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Berthe Morisot, Le Berceau, 1872
huile sur toile • 56 x 46 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Berthe Morisot, Le Berceau (détail), 1872
Un cocon de douceur
Rien ne semble pouvoir troubler la quiétude de ce moment d’intimité partagé. Penchée sur le couffin, Edma regarde silencieusement son enfant. La ligne invisible décrite par son regard suit celle du voilage blanc qui, à l’arrière-plan de la composition, semble envelopper les personnages dans un cocon de douceur. Cette impression de sécurité est renforcée par le geste protecteur de la mère, qui tient entre ses doigts le voile immaculé du couffin, comme pour maintenir à distance le spectateur.
huile sur toile • 56 x 45 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Berthe Morisot, Le Berceau (détail), 1872
Deux sœurs
Berthe Morisot a commencé sa carrière de peintre au côté d’Edma. Ensemble, les deux sœurs passent de longues après-midis à copier les chefs-d’œuvre du Louvre, où Berthe fait la rencontre du peintre Édouard Manet, dont elle épousera le frère. Edma met, quant à elle, un terme à sa carrière artistique naissante lorsqu’elle se marie. Berthe conserve néanmoins des liens étroits avec sa sœur partie s’installer à Lorient, et qui fait de nombreuses apparitions dans la peinture de sa cadette.
huile sur toile • 56 x 45 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Berthe Morisot, Le Berceau (détail), 1872
Entre tradition et modernité
Les trois quarts de la composition sont occupés par l’imposant berceau, qui ressemble à une fragile chrysalide, à travers laquelle on distingue les traits délicats du nourrisson endormi. Des madones de Raphaël aux portraits mère-fille d’Élisabeth Vigée Le Brun, cette touchante scène d’amour maternel s’inscrit dans une longue tradition iconographique, que l’artiste impressionniste, résolument moderne, revisite de façon très personnelle.
huile sur toile • 56 x 45 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Berthe Morisot, Le Berceau (détail), 1872
Une palette réduite
Berthe Morisot fait ici preuve d’une grande économie de moyens. Pour traduire le calme de la scène et la pureté du lien qui unit cette mère à son enfant, l’artiste a opté pour un subtil camaïeu de blancs et de gris, réhaussé de rose. Toute la composition vibre de la touche enlevée de la peintre, dont les énergiques coups de pinceaux révèlent de subtils jeux de lumière et de transparence.
huile sur toile • 56 x 45 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Berthe Morisot, Le Berceau (détail), 1872
Une œuvre féministe ?
Berthe Morisot représente sa sœur accoudée au berceau de son enfant – une pose éminemment mélancolique. Les traits de son visage, particulièrement bien détaillés, sont ambigus : est-elle sereine ? Ou au contraire soucieuse ? Si une grande quiétude émane de la composition, on peut aussi y voir une image de l’enfermement domestique des jeunes mères en cette seconde moitié du XIXe siècle.
huile sur toile • 56 x 45 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Paris 1874 – Inventer l’impressionnisme
Musée d'Orsay
Du 26 mars 2024 au 14 juillet 2024
Adresse : Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
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Une maternité impressionniste
Le Berceau est assurément l’un des tableaux les plus célèbres de Berthe Morisot (1841–1895). Dans ce huis clos plein de douceur, l’artiste représente sa sœur, Edma, veillant tendrement sur son bébé. Peinte en 1872, l’œuvre est présentée pour la première fois lors de l’exposition des impressionnistes inaugurale à Paris en 1874. L’artiste est alors la seule femme à y prendre part. Il s’agit de la première image de maternité dans l’œuvre de Morisot, qui en fera par la suite l’un de ses thèmes de prédilection.