Projet pour la façade de l’Institut de la photographie à Lille, 2023
© Berger&Berger
Vendredi 17 novembre, l’Institut pour la photographie, installé en 2019 dans l’ancien lycée Édouard-Lalo situé rue de Thionville, dans le Vieux-Lille, a présenté à la presse son grand projet de transformation : un vaste chantier de restauration et de réhabilitation de ses deux bâtiments historiques, auxquels s’ajoutera la construction de nouveaux espaces attenants.
Le projet : « 3 900 m² de surface consacrée à la photographie, avec une plus grande accessibilité, des ascenseurs, une mise aux normes, des façades et des intérieurs restaurés. Il y aura des surfaces d’exposition conçues pour mettre en valeur les photographies, une librairie, une bibliothèque, un bar-restaurant, un atelier pédagogique et un bâtiment de conservation », détaille la directrice du lieu, Anne Lacoste.
Initié en 2019, ce projet, dont le budget a été fixé en 2021 à 16,23 millions d’euros, était très attendu par les Lillois. Car depuis son ouverture, l’Institut présente ses expositions dans des espaces vétustes, peu adaptés à la mise en valeur de ses fonds photographiques : celui de Bettina Rheims, qui comprend plus de 350 000 objets, ainsi que ceux d’Agnès Varda et de Jean-Louis Schoellkopf. « Il fallait des espaces à la hauteur », souligne Anne Lacoste. D’autant que l’Institut abrite également une précieuse bibliothèque qui contient 26 000 livres photo de la collection Lucien Birgé, datant du XIXe siècle à nos jours.
Vue aérienne du périmètre de l’Institut de la photographie après l’extension (avant travaux), 2023
« Nous allons créer un quartier consacré à la photographie, qui sera ouvert au plus grand nombre », déclare Anne Lacoste. « Ce projet, porté par la région et issu de discussions entre Sam Stourdzé [ex-directeur des Rencontres d’Arles, ndlr] et Xavier Bertrand [président du conseil régional des Hauts-de-France], est l’un des rares projets novateurs de cet ordre actuellement en France », ajoute le président de l’Institut, Marin Karmitz.
« On en est maintenant aux phases d’instruction du permis de construire, expliquent les architectes mandataires du cabinet Berger & Berger. Il y a eu beaucoup de discussions avec la ville et les architectes des bâtiments de France pour préserver les deux bâtiments historiques avec lesquels il a fallu composer : le 11 rue de Thionville, un ancien hôtel particulier du XIXe siècle ; et un second qui date plutôt des années 1930. Il y avait enfin, derrière ces bâtiments, des salles de classe qui sont actuellement en train d’être démolies, et où se trouveront les nouveaux espaces d’exposition ».
Le lieu comptera en tout 800 m² dédiés à la conservation des œuvres, environ autant d’espaces d’exposition (dont 550 m² d’espaces neufs), 1 400 m² dédiés à la pratique et à la fonctionnalité du lieu, 500 m² de bâtiments techniques, et enfin les cours ainsi que trois jardins créés. Au cœur du site, le nouveau bâtiment de conservation aux murs aveugles se fondra dans son environnement grâce à une architecture en briques dans un style du début du XXe siècle, inspirée du couvent des Dominicains de Lille. L’édifice pourra accueillir entre dix et quinze fonds photographiques. « On sera l’une des rares institutions à avoir en interne un atelier de conservation et de restauration photo. C’était un besoin sur le territoire », précise Anne Lacoste.
Dans sa nouvelle version, l’Institut présentera plusieurs expositions par an. Pendant les travaux, la programmation hors-les-murs prendra le relai. La grande réouverture est espérée pour début 2026, si aucun vestige nécessitant des fouilles archéologiques n’est découvert au fond de la parcelle (des carottages y étant actuellement réalisés par l’Inrap), ce qui aurait pour effet de retarder un peu le chantier.
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