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À Paris, un nouveau “musée” illusionniste brouille les pistes

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Vue des installations hypnotiques du Paradox Museum
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Vue des installations hypnotiques du Paradox Museum

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© Albin Durand, PARADOX MUSEUM, Paris

Avancer dans un tunnel à pois qui donne le tournis, devenir géant ou minuscule selon le coin de la pièce où l’on se cale… Voici quelques exemples parmi les 90 « expériences » immersives que propose le Paradox Museum, un nouvel établissement ouvert le 18 mai à Paris. Présenté comme un espace de « divertissement expérientiel », ce lieu de 1 700 mètres carrés a accueilli 1 500 visiteurs dès son premier jour d’ouverture. Dédié à l’illusion, il propose des trompe-l’œil amusants, pensés pour être instagrammés. Ainsi, en retournant une photo de soi prise dans la « salle inversée », on semble défier la gravité en marchant au plafond, la tête en bas !

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© Albin Durand, PARADOX MUSEUM, Paris

Avec un concept similaire à celui d’autres lieux parisiens tels que le musée de l’Illusion, Sensas et Sciences Expériences, ce complexe ludique est le plus grand des dix Paradox Museum répartis dans le monde. 15 des 90 installations proposées ont été imaginées spécifiquement pour l’antenne parisienne. Parmi elles, la façade d’un immeuble haussmannien (en réalité placée au sol, à l’horizontale) que les visiteurs font semblant d’escalader à pic grâce à un grand miroir incliné. Le hic ? Cette « expérience » est identique à celle que proposait cet hiver l’artiste argentin Leandro Erlich (né en 1973), avec son œuvre Bâtiment, star de l’exposition « Foire foraine d’art contemporain » présentée au Centquatre à Paris…

L’univers forain a inspiré de nombreux artistes, des jeux d’échelle de Jean-François Fourtou à la fausse piscine d’Erlich (qui donne l’impression de marcher sous l’eau), en passant par les pièces tapissées de miroirs (Infinity Mirror Rooms) de la Japonaise Yayoi Kusama, qui est la première à avoir, dans les années 1960, repris le phénomène optique de « régression à l’infini » (déjà utilisé au XIXe siècle dans les labyrinthes de miroirs des fêtes foraines) pour en faire une installation revendiquée comme artistique. Et c’est sans surprise qu’on trouve, dans le nouveau lieu du boulevard des Italiens, une salle similaire aux capsules de Kusama et au dédale réfléchissant de Julio Le Parc… Car aujourd’hui, des lieux comme le Paradox Museum s’inspirent (parfois à la limite du plagiat) de ces œuvres d’art imprégnées de l’univers forain pour revenir à du divertissement pur. Des « expériences » améliorées visuellement mais qui se gardent bien de se présenter comme de l’art, et vendent cher leur ticket d’entrée…

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Paradox Museum

38 Bd des Italiens, 75009 Paris

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