En partenariat avec Le Quotidien de l'Art

Linda Sánchez, 11 752 mètres et des poussières, 2014
Film Blue-Ray, projection ou écran plat • 71 mn • Coll. IAC Villeurbanne • Courtsey Linda Sánchez © Photo Blaise Adilon
James Tissot, Portrait de Mathilde Sée, vers 1885
Portrait très chic au Petit Palais
On a pu la découvrir dans les salles de l’exposition « L’Art du pastel, de Degas à Redon », au Petit Palais, au printemps 2018. Dans cette œuvre éclatante de couleurs, exécutée avec une virtuosité certaine, le peintre de la bonne société victorienne James Tissot rend hommage à une jeune artiste, Mathilde Sée. Représentée dans un salon cossu, elle est accoudée avec nonchalance sur un amoncellement d’estampes japonaises. Après avoir essuyé un premier refus de la maison de ventes Artcurial, qui n’acceptait aucun prix au-dessous de 120 000 euros, le Petit Palais a préempté cette pièce remarquable fin janvier… sans avoir à augmenter son offre !
Pastel sur papier marouflé sur toile • Coll. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais • © Roger-Viollet
Collet de gentilhomme, vers 1580-1600
Belle parure au musée des Arts décoratifs
Lorsqu’il l’a aperçu pour la première fois, Denis Bruna, responsable des collections « Modes et textiles antérieurs à 1800 » au MAD (musée des Arts décoratifs), avait déjà le sentiment d’être face à une pièce rare. Le temps lui a donné raison. La valeur de ce collet d’époque Henri IV en chamois naturel, brodé de satin bleu et de fils d’or, tient à son parfait état, sans équivalent en France pour un objet de ce genre. Il a été acquis pour 56 880 euros, soit plus du double de son estimation initiale.
Chamois brodé • Coll. Musée des Arts Décoratifs, Paris • © Photo Marc Tomasi
Paul Sérusier, Tétraèdres, vers 1910
Paul Sérusier cosmique au musée d’Orsay
Le célèbre nabi, auteur du Talisman, mène ici à son paroxysme la leçon de peinture de Gauguin, qui l’exhorta, au tournant du siècle, à libérer sa palette des contraintes du réel. Empreinte de mysticisme, la toile dépeint un non-lieu uniquement régi par la forme et la couleur, en allusion à l’union de l’homme et du cosmos. Elle complète le fonds déjà conséquent du peintre qu’abrite le musée d’Orsay. L’institution consacre d’ailleurs à l’artiste sa première grande exposition monographique à partir du 29 janvier.
Huile sur toile • 92 x 56 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris • © Patrice Schmidt / musée d'Orsay dist. RMN-GP
Gaëlle Choisne, Quelques vivres pour l’au-delà ( sandwich, moment fragile, clopes et autres futilités…), 2018
Vanité au Frac Champagne-Ardenne
« Sandwichs, clopes et autres futilités ». Voilà les vivres que Gaëlle Choisne a rassemblés pour son voyage dans l’au-delà. Telles des amulettes, ces provisions sont accrochées à une parure protectrice, censée la préserver des intempéries du monde extérieur lors de son cheminement vers la mort. Créée à la demande de Marie Griffay, directrice du Frac champenois, cette œuvre éminemment spirituelle trouvait naturellement sa place dans la collection.
Tissus, ouate, cigarettes chinoises, photographie couleur, céramique émaillée, flasque de whisky, coquilles d’huîtres, porte-clés « sandwich », pièces trouées, fils colorés, chaînette dorée, élément en céramique. • 250 x 112 x 25 cm • Coll. FRAC-Champagne Ardenne
Charles-Antoine Coypel, Étude d’homme assis d’après Samuel van Hoogstraten, XVIIIe siècle
Antoine Coypel à l’école hollandaise dans le fonds de l’ENSBA
Longtemps considérée comme une copie de Rembrandt, cette élégante esquisse d’Antoine Coypel reprend en réalité le travail d’un des élèves du maître hollandais, Samuel van Hoogstraten. Le peintre français se l’approprie en y injectant audacieusement de la couleur, à laquelle il mêle son trait léger, presque aérien. Adjugée aux enchères à 17 000 euros, l’œuvre constitue un ajout particulièrement pertinent pour l’école, qui aborde à travers ses collections la question de l’enseignement. D’autant plus que le peintre fut lui-même membre de l’Académie de peinture (ancêtre de l’École nationale supérieure des beaux-arts). La boucle est bouclée…
pierre noire, sanguine, lavis d'encre de Chine et aquarelle • Coll. Cabinet des dessins de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris • © Beaux-Arts de Paris
Viswanadhan, Terres de France, 2014-2015
Dialogue franco-indien au Centre Pompidou
C’était le premier don de l’artiste et cinéaste indien à une institution française. Et son choix n’est pas dû au hasard : le Centre Pompidou avait soutenu sa carrière dans les années 1980, alors qu’il était encore peu connu en France. Ce dernier a alors décidé d’offrir au musée une de ses toiles monumentales, Les Terres de France (2016), où il dresse le portrait de son pays adoptif. Bernard Blistène, directeur du musée national d’Art moderne, a saisi l’occasion d’acquérir auprès du peintre une seconde toile, Sable (1976), conçue quarante ans plus tôt d’après le paysage des plages indiennes…
Oeuvre composée de 21 toiles recouvertes de terre de diverses provenances • Coll. Paris, Centre Pompidou - Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat © ADAGP, Paris 2018
George Segal, Woman Lying on Bed III, 1994
In bed with George Segal au musée de Grenoble
Acquise par le musée de Grenoble avec l’aide du Fonds régional d’acquisition des musées Auvergne-Rhône-Alpes, cette pièce nimbée de mélancolie de George Segal illustre la démarche du sculpteur américain, dont on connaît surtout les moulages de nus transposés dans des environnements quotidiens. Une manière pour lui de désacraliser les corps et d’en révéler subtilement la sensualité…
Plâtre, peinture, bois, technique mixte • 243,8 x 320 x 162,6 cm • Coll. Musée de Grenoble • © Photo B.Huet/Tutti. Courtesy Galerie Templon, Paris et Bruxelles
Judit Reigl, New York, 2001
La chute de l’homme au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Inspirée des attentats du 11 septembre 2001, cette silhouette désincarnée de Judit Reigl capture une chute en apesanteur sur un fond écarlate (bain de sang ou feu ravageur ?). Elle est l’une des cinq œuvres de la peintre hongroise qui ont rejoint cette année le musée d’Art moderne de la Ville de Paris, lequel en détenait déjà quatre.
Huile sur toile • 200 x 180 cm • Coll. Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris • © Philippe Boudreaux © ADAGP, Paris 2018
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Un ballet aquatique à l’IAC
Le pari est poétique : suivre, pendant 71 minutes, le trajet hasardeux d’une goutte d’eau sur une surface dont on ne connaît ni l’étendue, ni l’inclinaison, ni la nature. Cette valse frénétique est en réalité maîtrisée par l’artiste, qui en dirige la glissade à sa guise. « C’est un film de sculpteur », explique Nathalie Ergino, directrice de l’IAC (Institut d’art contemporain) de Villeurbanne, confiant que l’achat, à hauteur de 6 000 euros, cristallise une collaboration de longue date entre l’artiste et l’institution. L’acquisition s’inscrit dans le succès récent de la jeune plasticienne, nommée lauréate de la bourse Révélations Emerige en 2017, et qui a également remporté le prix de la découverte des amis du palais de Tokyo cette année.