assassinat, en 1797, de son oncle et prédécesseur, fondateur de la lignée qajar en 1786.