Mélanger des œuvres de Francis Picabia et de Cindy Sherman ? Il fallait oser… La galerie 1900–2000 l’a brillamment fait ! Une rencontre au sommet entre le peintre surréaliste et la photographe caméléon : l’un est mort un an avant que l’autre ne naisse. La série de dessins (crayon et fusain rehaussés de gouache) de Picabia datant des années 1941–1942 est incrustée au milieu d’un décor de 2010 réalisé par la célèbre américaine et qui devient fresque murale.
Cindy Sherman et Francis Picabia, « Untitled » et « Portraits de femme », 2010 et vers 1940–1942
Papier peint et dessins • Courtesy galerie 1900–2000, Paris / © Adagp, Paris 2018
Galerie 1900-2000
Hall 2.0 – H6
Ces vidéos diffusées sur trois écrans géants montrent la vie des migrants au sein des camps de réfugiés. Filmées à l’aide de caméras thermiques, capables de capturer des images à plus de 30 kilomètres, les images rapportent des scènes de violence, des morceaux de vie quotidienne, des moments de panique. Richard Mosse est un photographe réputé pour ses photos documentaires autour des thèmes de la migration et de la guerre. On se souvient de ses images saisissantes de soldats au Kivu, conflit armé qui se prolonge depuis 2004 en République démocratique du Congo. Là encore, l’utilisation de la caméra thermique en captant la chaleur des corps, dessine des silhouettes, et renforce le sentiment d’empathie face au drame humain.
Richard Mosse, Incoming, 2016
Vidéo • Courtesy carlier | gebauer, Berlin & Jack Shainman Gallery, New York / © Sipa – Catherine Kohler
Unlimited
Hall 1.1 – U32
Artiste minimaliste, dans la lignée de Carl Andre et Donald Judd – ses contemporains –, Fred Sandback crée des volumes à partir de fils tendus. Se revendiquant sculpteur plutôt qu’architecte, son travail consiste à produire des structures immatérielles dans un espace bien réel. L’œuvre présentée à Art Basel est faite de 21 fils noirs qui constituent 7 triangles alignés, une exception dans l’univers de Sandback qui ne multipliait que très peu les formes.
Fred Sandback, Untitled (Sculptural Study, Seven-part Triangular Construction), 1982–2011
Fils de laine noire • Courtesy galerie David Zwirner, New York
Unlimited
Hall 1.1 – U22
L’artiste sulfureux de l’art contemporain (le « Plug anal » des Tuileries, souvenez-vous, c’est lui !) réinterprète le célèbre Déjeuner sur l’herbe avec cette œuvre surprenante. De loin cela ressemble à une cagette agrémentée de quelques plantes. Approchez-vous ! On remarque alors de petits personnages… qui se livrent à des jeux amoureux ! Comme dans le tableau d’Édouard Manet, de jeunes plantureuses côtoient des hommes élégamment habillés. Le spectateur curieux doit se pencher sur l’œuvre pour découvrir tous les détails de cette microscopique scène champêtre.
Paul McCarthy, CSSC Luncheon on the Grass, 2015–2018
Mousse, lumière, bois, plantes artificielles, peinture • 164 × 120 × 120 cm • Courtesy galerie Hufkens, Bruxelles
Galerie Xavier Hufkens
Hall 2.0 – B14
Georg Baselitz, qui fête ses 80 ans printemps, est à l’honneur dans plusieurs musées cet été (le musée Unterlinden de Colmar vient d’inaugurer une exposition inédite), et Art Basel n’est pas en reste. Plusieurs tableaux de l’artiste sont présents à la foire, notamment sur le stand de la galerie Thaddaeus Ropac qui expose une œuvre de 1968 (A Fractured Dog, Upwards). N’y manquez pas non plus cette œuvre récente, issue de la série-fleuve entamée depuis 2014, où l’artiste interroge le passage du temps sur son corps mis à nu.
Georg Baselitz, Noch kein Braun, aber Rosa, 2018
Huile sur toile • 305 × 260 cm • Courtesy galerie Thaddaeus Ropac, Paris Londres, Salzbourg / © Georg Baselitz / Photo Jochen Littkemann
Galerie Thaddaeus Ropac
Hall 2.0 – B1
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