Détail d’une des fresques découvertes sur le site archéologique de Pompéi représentant deux des bacchantes qui accompagnent Dionysos
Courtesy MIC – Parc archéologique de Pompéí
Ensevelie sous les cendres lors de l’éruption du Vésuve en l’an 79, la cité antique romaine de Pompéi, dont un tiers n’a pas encore été excavé, ne cesse de dévoiler de nouvelles merveilles figées dans le temps.
Ce mercredi 26 février, des archéologues y ont annoncé la découverte, dans la zone 10 du quartier résidentiel « IX » du site antique, d’une salle de banquet ornée d’une rare frise monumentale. Avec ses personnages grandeur nature sur fond rouge, elle concurrence l’œuvre la plus célèbre de la cité…
La découverte est de taille car cette frise s’impose, avec celle la villa des Mystères (les fresques les plus visitées de Pompéi, elles aussi dotées d’un fond rouge flamboyant et datées du Ier siècle avant J.-C.), comme le seul exemple connu de mégalographie (peinture monumentale) représentant des rites dionysiaques. Un « document historique extraordinaire » et « un moment important pour l’archéologie italienne et mondiale », a applaudi le ministre italien de la Culture Alessandro Giuli.
Salle de banquet découverte dans le bloc IX du site archéologique de Pompéi baptisée par les archéologues « la maison de Thiasos »
Courtesy MIC – Parc archéologique de Pompéí
Sur trois murs bordés d’une rangée de colonnes brisées, le rouge vibrant des fresques électrise l’œil. Dans cette salle de banquet qui ouvrait autrefois sur un jardin, ces superbes œuvres datées des années 40–30 avant J.-C. (soit plus d’un siècle avant l’éruption) dépeignent une procession dionysiaque, animée de bacchantes (suivantes de Bacchus, dieu du vin, appelé Dionysos en grec) en train de danser.
Détail de la frise au fond rouge découverte sur le site archéologique de Pompéi
Courtesy MIC – Parc archéologique de Pompéí
Y paradent également des chasseurs portant un chevreau égorgé, une épée ou les entrailles d’un animal, ainsi que de jeunes satyres aux oreilles pointues jouant de la flûte. L’une de ces créatures à pieds de bouc réalise de façon acrobatique une libation (rituel consistant à répandre un liquide en offrande à un dieu) avec du vin. Au centre de la composition, une femme est accompagnée d’un vieil homme portant une torche : il s’agit d’une initianda, une femme mortelle sur le point d’être initiée aux mystères de Dionysos lors d’un rituel nocturne.
Les archéologues ont baptisé cette demeure la maison de Thiasos – le thiase étant le groupe de satyres et de bacchantes qui accompagne Dionysos, ou bien le groupe d’adorateurs de ce dieu lors d’un « culte à mystères » réservé aux initiés. Fait étonnant, tous les personnages de ces fresques sont représentés sur des piédestaux, comme s’il s’agissait de statues, alors que leurs gestes, leur carnation et le mouvement des tissus de leurs vêtements leur donnent au contraire une apparence particulièrement vivante. Une énigme de plus à étudier pour les spécialistes du site !
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